lundi 26 mars 2012

Fin de tournée


I'm not in Bremen anymore.
Je ne suis pas à Brême encore plus.
Ich bin in Bremen jetzt nicht mehr.
Non sono più a Brema adesso.
Je suis toute mêlée,
je ne sais plus quelle langue parler.


Je suis de retour à Otterburn Park depuis maintenant une semaine exactement. Petit bled perdu de la Montérégie. À la même heure, il y a une semaine, j'étais dans l'avion qui me ramenait dans les bras de mon chéri sous le doux soleil et les 24 degrés (!!!) de Mourial. Alors, en rafale, un résumé de cette fin de tournée Dave-St-Pierresque...

À Brême, dans le nord de l'Allemagne, on était logés dans un hôtel avec trop d'étoiles sur le front desk pour qu'on puisse les compter.

J'en ai parlé à tous le monde cette semaine, j'en ai même parlé au chien de mon voisin, mais il faut que j'en reparle ici.
Les déjeuners de l'hôtel.
Gargantuesques. Grandioses. Dignes du film "Le festin de Babette". Tsé, je suis revenue chez moi en me disant que je ne pouvais plus redescendre en bas de ça; "chaque matin, je me fais un buffet pour déjeuner". Mais comme je ne suis pas adepte de gaspillage, j'ai laissé tomber l'idée. Il y avait un buffet de fruits. Un buffet de pain. Un buffet de pâtisseries. Un buffet de gaufres. Un étalage monstre de différentes sortes de nutella (menthe, noisette, chocolat noir...). Un buffet de yogourt. Un buffet de charcuteries. Un buffet de madames blondes qui nous servent le café. Des fois, elles étaient gentilles, des fois, non. Elles prenaient notre numéro de chambre en note à l'entrée de la salle au cas où on reviendrait deux fois se servir. Tsé, ça se comprend, elles pourraient manquer de bouffe! Un décor digne de l'intérieur du Titanic. Des lustres, des miroirs, des Kate Winslet. On avait l'air d'une bande de drôles, nous, dans nos joggings pis nos mises en plis défraîchies, au milieu de ces "business-people". On s'en foutait, on se gavait, point final.

Fin de tournée équivaut souvent à vouloir économiser le peu de "per diem" qui nous reste. Ben quoi, l'argent qu'on nous a donné pour manger, on l'a dépensé en cadeaux et en vêtements... Alors hop! On se fait tranquillement de gros sandwichs à l'aide de ce buffet fantasmagorique, et pouf, disparu dans la sacoche, un beau gros sandwich pour plus tard! Bon, vous allez me traiter de "cheap", mais cet étalage de bouffe qui risque fort bien de finir dans la poubelle me pousse à commettre le très grand délit de me concocter un diner. JE LE FAIS PAR CONSCIENCE SOCIALE!

On dirait que dans les hôtels, plus ça coûte cher la nuit, plus l'internet et le resto sont dispendieux. Faut comprendre; les pauvres, ils dépensent tellement pour nous offrir un gigantesque déjeuner qu'il faut bien qu'ils se remboursent quelque part! C'est pourquoi je n'ai pas beaucoup écrit pendant notre séjour à Brême; internet coûtait 8 euros de l'heure. Ça doit faire à peu près 20 piasses canayennes de l'heure?

Devant l'hôtel, un parc qui fait au moins 5 fois le parc Lafontaine. Dedans; un mini-zoo, des lacs, des arbres, et moi qui cours. Beau, paisible, doux à mon coeur. Je n'avais plus l'impression d'être en ville. Je me suis perdu dans la beauté.

Je n'ai vu que le centre de la ville, donc l'ancienne partie, qui daterait du 8ème siècle, quand même! Je suis allée dire bonjour à Roland, qui surveille la ville sur la marktplatz. On jurerait qu'il va sauter de son socle et se lancer à nos trousses. C'est le protecteur de la ville, érigé en 1404. Il se tient juste en face de la statue des musiciens de Brême, les personnages du célèbre conte de Grimm.

Puis il y a la cathédrale St-Pierre. Majestueuse construction datant du 13ème siècle. Le détail dans les sculptures sur les façades! L'intérieur est chaleureux, coloré, et la crypte est époustouflante. Cette église est remplie de morceaux d'humanité. J'y ai passé une grosse heure à observer la multitude de petites représentations d'histoire biblique gravées et sculptées dans la pierre.

Puis je me suis promenée dans Schnoor. Non, ce n'est pas le village des schtroumpfs, mais bien une vieille section de la ville dont les rues sinueuses et toutes étroites n'ont pas d'égales pour vous perdre ben raide! Ce sont pour la plupart d'anciennes maisons de pêcheurs datant du 15ème et 16ème siècle, mais maintenant elles abritent des artisans, des cafés et des galeries d'art.

Pour une ville de 550 000 habitants, je n'en ai vu qu'un infime partie. La plus belle, semble t-il. Brême, farewell!

Question spectacles, ça s'est bien passé, considérant la multitude de bleus qui se propagent sur ma peau de rouquine. Pas pour me plaindre, oh que non. J'ai eu une semaine de gros fun noir à apprendre les nouvelles chorégraphies. On se demande toujours avant un spectacle à quel point les gens vont comprendre le show à cause de la langue. Ici, les gens ont réagit tout de suite. Rires et applaudissements dès les première minutes. Youppi!

Ça sent le public "n'a pas de limite, pourrait sauter sur la scène à n'importe quel moment..." Ils ont été en feu jusqu'à la fin. Merci Brême pour votre accueil!

Tout le monde est fatigué, c'est certain, mais on donne le meilleur de nous. On est nourris par le public, on se gave de son énergie, et ça nous pousse à toujours dépasser nos limites.

Enrica a été encore une fois tellement à la hauteur. Imaginez-vous seul sur scène. Vous vous adressez au public. Seulement au public. Vous lui dites des choses qu'il n'aime pas toujours entendre. Vous n'avez aucune interaction avec les autres membres de la troupe durant le spectacle. Le public est appelé à répondre parfois. Et parfois, il répond sans qu'on l'aie demandé. Tout peut arriver. Enrica est sur la corde raide durant 2 heures. Chapeau.

Pendant mon duo avec Tavernini, manque de planter en pleine face à cause d'une flaque de sueur. Il fait donc ben chaud dans ce théâtre-là! Je bois 2 litres d'eau et j'en sue au moins 12! Ils coupent la ventilation durant le show. Résultat; on voit la trace de nos silhouettes en version flaque d'eau au sol durant tout le show. Par contre, durant le dernier tableau, celui où on est dans l'eau, ça glisse en ti-pépère! On se croirait au club piscine.

On a trois jours de congés avant les 2 derniers spectacles. Ça nous laisse le temps de se remettre de la semaine de résidence. On commence à recevoir les infos pour la prochaine tournée. Je suis chanceuse. Depuis 8 ans, je vois de beaux endroits tout en travaillant. Ça fait déjà 8 ans... En me relisant, je me rend compte que je relate les choses différemment, ma perception a changé, je porte plus attention à l'aspect humain de ces tournées. À la force que je puise à travailler avec ces beaux être humains.

Je peux dire que cette tournée a été ma plus belle. Pour l'ambiance, pour la bonté et l'accueil des gens. Pour les nouveaux (Alannah, Simon, Joannie, Milan) que je n'avais pas encore rencontrés. Merci. Un vent nouveau souffle et c'est juste du beau. Restez simple. Restez vrais. J'espère que de notre côté nous avons su être accueillants et ouverts.

J'ai pu tester mes facultés de baby-sitter un soir en prenant avec moi le petit de Vincent, Ismël, qui a 3 ans. On a joué en masse avec Dorian et Marie-Ève, puis on a regardé la même émission en "loop" pendant 1 heure. Il ne se tannait pas le petit mausus! J'ai passé un beau moment avec ce petit chou, surtout quand je l'ai vu littéralement tomber endormi dans mon lit juste avant que son papa ne vienne le chercher. Le lendemain, j'ai eu droit à un grand sourire qui valait tout l'or du monde au déjeuner!

Puis, le retour. Déjà. Enfin. Faut dire que je suis partie à peine un mois après l'emménagement dans la nouvelle maison. Je n'en avais pas tellement profité!

Tout jouait pourtant contre nous; à l'aéroport de Brême, ça s'est relativement bien passé. Je me suis fait chicaner par un douanier parce que j'ai passé sous un ruban délimitant l'espace pour diriger les files de monde. Files de monde? À cette heure matinale, on était genre 4 dans l'aéroport? Il m'a regardé avec ses gros yeux méchants, je me suis expliqué en bredouillant quelque chose d'incompréhensible et j'ai filé vers ma porte d'embarquement. C'est toujours bien dans ces cas-là de ne pas comprendre la langue. Ouais... je pense que j'aime mieux ne pas avoir compris, vu ses gros yeux.

On avait une correspondance à Paris. On atterrit donc à Paris. Il y a à peine 1h30 entre nos deux vols, mais habituellement il faut repasser la sécurité, ce qui peut être relativement long, alors il faut se grouiller. On attend. On reste dans l'avion. Rien ne bouge. On nous annonce qu'on doit rester dans l'avion parce que quelqu'un a eu un malaise dans le terminal. Le terminal est complètement fermé pour une durée indéterminée. Shit! Si je rate mon vol... Si je rate mon vol, je saute sur le train d'atterrissage pis je me "tape" après! Me dis-je juste avant de m'étouffer de culpabilité en pensant à la pauvre personne qui a un malaise en ce moment même.

Au bout d'une demi-heure, on se dit que nos bagages vont arriver à Montréal avant nous... La porte s'ouvre miraculeusement. On sort enfin! On prend un bus qui nous emmène dans un autre terminal, on passe la sécurité, on marche vite, on identifie notre porte d'embarquement. On arrive enfin! L'embarquement est commencé, alors on saute dans l'avion. Fiou! Je pense qu'ils nous auraient attendus un peu, on est quand même 15... On commence à avoir l'habitude des correspondance heavy, on en a eu de pires. J'ai des souvenirs de course effrénée dans un aéoroport grand comme Drummondville...

Dans l'avion, je me claque 3 films, tellement marquants que je ne m'en rappelle pas. L'odeur de la toilette juste à côté de moi les a tous "upstagés". Arrivé à Montréal. Gros soleil. Fait chaud!

Débarque de l'avion au plus vite, cours vers les douanes, une file de trois kilomètres, évidemment, merci PET pour ton sens de l'organisation sans pareille. Puis, à mi-chemin dans la file, je me rend compte que j'ai oublié mon ordinateur dans l'avion. Outch! Le coeur m'arrête. J'ai eu l'impression d'avoir à choisir entre mon amoureux et l'ordinateur. Je sais que c'est niaiseux. Mais je savais que Film-Lé m'attendait, et que je devrais refaire la file... Je pensais aux textes tout chauds que contenait mon précieux ordinateur (même s'il est gris sale, vieux et lent) je suis attaché à lui, tsé... Alors n'écoutant que mon courage (!!!) je suis retournée au pas de course vers l'avion. C'est pas comme un bus, tsé, ça repart pas aussitôt, ces engins-là. Un gentil monsieur d'Air France est allé le chercher pour moi. Même que les agents de bord, qui sortaient de l'avion, m'ont reconnue et m'ont demandé ce qui se passait. Le gentil monsieur est revenu avec mon précieux gadget. Je sais, c'est juste du matériel, mais tellement de projets en chantier sont enfermés là-dedans! Je suis retournée victorieuse vers la file pour la douane, et après une heure d'attente pour la douane et pour les bagages, j'ai enfin franchi les portes de la libération. Tsé quand tu cherches quelqu'un dans la foule et que tes yeux passent dessus sans le voir tellement tu le cherches? Ben c'est ça.

Douces retrouvailles. Je me trouve nunuche de m'être ennuyé de même. Mais j'assume. J'ai changé, vous ne trouvez pas? hi hi...

La grand'rousse indépendante a fait un petit bout de chemin. Je pensais à ça en engouffrant mon énorme poutine sur le bord de la 116. On change, on évolue. Nos priorités se précisent. On choisit d'accorder de l'importance à ce qui en mérite vraiment. Le reste, c'est des détails. Pas la peine de brailler pour ça. On est maître de notre destin, et on n'a qu'une seule vie. De grandes vérités cucul pour exprimer une pensée qui me réconforte; j'ai choisis d'être où je suis maintenant, et les gens qui m'entourent sont authentiques et positifs. C'est tout ce qui compte. Ça, et la poutine quand je reviens de tournée...

Je pars pour Birmingham le 23 avril, stay tuned pour de nouvelles aventures!

xx

mardi 13 mars 2012

Brrrrrrrrrrrrrremen...

Bremen, nord du nord de l'Allemagne, un autre climat, un retour au "brrrrrr" pis "cliss qui fa frette". Ciao Italie, ciao pasta, ciao pizza!

On a été tellement bien reçus à Terni!

Alors maintenant, Bremen, 3 jours de congé, deux spectacles, puis auf wiedersehen! Go back to canada la frog!

On est dans un super bel hôtel, avec spa, sauna, parc, resto à 20 euros l'entrée... Pis il y a une équipe de foot au grand complet sur mon étage. Ils sont mieux de se tenir tranquilles, les grands dadais. "M'a t'leu chauffé les ouïs", comme aurait dit ma grand-mère Charest. D'ailleurs, en ce moment même il y a un de ces gaillards étendu dans le corridor, fouille-moi pourquoi. Première brosse? Mmmmmm. Ça va être beau demain à l'entrainement.

J'ai hâte de voir la vile demain!

Chronique de transport; aujourd'hui, 2 trains, 2 avions, un bus. On a bien géré, vraiment. Avec 2 enfants (Vincent est revenu avec son fils, Ismaël), des bagaglis avec les roues qui coincent, des petits cernes qui nous accompagnent où que nous allions, et pas de bouffe à l'horizon parce que trop peu de temps entre chaque transport.

Je vous reviens demain avec des photos!

lundi 12 mars 2012

Do you really wanna hurt me...

Dernière journée de résidence...

Il y a quelque chose de vraiment grisant à venir tous les jours dans un théâtre pour danser et commencer une collection de bleus. Hier, c'était la dernière journée de Suzy, danseuse de la compagnie Cas Public, venue se joindre à nous pour la semaine. Une danseuse extraordinaire, vraiment et sympathique. En souvenir de cette résidence où je me suis laissé entrainer par la rigueur et l'énergie des danseurs, voici un petit nanane.

Demain, nous repartons de plus belle pour de nouvelle contrées inexplorées. Bremen, en Allemagne, est une grosse ville pleine de monuments historiques, bien hâte d'explorer tout ça.

samedi 10 mars 2012

Précision

P.s. pour ceux qui ne le savent pas, quand il y a un mot en jaune dans le texte, ben tu cliques dessus et ça t'amène vers un autre lien jugé intéressant et/ou drôle et/ou complètement débile par la propriétaire de ce blog. Comme, tsé, fais un essai ici, pour voir.

Aujourd'hui est un jour qui ne passera pas à l'histoire dans mon cas. J'admire les danseurs, vraiment, moi je suis claquée!

Faque je m'en vais me sacrer dans le bain. Drette là.

En attendant, de quoi vous amuser; BREF

jeudi 8 mars 2012

Fantasme de "too much pizza"

Mon fantasme du moment... En fait non, ce serait plutôt une grosse salade grecque ou un bouilli de ma maman, genre quelque chose avec ben du légume...

Mais voici le fantasme gras et décadent.

Congériaaaaaaaa


Bonne journée de la femme mesdames!

Soyons fière de ce que nous sommes, de notre sensibilité, de notre corps, de notre façon de draaamaaaaatiser!

Parlant de dramatiser.

Faut je me calme, moi là... Film-lé reçoit tout mon stress et mes craintes dans un melting-pot en version compressée et over-émotif. J'ai encore révisé les chorégraphies avant de me coucher hier. À la limite de l'overdose.

Aujourd'hui, grande aventure Ternienne; jour de congé, jour de lavage! Plus une bobette de propre. Sauf celle que j'ai sur le dos, évidemment. La tronche de la femme de chambre qui entrera faire le ménage demain... Il y a des bobettes qui sèchent dans chaque recoin! Je ne la blaire pas trop, cette mégère blonde qui me regarde de haut parce que je dors jusqu'à 10h. OUI JE DORS JUSQU'À 10H00, madame! Je finis de répéter à 22h, je soupe et je me couche vers 2h du mat, alors tes gros yeux de "madame-qui-veut-changer-mon-rouleau-de-papier-de-toilette-au-plus-criss", tu peux te le mettre où je pense, hein? On a un serveur, au service déjeuner, qui nous aime au boutte. Je m'assois à la table, et mon capuccino atterrit miraculeusement au même instant que moi. Elle, le vieille pas fine, elle nous épie dans son coin, et nous gueule des affaires italiennes pas fines si on a le malheur de lui demander quelque chose. Si tu continues à faire ta pas fine, voici ce qui pourrait t'arriver!

Alors, comme je racontais calmement, aujourd'hui la mission est de faire du lavage. Tsé, bouger comme ça chaque jour, on fini par sentir le vieux jogging... Donc passe une heure à chercher une Lavanderia (buanderie). Sur google map, on m'en indique quelques unes pas loin, mais ce sont des nettoyeurs. Je sais qu'il y en a une à côté du théâtre, alors j'y vais. Cherche. Fait le tour du pâté de maison 3 fois. Demande au resto du théâtre au serveur hippie, il m'envoie... dans un nettoyeur. BOUHOU! Demande à la dame du nettoyeur s'il y a un "self-service lavanderia" pas loin. Parle pas anglais ni français. Arrive à lui faire comprendre par gestes (merci mes années d'études en théâtre) et à grands coups de "Selfeeeee-serviceeeeee!" OUI! Elle comprend! M'indique la lavanderia en italien. Ça sonne à peu près comme ça pour mes oreilles;

"Rararara per lé tiamo rondoto cacacucaracha porque lo a drette pitoudretta"

Finis par comprendre que c'est de l'autre côté du rond-point. À droite. Je suis passée devant en venant au théâtre...

TROUVE la lavanderia de mon coeur et dedans, comme s'il m'attendait depuis des heures, un gentil monsieur m'explique en anglais comment utiliser les machines. Ben moins compliqué qu'en Allemagne, d'ailleurs (voir post plus anciens ;-). Le gentil pitou du proprio m'a tenu compagnie pendant les 45 minutes qu'a duré mon lavage. Maintenant ma chambre d'hôtel est remplie de vêtements qui "chèssent". Ça sens la poupoune.

Gros soleil aujourd'hui. Je vais aller en profiter! (p.s. la propriétaire de ce blog est rentrée à peine une heure plus tard pour s'effondrer allègrement dans son lit...)

Hier soir, j'entendais Tavernini chanter dans la chambre voisine sur skype avec Mina, sa cocotte de 21 mois. Trop cute. Me suis endormie en souriant.

mercredi 7 mars 2012

Le Pain-tagone


Un petit tour de Terni, ville entourée de montagnes...

"Terni est connue comme étant “la ville des amoureux”, car elle accueille les vestiges de Saint Valentin, le saint patron de la ville, dans la Basilique du même nom. A visiter également l’église en style gothique de Saint François. On ne doit pas oublier les restes archéologiques de l’Amphithéâtre Fausto du 32 av. J.-C., qui se trouve dans le parc de la ville “La Passeggiata” et les restes de l’ancienne enceinte de murailles. Les palais de la ville sont significatifs, du Palazzo Spada, qui aujourd’hui est le siège de la Commune, au Palazzo Fabrizi et le Palazzo Carrara, pour n’en nommer que quelques uns. A Terni, le Moyen Âge a laissé de nombreux héritages, comme les “Porte di Sant’ Angelo et "Spoletina", la crypte du Dôme, la Tour Romaine des Barbarasa et la Torre dei Castelli."

Ben de la ruine romaine que je n'aurai malheureusement pas le temps de visiter, et disons que je n'ai pas vraiment envie de me lancer sur les routes pour aller gravir des montagnes... Je n'ai plus de jambes, mes rotules sont reparties au Québec et mon cerveau ne pourrait pas supporter la pression en altitude. Demain, jour de congé. Pas mal de bobos à soigner dans la compagnie, on travaille fort. ("on" n'inclue pas la personne qui parle. En regardant les danseurs, je me dis que le corps humain m'impressionne. Les danseurs de la compagnie sont réellement de haut calibre. Ils assimilent les chorégraphies plus vite que vous ne pourrez lire ce message. Ils savent où placer leur poids, ils savent maintenir un équilibre debout sur la jambe d'un autre danseur... Vous me direz qu'ils sont formés pour ça, mais il y a une dose de "même pas peur!" qu'il faut avoir. Un aplomb et une force hors du commun. Je les admire. Le corps trouve sa voie pour aller au bout du mouvement. Moi, je dis des niaiseries, je bouge un brin, je fais semblant de m'étirer... Je ne les accote absolument pas et je l'accepte parfaitement! J'apprends. Tout simplement. On fini jamais d'apprendre. Leçon d'humilité et de flexibilité!

Sinon, le resto où nous mangeons tous les soirs est toujours aussi accueillant, avec ses proprios hippies et sympathiques. C'est la belle vie!


Les quotes du jour:
Alexusssss et moi dans une dégringolades de jeux de mots douteux:

"C'est quoi le pain des magiciens?"
Le pain baguette
"C'est quoi le pain des arts plastiques?"
Le pain-ture
C'est quoi le pain des chanteuses québécoises?"
Le Marie-Chantal Tou-pain
C'est quoi le pain des gens qui crient?"
Le bin gueule! (bagel)

Ouf... des heures de plaisir. Pendant 8 heures de répétition... pénible.


Terni, la ville des amoureux... ouais. Me semble.
Le mien est loin pis je m'ennuie.

lundi 5 mars 2012

Terni, tu me fais mal, à mes pattes d'animal

Désolée de ne pas avoir écrit plus ces derniers jours.

Pleins de choses à vous raconter. Des belles et des moins belles. D'abord, nous avons eu un bel accueil pour l'unique spectacle que nous présentions à Terni. Le public était plutôt silencieux, mais attentif et impliqué.

D'abord, je dois avouer honteusement que, malgré tout l'amour profond que j'ai pour les pâtes et la pizza, tsé, un moment donné, trop c'est trop, hein? Il y a une limite à gonfler comme une balloune après chaque repas. Supporte plus le gluten, ma bédaine. Alors avant de m'envoler, je me suis garrochée au mcdo le plus proche. Oui, j'ai fais ça. Comprenez bien le tragique de la situation; il n'y avait PAS D'AUTRE ALTERNATIVE! C'était ça ou mourir de faim. Oui, oui pour vrai. La croquette a fait du bien!


Dimanche, jour de spectacle, on apprend que Dave, qui devait nous rejoindre, a une petite infection et ne pourra nous rejoindre avant le 7 ou le 8. Rien de grave. Papa ne sera pas parti longtemps. Ça nous donne le temps d'assimiler le nouveau matériel.

Un peu plus tard dans la journée, nous apprenons que Vincent, dont le père est malade depuis quelques mois déjà, doit quitter la tournée pour se rendre à son chevet. Il obtient un billet d'avion pour dimanche soir, mais arrive trop tard et rate le vol. Il revient à la salle de spectacle, essoufflé, bouleversé, il offre une performance du tonnerre... Une étrange "vibe" flottait dans la salle. Nous étions tous survoltés, dimanche. J'avais l'impression que nous donnions à ce spectacle en particulier un sens concret. Nous le faisions réellement pour quelqu'un. Une personne qui était disponible à le recevoir comme un cadeau. C'est certain que nous pensions à Vincent et à son papa. Dans ce temps-là, certains moments de la pièce prennent une profondeur particulière que seule la vérité de l'instant peut révéler. Nous avons fait un bon spectacle. Un spectacle sensible. Vincent voulait danser. Il n'y avait rien d'autre à faire. C'était sa façon à lui de vivre cet instant. En art, parfois, on atteint cet état de grâce où l'on se sent en accord avec l'univers. Où l'on sent que l'on rejoint réellement quelque chose de plus grand que soi. Où l'on offre, tout simplement. Vincent a dansé pour son papa.

Le lendemain matin, il est parti à la première heure rejoindre sa famille en France. Son papa est décédé vers 10h. J'ai une pensée et une très grande tendresse pour Vincent et toute sa famille. Je trouve absurde parfois de continuer à faire ce que je fais malgré les drames qui arrivent autour de moi. Pourtant, quelque chose d'instinctif me dit qu'il faut continuer sur cette voie. Que l'art à ce pouvoir de provoquer la rencontre et la communion. Même si je connais peu certaines personnes de la compagnie, nous nous sommes sentis proches, nous avons partagé la peine de Vincent en offrant un spectacle et en l'accompagnant tout au long de la soirée.

***

Hier nous avons débuté la résidence de création pour la troisième pièce de la trilogie, la suite d'Un peu de tendresse, bordel de merde. Aujourd'hui, je peux dire que je découvre des douleurs dans des muscles que je ne croyais pas avoir. C'est vraiment inspirant et exaltant de se rendre tous les jours dans un théâtre pour travailler physiquement pendant 9 heures. Même si je n'ai pas de formation de danseuse et que je me sens vraiment "hyppopotame dans un magasin de porcelaine", aucun des danseurs ne me le fait sentir. Ils m'aident tous tellement! Je pense que ma fonction en est une pédagogique... Je dois leur apprendre à former quelqu'un de chialeux et à gérer les crises d'anxiété d'imposteur. Ça me réconforte de penser ça...

Là, je dois vous laisser, es quadriceps sont partis prendre une marche sans moi. Faut je les retrouve avant la répétition de cet après-midi.

Oh, Enrica et Dagnel Spécifité sont partis. Tristesse dans mon coeur. Ma coloc de jaseries et mon mari cosmique de jeux de mots plates me manquent déjà.

Ciao!

jeudi 1 mars 2012

En hommage à la Cascada de Marmore, où nous sommes allés aujourd'hui...

http://youtu.be/JNhTNGC9vTo

La Cascada

Aujourd'hui, je sens que j'ai enfin le dessus sur les bronches en grève. Morve envahissante, je t'aurai, je te crierai: "Non aux hausse de température!" Tannée de modérer, avoir le pied sur le frein; pus capable!

Hey, au théâtre, on mange gratos. GRATOS! C'est peut-être rien pour vous, mais nous, artistes, that means a lot! Juste une autre excuse pour ramener plus de souvenirs à la familia! Nous payons seulement le vino. Donc pour deux euros, voyez ce que j'ai mangé hier;


Et c'était trèèèèèèèès bon! Merci théâtre!

Grosse sortie avec Andréanne notre éclairagiste adorée, Alesxussssss et Dagnel Spécifité. Nous sommes allés à la Cascada. Une immense chute plus haute que les chutes Niagara. Fallait prendre un bus derrière l'hôtel. On paye au chauffeur, mais ne lui reste plus de billet. Il nous baragouine quelque chose comme quoi on en achètera en chemin. Euuuuuh... où ça?

En plein milieu de nulle part, après avoir gravi une route de montagne bordée de falaises, il nous arrête devant un bar et nous hèle. Il nous fait comprendre de nous dépêcher et d'aller acheter des billets dans le bar. Ok. Pis le bus, il part sans nous?

Non, non! Le gentil chauffeur (et un autobus bondé) nous ont attendu pendant qu'on achetait nos billets! Il nous a ensuite indiqué où descendre, nous a jasé pas mal. Il aimerait un jour aller à Montréal. Il ne parle pas beaucoup anglais. Ça me touche pourtant qu'il essaie.

Nous avons marché longtemps, rendu à la fameuse cascada. Monté au moins mille marches pour se rendre au sommet de cette petite montagne d'où tombait cette gigantesque chute. Le débit est contrôlé. Ils ouvrent les vannes 2 heures par jour. Au sommet, quelques maisons, un camping, un beau petit chien. Les vieillards du coin. Tout est fermé, on est hors-saison. Trop fiers d'avoir sué notre vie, on redescend en faisant des jeux de mots douteux... On a attendu l'autobus de retour en silence. Fatigués mais heureux.

Cossin biutiful



Écrit hier:

Année bisextile. Me semblait aussi qu'il y avait quelque chose de spécial à cette tournée-là. Pas seulement un rhume, ou de nouveaux interprètes, ou un nouveau dessus de lit à l'hôtel.

Bonne fête à ceux qui sont nés un 29 février. Fêter son anniversaire aux quatre ans, pas évident, hein?

J'ai des attaques de narcolepsie fréquemment, ces temps-ci. Hier, par exemple. J'ai marché jusqu'au Colisée (pas celui de Québec, mais celui de Rome!) Une trotte de deux heures aller / retour. Pris 2-3 photos pour prouver que J'Y ÉTAIS!!! Puis, pour me donner du pep, j'ai dégusté un petit gelato pas piqué des vers, assise devant la fontaine de Trévi (pas le magasin de piscine, mais celle à Rome!) Et je suis rentrée par le gigantesque parc qui me sépare de l'hôtel. Essoufflée vous dites? J'avais l'impression d'avoir couru le marathon. Je me suis évanouie dans mon lit, dormi 3 heures. Commandé un steak au resto de l'hôtel. Pas bon. Mamaaaaaan, viens me porter à manger! Bref, je me remets tranquillement de ma bronchite, je dors en masse, je tousse en masse, je me sens sexy comme c'est pas permis, c'est le cercle de la vie, quoi.

Avez-vous vu le film Biutiful? J'avoue que je n'ai pas vu la fin, parce que douce moitié et moi, on s'est endormi dessus. Pas parce que c'était plate, pourquoi je vous parlerais d'un film plate? C'est un film du même réalisateur qui avait fait le Labyrinthe de Pan. L'acteur principal est monsieur testostérone en personne; Javier Bardem. Il interprète un petit magouilleur qui gère une entreprise de vendeurs de gogosses à touristes. Tsé, les vendeurs qui t'offrent à chaque 6 pieds des sacoches en cuirette pis des bébelles made in China pour 3-4 euros? Ben lui il gère une dizaine d'employés et il est lui même à la solde d'un entrepreneur Chinois qui fait fabriquer ces gogosses par des immigrants illégaux enfermés dans une usine cachée. J'en ai vu beaucoup à Barcelone, de ces vendeurs. Ils sont principalement des Sénégalais et des Indo-Pakistanais qui déballent leur marchandise sur un carré de tissus. La politique espagnole sur l'immigration est un brin floue, alors de nombreux immigrants arrivent viennent y trouver un meilleur niveau de vie. Ils sont toujours aux aguets, parce qu'à Barcelone, le phénomène des vendeurs itinérants est connu, mais pas vraiment toléré. Dès que la police débarque, ce qui arrive souvent, allez hop! On remballe la marchandise à la vitesse de l'éclair (par un système de corde à chaque coin du tissus) et le vendeur part à la course avec son baluchon de marchandise. Dans le film, on voit beaucoup ce phénomène, les vendeurs toujours sur le qui-vive, les arrangements avec la police, les pots-de-vin, la fuite dans les petites rues de Barcelone. Un beau film, troublant, je ne vous raconte pas le reste, mais ce qu'on y voit, les vendeurs et tout, c'est très proche de la réalité. Triste.

À Rome, le phénomène est aussi présent. Ce sont des immigrants qui viennent principalement du nord de l'Afrique. Je me suis sentie d'abord vraiment agressée par ces gens qui se précipitent vers toi pour te mettre des roses à moitié fanées sous le nez et te les refiler pour 2 euros. Sans parler des jeunes hommes qui observent la foule et partent en chasse pour détrousser des touristes de leur passeport / argent / appareils électroniques. Ils sont des petites bandes qui ont des techniques assez efficaces. On ne sent rien, on ne voit rien. On s'aperçoit trop tard du larcin.

À Rome, les vendeurs de grosses fausses sacoches en peau de plastique, de balles qui s'effouarent à terre et qui reprennent leur forme et de foulards cheaps sont des centaines. Ils envahissent tous les endroits ou le touriste est susceptible de se pointer. La police est plutôt passive à leur endroit. Si un agent de la paix apparait, les vendeurs remballent leurs cossins, se reculent un peu, observe si l'agent est du genre à faire du zèle, attend qu'il passe, puis se réinstalle tranquillement. Tout le monde fait semblant qu'il n'a pas vu l'autre...

Avant le visionnement du film Biutiful, ça m'aurait mis vraiment en cr... de me faire accoster toutes les 5 minutes. Après, je ne sais pas. Une patience miraculeuse s'est formée en moi. Je suis devenue plus sensible au fait que derrière cette vente plutôt agressive, il y a une famille qui attend d'être nourrie, il y a une famille qui attend de l'argent pour immigrer à son tour, il y a juste du monde qui essaie de vivre, comme tout le monde.