I'm not in Bremen anymore.
Je ne suis pas à Brême encore plus.
Ich bin in Bremen jetzt nicht mehr.
Non sono più a Brema adesso.
Je suis toute mêlée,
je ne sais plus quelle langue parler.
Je suis de retour à Otterburn Park depuis maintenant une semaine exactement. Petit bled perdu de la Montérégie. À la même heure, il y a une semaine, j'étais dans l'avion qui me ramenait dans les bras de mon chéri sous le doux soleil et les 24 degrés (!!!) de Mourial. Alors, en rafale, un résumé de cette fin de tournée Dave-St-Pierresque...
À Brême, dans le nord de l'Allemagne, on était logés dans un hôtel avec trop d'étoiles sur le front desk pour qu'on puisse les compter.
J'en ai parlé à tous le monde cette semaine, j'en ai même parlé au chien de mon voisin, mais il faut que j'en reparle ici.
Les déjeuners de l'hôtel.
Gargantuesques. Grandioses. Dignes du film "Le festin de Babette". Tsé, je suis revenue chez moi en me disant que je ne pouvais plus redescendre en bas de ça; "chaque matin, je me fais un buffet pour déjeuner". Mais comme je ne suis pas adepte de gaspillage, j'ai laissé tomber l'idée. Il y avait un buffet de fruits. Un buffet de pain. Un buffet de pâtisseries. Un buffet de gaufres. Un étalage monstre de différentes sortes de nutella (menthe, noisette, chocolat noir...). Un buffet de yogourt. Un buffet de charcuteries. Un buffet de madames blondes qui nous servent le café. Des fois, elles étaient gentilles, des fois, non. Elles prenaient notre numéro de chambre en note à l'entrée de la salle au cas où on reviendrait deux fois se servir. Tsé, ça se comprend, elles pourraient manquer de bouffe! Un décor digne de l'intérieur du Titanic. Des lustres, des miroirs, des Kate Winslet. On avait l'air d'une bande de drôles, nous, dans nos joggings pis nos mises en plis défraîchies, au milieu de ces "business-people". On s'en foutait, on se gavait, point final.
Fin de tournée équivaut souvent à vouloir économiser le peu de "per diem" qui nous reste. Ben quoi, l'argent qu'on nous a donné pour manger, on l'a dépensé en cadeaux et en vêtements... Alors hop! On se fait tranquillement de gros sandwichs à l'aide de ce buffet fantasmagorique, et pouf, disparu dans la sacoche, un beau gros sandwich pour plus tard! Bon, vous allez me traiter de "cheap", mais cet étalage de bouffe qui risque fort bien de finir dans la poubelle me pousse à commettre le très grand délit de me concocter un diner. JE LE FAIS PAR CONSCIENCE SOCIALE!
On dirait que dans les hôtels, plus ça coûte cher la nuit, plus l'internet et le resto sont dispendieux. Faut comprendre; les pauvres, ils dépensent tellement pour nous offrir un gigantesque déjeuner qu'il faut bien qu'ils se remboursent quelque part! C'est pourquoi je n'ai pas beaucoup écrit pendant notre séjour à Brême; internet coûtait 8 euros de l'heure. Ça doit faire à peu près 20 piasses canayennes de l'heure?
Devant l'hôtel, un parc qui fait au moins 5 fois le parc Lafontaine. Dedans; un mini-zoo, des lacs, des arbres, et moi qui cours. Beau, paisible, doux à mon coeur. Je n'avais plus l'impression d'être en ville. Je me suis perdu dans la beauté.
Je n'ai vu que le centre de la ville, donc l'ancienne partie, qui daterait du 8ème siècle, quand même! Je suis allée dire bonjour à Roland, qui surveille la ville sur la marktplatz. On jurerait qu'il va sauter de son socle et se lancer à nos trousses. C'est le protecteur de la ville, érigé en 1404. Il se tient juste en face de la statue des musiciens de Brême, les personnages du célèbre conte de Grimm.
Puis il y a la cathédrale St-Pierre. Majestueuse construction datant du 13ème siècle. Le détail dans les sculptures sur les façades! L'intérieur est chaleureux, coloré, et la crypte est époustouflante. Cette église est remplie de morceaux d'humanité. J'y ai passé une grosse heure à observer la multitude de petites représentations d'histoire biblique gravées et sculptées dans la pierre.
Puis je me suis promenée dans Schnoor. Non, ce n'est pas le village des schtroumpfs, mais bien une vieille section de la ville dont les rues sinueuses et toutes étroites n'ont pas d'égales pour vous perdre ben raide! Ce sont pour la plupart d'anciennes maisons de pêcheurs datant du 15ème et 16ème siècle, mais maintenant elles abritent des artisans, des cafés et des galeries d'art.
Pour une ville de 550 000 habitants, je n'en ai vu qu'un infime partie. La plus belle, semble t-il. Brême, farewell!
Question spectacles, ça s'est bien passé, considérant la multitude de bleus qui se propagent sur ma peau de rouquine. Pas pour me plaindre, oh que non. J'ai eu une semaine de gros fun noir à apprendre les nouvelles chorégraphies. On se demande toujours avant un spectacle à quel point les gens vont comprendre le show à cause de la langue. Ici, les gens ont réagit tout de suite. Rires et applaudissements dès les première minutes. Youppi!
Ça sent le public "n'a pas de limite, pourrait sauter sur la scène à n'importe quel moment..." Ils ont été en feu jusqu'à la fin. Merci Brême pour votre accueil!
Tout le monde est fatigué, c'est certain, mais on donne le meilleur de nous. On est nourris par le public, on se gave de son énergie, et ça nous pousse à toujours dépasser nos limites.
Enrica a été encore une fois tellement à la hauteur. Imaginez-vous seul sur scène. Vous vous adressez au public. Seulement au public. Vous lui dites des choses qu'il n'aime pas toujours entendre. Vous n'avez aucune interaction avec les autres membres de la troupe durant le spectacle. Le public est appelé à répondre parfois. Et parfois, il répond sans qu'on l'aie demandé. Tout peut arriver. Enrica est sur la corde raide durant 2 heures. Chapeau.
Pendant mon duo avec Tavernini, manque de planter en pleine face à cause d'une flaque de sueur. Il fait donc ben chaud dans ce théâtre-là! Je bois 2 litres d'eau et j'en sue au moins 12! Ils coupent la ventilation durant le show. Résultat; on voit la trace de nos silhouettes en version flaque d'eau au sol durant tout le show. Par contre, durant le dernier tableau, celui où on est dans l'eau, ça glisse en ti-pépère! On se croirait au club piscine.
On a trois jours de congés avant les 2 derniers spectacles. Ça nous laisse le temps de se remettre de la semaine de résidence. On commence à recevoir les infos pour la prochaine tournée. Je suis chanceuse. Depuis 8 ans, je vois de beaux endroits tout en travaillant. Ça fait déjà 8 ans... En me relisant, je me rend compte que je relate les choses différemment, ma perception a changé, je porte plus attention à l'aspect humain de ces tournées. À la force que je puise à travailler avec ces beaux être humains.
Je peux dire que cette tournée a été ma plus belle. Pour l'ambiance, pour la bonté et l'accueil des gens. Pour les nouveaux (Alannah, Simon, Joannie, Milan) que je n'avais pas encore rencontrés. Merci. Un vent nouveau souffle et c'est juste du beau. Restez simple. Restez vrais. J'espère que de notre côté nous avons su être accueillants et ouverts.
J'ai pu tester mes facultés de baby-sitter un soir en prenant avec moi le petit de Vincent, Ismël, qui a 3 ans. On a joué en masse avec Dorian et Marie-Ève, puis on a regardé la même émission en "loop" pendant 1 heure. Il ne se tannait pas le petit mausus! J'ai passé un beau moment avec ce petit chou, surtout quand je l'ai vu littéralement tomber endormi dans mon lit juste avant que son papa ne vienne le chercher. Le lendemain, j'ai eu droit à un grand sourire qui valait tout l'or du monde au déjeuner!
Puis, le retour. Déjà. Enfin. Faut dire que je suis partie à peine un mois après l'emménagement dans la nouvelle maison. Je n'en avais pas tellement profité!
Tout jouait pourtant contre nous; à l'aéroport de Brême, ça s'est relativement bien passé. Je me suis fait chicaner par un douanier parce que j'ai passé sous un ruban délimitant l'espace pour diriger les files de monde. Files de monde? À cette heure matinale, on était genre 4 dans l'aéroport? Il m'a regardé avec ses gros yeux méchants, je me suis expliqué en bredouillant quelque chose d'incompréhensible et j'ai filé vers ma porte d'embarquement. C'est toujours bien dans ces cas-là de ne pas comprendre la langue. Ouais... je pense que j'aime mieux ne pas avoir compris, vu ses gros yeux.
On avait une correspondance à Paris. On atterrit donc à Paris. Il y a à peine 1h30 entre nos deux vols, mais habituellement il faut repasser la sécurité, ce qui peut être relativement long, alors il faut se grouiller. On attend. On reste dans l'avion. Rien ne bouge. On nous annonce qu'on doit rester dans l'avion parce que quelqu'un a eu un malaise dans le terminal. Le terminal est complètement fermé pour une durée indéterminée. Shit! Si je rate mon vol... Si je rate mon vol, je saute sur le train d'atterrissage pis je me "tape" après! Me dis-je juste avant de m'étouffer de culpabilité en pensant à la pauvre personne qui a un malaise en ce moment même. Au bout d'une demi-heure, on se dit que nos bagages vont arriver à Montréal avant nous... La porte s'ouvre miraculeusement. On sort enfin! On prend un bus qui nous emmène dans un autre terminal, on passe la sécurité, on marche vite, on identifie notre porte d'embarquement. On arrive enfin! L'embarquement est commencé, alors on saute dans l'avion. Fiou! Je pense qu'ils nous auraient attendus un peu, on est quand même 15... On commence à avoir l'habitude des correspondance heavy, on en a eu de pires. J'ai des souvenirs de course effrénée dans un aéoroport grand comme Drummondville...
Dans l'avion, je me claque 3 films, tellement marquants que je ne m'en rappelle pas. L'odeur de la toilette juste à côté de moi les a tous "upstagés". Arrivé à Montréal. Gros soleil. Fait chaud!
Débarque de l'avion au plus vite, cours vers les douanes, une file de trois kilomètres, évidemment, merci PET pour ton sens de l'organisation sans pareille. Puis, à mi-chemin dans la file, je me rend compte que j'ai oublié mon ordinateur dans l'avion. Outch! Le coeur m'arrête. J'ai eu l'impression d'avoir à choisir entre mon amoureux et l'ordinateur. Je sais que c'est niaiseux. Mais je savais que Film-Lé m'attendait, et que je devrais refaire la file... Je pensais aux textes tout chauds que contenait mon précieux ordinateur (même s'il est gris sale, vieux et lent) je suis attaché à lui, tsé... Alors n'écoutant que mon courage (!!!) je suis retournée au pas de course vers l'avion. C'est pas comme un bus, tsé, ça repart pas aussitôt, ces engins-là. Un gentil monsieur d'Air France est allé le chercher pour moi. Même que les agents de bord, qui sortaient de l'avion, m'ont reconnue et m'ont demandé ce qui se passait. Le gentil monsieur est revenu avec mon précieux gadget. Je sais, c'est juste du matériel, mais tellement de projets en chantier sont enfermés là-dedans! Je suis retournée victorieuse vers la file pour la douane, et après une heure d'attente pour la douane et pour les bagages, j'ai enfin franchi les portes de la libération. Tsé quand tu cherches quelqu'un dans la foule et que tes yeux passent dessus sans le voir tellement tu le cherches? Ben c'est ça.
Douces retrouvailles. Je me trouve nunuche de m'être ennuyé de même. Mais j'assume. J'ai changé, vous ne trouvez pas? hi hi...
La grand'rousse indépendante a fait un petit bout de chemin. Je pensais à ça en engouffrant mon énorme poutine sur le bord de la 116. On change, on évolue. Nos priorités se précisent. On choisit d'accorder de l'importance à ce qui en mérite vraiment. Le reste, c'est des détails. Pas la peine de brailler pour ça. On est maître de notre destin, et on n'a qu'une seule vie. De grandes vérités cucul pour exprimer une pensée qui me réconforte; j'ai choisis d'être où je suis maintenant, et les gens qui m'entourent sont authentiques et positifs. C'est tout ce qui compte. Ça, et la poutine quand je reviens de tournée...
Je pars pour Birmingham le 23 avril, stay tuned pour de nouvelles aventures!
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