lundi 5 mars 2012

Terni, tu me fais mal, à mes pattes d'animal

Désolée de ne pas avoir écrit plus ces derniers jours.

Pleins de choses à vous raconter. Des belles et des moins belles. D'abord, nous avons eu un bel accueil pour l'unique spectacle que nous présentions à Terni. Le public était plutôt silencieux, mais attentif et impliqué.

D'abord, je dois avouer honteusement que, malgré tout l'amour profond que j'ai pour les pâtes et la pizza, tsé, un moment donné, trop c'est trop, hein? Il y a une limite à gonfler comme une balloune après chaque repas. Supporte plus le gluten, ma bédaine. Alors avant de m'envoler, je me suis garrochée au mcdo le plus proche. Oui, j'ai fais ça. Comprenez bien le tragique de la situation; il n'y avait PAS D'AUTRE ALTERNATIVE! C'était ça ou mourir de faim. Oui, oui pour vrai. La croquette a fait du bien!


Dimanche, jour de spectacle, on apprend que Dave, qui devait nous rejoindre, a une petite infection et ne pourra nous rejoindre avant le 7 ou le 8. Rien de grave. Papa ne sera pas parti longtemps. Ça nous donne le temps d'assimiler le nouveau matériel.

Un peu plus tard dans la journée, nous apprenons que Vincent, dont le père est malade depuis quelques mois déjà, doit quitter la tournée pour se rendre à son chevet. Il obtient un billet d'avion pour dimanche soir, mais arrive trop tard et rate le vol. Il revient à la salle de spectacle, essoufflé, bouleversé, il offre une performance du tonnerre... Une étrange "vibe" flottait dans la salle. Nous étions tous survoltés, dimanche. J'avais l'impression que nous donnions à ce spectacle en particulier un sens concret. Nous le faisions réellement pour quelqu'un. Une personne qui était disponible à le recevoir comme un cadeau. C'est certain que nous pensions à Vincent et à son papa. Dans ce temps-là, certains moments de la pièce prennent une profondeur particulière que seule la vérité de l'instant peut révéler. Nous avons fait un bon spectacle. Un spectacle sensible. Vincent voulait danser. Il n'y avait rien d'autre à faire. C'était sa façon à lui de vivre cet instant. En art, parfois, on atteint cet état de grâce où l'on se sent en accord avec l'univers. Où l'on sent que l'on rejoint réellement quelque chose de plus grand que soi. Où l'on offre, tout simplement. Vincent a dansé pour son papa.

Le lendemain matin, il est parti à la première heure rejoindre sa famille en France. Son papa est décédé vers 10h. J'ai une pensée et une très grande tendresse pour Vincent et toute sa famille. Je trouve absurde parfois de continuer à faire ce que je fais malgré les drames qui arrivent autour de moi. Pourtant, quelque chose d'instinctif me dit qu'il faut continuer sur cette voie. Que l'art à ce pouvoir de provoquer la rencontre et la communion. Même si je connais peu certaines personnes de la compagnie, nous nous sommes sentis proches, nous avons partagé la peine de Vincent en offrant un spectacle et en l'accompagnant tout au long de la soirée.

***

Hier nous avons débuté la résidence de création pour la troisième pièce de la trilogie, la suite d'Un peu de tendresse, bordel de merde. Aujourd'hui, je peux dire que je découvre des douleurs dans des muscles que je ne croyais pas avoir. C'est vraiment inspirant et exaltant de se rendre tous les jours dans un théâtre pour travailler physiquement pendant 9 heures. Même si je n'ai pas de formation de danseuse et que je me sens vraiment "hyppopotame dans un magasin de porcelaine", aucun des danseurs ne me le fait sentir. Ils m'aident tous tellement! Je pense que ma fonction en est une pédagogique... Je dois leur apprendre à former quelqu'un de chialeux et à gérer les crises d'anxiété d'imposteur. Ça me réconforte de penser ça...

Là, je dois vous laisser, es quadriceps sont partis prendre une marche sans moi. Faut je les retrouve avant la répétition de cet après-midi.

Oh, Enrica et Dagnel Spécifité sont partis. Tristesse dans mon coeur. Ma coloc de jaseries et mon mari cosmique de jeux de mots plates me manquent déjà.

Ciao!

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