jeudi 13 août 2009

Mea culpa

Bon, j'avoue, j'ai été paresseuse ce derniers jours, je ne vous ai pas écrit beaucoup. Je vais bien, je suis à Aix-en-provence, demain je fais une petite escapade à Manosque, pour rentrer à Barcelone samedi et revenir sur Montréal lundi.

Mais j'accumule les anecdotes et les péripéties! Oui, oui, pour vrai! Vous ne perdez rien pour attendre, je vais prendre le temps de bien écrire tout ça et je poste le tout avant la fin du voyage, promis promis...

Gros bizoux à tout le monde et j'ai hâte de tous vous voir!

xx

samedi 8 août 2009

Crème glacée Gilles La Tourette

Dans la catégorie "Fallait y être..."

Hier soir, dernier soir de A-A dans cette ville brûlante.

On cherche une place qui vend des gelati, crème glacée italienne. On voit un "Farggi", chaîne de vendeux de crème à glace.

Je ne sais pas comment on en est arrivées à ça, mais c'était le délire.

On a inventé une sorte de crème glacé qui s'appellerait "Gilles La Tourette", et le trip c'est qu'elle nous saute dans la face mais on ne sait jamais quand...

Il pourrait y avoir toute une série comme ça...

Je cherche quelques monstruosités et je vous reviens...

Photoooos

Vous aurez des photos bientôt, mais en ce moment je me rabas sur un café internet pour vous écrire, donc je ne peux pas transférer d'images de nos faces de pet...

Une air miles à toutes épreuves

Est-ce que je vous ai raconté notre escapade au parc Güell? Non?

Est-ce que ça vous tente d'en entendre parlé? J'ai rien entendu?

Bon. Le Parc Güell, dis-je. Nommé ainsi par Gaudi, pas GHANdi, Gaudi (Prononcé "Gowdi") son créateur, d'après une commande de Monsieur Güell.

C'est une grand parc situé sur le flanc d'une colline dans le nord de la ville. Il est reconnu à traver le monde à cause des installations qui s'y trouvent, le dragon fait de millier de pièce de céramique, entre autre. Il y a des ballustrade qui ont l'air d'être creusée dans le roc et qui contiennent des détails infinis, donnant à l'ensemble un air gothique en pleine nature.

Il y a des sculptures qui transpèrcent ça et là des bosquets, créant de taches multicolores dans ce parc à la végétation très fournie. Il y a presque autant de kid-kodak ici que devant la Joconde.

On a mis du temps à y arriver. Faut se taper au moins 12 millions de marches et des trottoirs à pic comme ça! Mais une fois sur place, wow! Fort impressionnant! Des maisons qui semblent avoir été construites dans du gâteau au chocolat. Réducteur un peu pour monsieur Gaudi... désolée Gaugau!

Quand on est revenues après souper, passablement réchauffées par... le soleil, ben notre carte pour ouvrir la porte ne fonctionnait plus! Descend 4 étages, demande au monsieur du front desk, il trouve pas le manuel d;inscription des carte magnétiques (It's a new system, sorry...) cherche, retourne en haut ré-essayer, revient en bas, le monsieur fini par appeler son patron, qui lui dit où trouver la "master" qui ouvre toutes les portes. On monte, il nous débarre, mais ça prend la f***cking carte pour avoir l'électricité dans la chambre! Il redescend, un brin tanné.

Bodri - Hay, si ça prend une cart pour mettre dans la fente pis avoir la lumière, me demande si ma "air miles fonctionnerait?"

A-A - Ta air m.... pfouarfarfarfarf! (ça, c'est une rire de fille chaudasse à 3h du mat)

Bodri - Sérieux, non mais sérieux... pitète que ça marcherait?

A-A - Ben là! Mouahahahahahahahahahahaha (etc.)

Et je glisse ma air miles dans la fente, et... LUMIÈRES!!! Hello la sécurité!

Bon, on rit, le monsieur revient avec notre carte qui marche pas, on lui explique ce qu'on a fait, pis il repart, les épaules vraiment affaissées cette fois. On s'endort aussitòt, A-A en riant, moi dans ma bave.

La pensée de l'autre jour, là, tsé...

Phrase oh clichée mais combien applicable;

"Dieu, que ça passe vite!"

A-A

mercredi 5 août 2009

Nò habla español, señor...No comprendo!

Pis là... ben on est contente contente!
On est de retour dans notre ville coup de coeur; Barcelona!!! (à prononcer sur le bout de la langue!)
On a fait croire au gars de l'hôtel de Valence qu'on n'avait réservé que pour 2 nuits et non trois, et que hooooooonnnnn il devait y avoir malentendu. Alors chick-a-chick minou, on paye pas la 3ème nuit pis on reprend le train! Et on est revenues dans notre charmant hôtel en construction, upgradées dans une meilleure chambre parce que plus de place!

On s'en va au Parc Güell, voir des oeuvres de Gaudi.

Á demain mes choux!

Chronique historique - Valence

Valence (València en valencien/catalan, Valencia en castillan) est située à l'est du pays, sur la côte méditerranéenne. Fondée en 138 av. J.-C., par le consul romain Decimus Junius Brutus Callaicus, sous le nom de Valentia Edetanorum, elle était traversée par le fleuve Turia. Elle fût gouvernée par les Romains, puis pratiquement abandonnée avant de passer aux mains des musulmans en 711, mais en 1238 Jacques 1er D'Aragon reprend la ville.

Troisième ville du pays en termes de population, elle fut la capitale du royaume de Valence, au Moyen Âge. Aujourd'hui, Valence est la capitale de la communauté autonome Valencienne et d'une de ses trois provinces, la province de Valence.

Royaume des oranges, Valence est également renommée pour ses falles (fallas en castillan) qui ont lieu du 16 au 19 mars.La paella et l'orxata (horchata en castillan) sont ses spécialités gastronomiques les plus connues. L'agua de Valencia est un cocktail à base de cava (ou champagne ), jus d'orange, vodka et gin.

mardi 4 août 2009

Attention! Une A-Valence!!! (gros rires gras...)

Message écrit à partir d´une flaque de sueur sur un mur de chaux brûlant...

Nous sommes à Valence et nous somme avalées par la chaleur, jeunes squaws d´Amérique du nord pas habituées à tant de soleil.

Nous sommes arrivées hier, avons fait le tour de la ville d´un oeil qui se voulait connaisseur, après tant de visites de tant de ruines... Là, pour tout vous dire, la ruine qui m´inquiète en ce moment c´est moi...

Voici en bref, les propos recueillis live hier soir lors d,une grande entrevue avec ma couze A-A:

Nin: Pis ton voyage, fille, de kossé?

A-A: "Pour tout te dire, ma chère couze, dans les moindres détails, et pour être des plus précises dans l´appréciation de ce beau périple, je m´exprimerai en ces mots;"

"On est petit, je trouve. Comparé à la splendeur et à la hauteur des bâtiments, on est minuscules. Valence, ville attrayante et riche, me donne l'impression que je suis moins perdue qu'à Barcelone. Peut-être parce que le centre touristique est plus restreint. Il fait chaud en Tab... Je plainds les gars qui font de la construction un peu partout ici. J´en ai entendu un hier crier: "Y échaffaud!!!"... C'est tout vous dire! Je comprend mieux le besoin de faire una siesta.
Les troittoirs me rendent... émotive."

"Je t'explique; ils ressemblent au dallage de ma cuisine! Que de beaux souvenirs sur ce fameux plancher de cuisine... Bref, on peut presque se mirer dans les trottoirs tellement ils sont polis par les milliers de pas de milliers de touristes. Contrairement à Barcelone, où on sent la population de la ville, où l'ambiance est vivante, où la fête est un mode de vie dans chaque quartier, ici, en dehors des limites du quartier touristique tout est vide, un peu plus délabré, un peu plus morne."

"C'est beau, je suis contente de l'avoir vue, mais 2 jours, c'est ben en masse! Valence, une ville où il fait bon faire du rooler-blade!"

Entrevue tenue dans un café de la place de reine, à Valence, entre 2 expéditions à pied au soleil pendant des heures et des heures...

On a essayé de trouver un club qui programmait du Jazz live. Le Black Note. Après une expédition dans un quartier inconnu où on ne voyait ni restos, nis bars, ni âme qui vive, on a fait la rue en questionau grand complet... Pas de trace de jazz. Moi qui voyait vraiment une cool soirée se profiler, genre découvrir le "Valence Underground", ben il existe pas... ou il est innaccessibble pour des petites filles à maman telles que nous. Oui, il y a de gros clubs avec d'immenses dance-floor et des jupes ras-le-toupet, mais sauf les Irish Pub qui pullulent, on est passés bien à côté de nos espoirs... Tout nous semble voué au tourisme, ici. Maudit, le Lonely Planet me disait bien pourtant que ce foutu Black Note se toruvait quelque part! Ben reste dans ma valise, à l'avenir, Lonely Planet!

On voulait aussi voir la cité des arts et des sciences, structures modernes magnifiques, mais on a marché 2 heures pour s'y rendre. Complètement déshydratées, les fefilles! On voulait voir l'immense aquarium. Bon. 24 euros pour voir un gros Biodôme. Shit. Pis Pierre Bourque est même pas là pour nous accueillir? NO WAY!

On revire de bord. On se trompe de chemin. On abouti dans le désert!!! Le DÉSERT, VOUS DIS-JE!!! Ok, pas vrrrraiment le désert, mais on est dans un grand terrain vague avec un rivière à treverser pour se rendre où on veut aller, de la construction d'un bord et un pont de train de l'autre. Ma couze, la courageuse, décide qu'on traverse le pont. On fait à peine quelques pas qu'on se fait suffler par un gars de la construction qui marche vers nous et nous menace de sa grue! Moi, je ne suis pas courageuse, "je scrame!", dis-je à ma couze. On revire de bord et on se retape tout le chemin jusqu'au premier arrêt de bus pour retourner au centre-ville. On voulait aller à la plage? Too bad, le sable sera là demain. On se réconcilie avec nos mollet devant une bonne Ste-Miguel bien fraîche et l'air climatisée de l'Institut d'Art Moderne de Valence. Belles découvertes. Des expositions sur la Géographie des frontières. Celles du corps, des objets, les limitations de l'esprit, de la langue, etc.

Voici le lien pour voir les expositions:http://www.ivam.es/

Faque on décide su'une gosse de rentrer à Barcelone. On avait prévu 3 nuits ici, mais là, on a fait le tour.

dimanche 2 août 2009

Chronique historique - Tarragona

Tarragone (Tarragona en catalan et castillan) est une ville située dans le nord-est de l'Espagne, en Catalogne. Elle est la capitale de la province de Tarragone. En 2009, la ville compte 155 536 habitants et son agglomération compte 675 000 habitants.

Capitale de la Côte Dorée, de l'aire métropolitaine et de la vegueria (préfecture) du camp de Tarragone. Capitale de la comarca (canton) du Tarragonès.

Les Romains la nommaient Tarraco et en firent la Capitale de la province de Tarraconaise(la peninsule iberic). Elle fut la résidence d'Auguste Cesar, de Galba et d'Hadrien.

Son patrimoine archéologique romain est remarquable, et est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO : murailles romaines, amphithéâtre antique, cirque antique, aqueduc,arc de triomphe etc.

Elle a connu l'invasion des Wisigoths en 464, des Maures en 714. En 859, elle est pillée par les Vikings du chef Hasting, qui viennent de Nantes et ont hiverné en Camargue[1]. Elle devient catalane en 1220.

Au XIIe siècle, elle devient le siège d'une éphémère principauté normande fondée par Robert Burdet.

Après leur expulsion de France en 1903, les Pères Chartreux se réfugient à Tarragone, où ils reprennent la production de la Chartreuse. Celle-ci garde son nom d'origine ; les Français la surnomment "La Tarragone" (verte 55° et jaune 43°).

Cette distillerie de Tarragone restera en activité jusqu'en 1989. La distillerie de Voiron reprendra son activité dès 1935, avec le retour des Chartreux en France.

Le souvenir des amphithéâtres romains, de même que les marchés de rue et les nombreux temples, évoquent deux mille ans d’histoire. À côté des ruines des cirques romains, la cathédrale de Santa Tecla domine le centre de Tarragone.


Quand on vit dangereusement...

Les dieux romains prenaient une petite « cerveça » cet après-midi dans une « cerveceria » de Tarragona...

Saturne – Ouain... on a un bel été!

Bacchus – (Légèrement ivre) Ch’cré ben... euh... c’était quoi la question?

Junon – Pauvre diable, retourne donc chez toi, ta femme t’attend!
Bacchus – Ju... Junon, esti, tu le sais qu’a va être en tab... T’es la déesse des femmes mariées, arrange-toi donc (burp!) pour qu’elle ait pu un caractère de cochon!

Mars – (se levant d’un coup) On vas-tu y casser la gueule?

Bacchus – Hey... wo, wooo mes vous deux là...

Faunus – Que tout le monde se calme, sinon je vous garroche une chèvre par la tête!

Cérès – Oui, faites l’amour, pas la guerre!

Janus – (derrière une porte) Quelqu’un voudrait m‘ouvrir?

Cérès – Regarde donc ça, les deux petites touristes là-bas!

Bacchus – Elles veulent p’t-être une tite frette! HEYYYY!!!!

Junon – Voyons, tu sais bien qu’elles ne peuvent pas nous voir!

Mars – Comment ça elle veulent pas nous voir? (Il se lève soudainement) Esti m’a leu casser a yeule en sang!

Faunus – Mon brave, nous sommes invisibles pour les humains, assis-toi.

Mars – Pis toi, maudit tarla, tu pourrais pas tasser tes chèvres, pour une fois? Ça pu ton maudit troupeau!

Saturne – Profitez de la journée, regardez passer les jolies touristes, mes amis!

Junon - Elles marchent sur l’autoroute, tes deux jolies touristes... Elles vont se faire frapper!

Cérès – Ben oui, regarde donc ça! Youhou! Les filles! C’est pas sécuritaire!

Junon – Elles s’en vont en direction du Pont Del Diablo!

Janus – (Derrière une porte) Quelqu’un voudrait m‘ouvrir?

Bacchus – (En état d’ivresse avancée) Les ti fefilles... allez pas par là... chefrrrrrrr...

Saturne – Je devrais leur envoyer un orage, pour qu’elles rebroussent chemin!

Junon – Voyons, on est en Espagne, il mouille jamais!

Faunus – Je vais leur envoyer un troupeau de moutons pour leur barrer la route!

Cérès – Je sais! Un beau mâle pour les prendre dans sa voiture!

Janus – (Derrière une porte) Quelqu’un voudrait m‘ouvrir?

Mars – On rentre dans le tas pis on les ramène!

Saturne – Du calme, Mars, le temps arrange les choses!

Mars – Ça veut rien dire ça!

Saturne – Bien sûr que si! N’est-ce pas mon cher Bacchus?

Bacchus – (La face dans ses tapas) Brrrrrrrrrkkk.

Sylvain – (Il entre en faisant une danse avec des branches de sapin dans les mains) Elles rebroussent chemin, mes cocos, elles ont vu le danger de la grande route.

Les autres – T’es qui toi?

Sylvain – Ben voyons, mes choux! Je suis Sylvain, dieu de la forêt!

Mars – T’as ben un nom de dieu bâtard!

Sylvain – Dis ça à elle mon ti coeur, c’est elle qui nous baptise! (Il montre Junon)

Junon – J’avais plus d’idées...

Cérès – En tout cas, on a évité le pire, les 2 touristes reviennent sur leur pas pour prendre le bus. Fiou!

Saturne – Plus de peur que de mal!

Janus – (derrière une porte) Heu... quelqu’un? S’il-vous-plaît?

Et tous les dieux romains se sourient, complices, pendant que nos deux touristes canadiennes prennent le bus en chantant à tue-tête « The time of my life » pour aller voir le Pont Del Diablo, monument romain à 4 km de Tarragona.

Les citations du jour :

Andrée-Anne – L’Espagne, un pays en construction...

Eugénie – Je mangerais des toasts au beurre de peanut.

vendredi 31 juillet 2009

Voici en vrac un résumé des derniers jours... Barcelone!

27 juillet

Je poste ce message avec un peu de retard parce que je n’ai pas eu accès a internet avant aujourd’hui... À l’hôtel il y a pas, et je suis dans un café internet en face de l’hôtel. On revient a peine, ma couze et moi, d’un souper de tapas bien arrosé. Délicieux!

Je vous fais un bref résumé des dernières journée.

La tournée est «wrapée » comme qui dirait, et s’est soldée par un franc succès.

Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir? Je l’ai vue, Anne, elle a l’air top shape. Contente contente...

Alors hier 13h27, je devais prendre un train. Parce qu’on prend toujours un train (C’est Josélito qui l’a dit!) et ma journée n’a été qu’une longue enfilade de gares. Je prends le train Avignon-Montpellier, jusque là, tout va bien. J’arrive en avance, achète de quoi me sustenter durant le voyage, pis on est en business.

Ensuite, ça se gâte. Plus de place sur le train Montpellier-Barcelone. Ben oui, la conne, au mois de juillet, pensais-tu que personne aurait la même idée que toi? Même en faisant mes yeux de caniche désespéré à la tite madame au comptoir, plus de place! Elle me propose un train Montpellier - Port Bou (petit village à la frontière de l’Espagne) et ensuite Port Bou - Barcelone. Ok, ça marche! Train à 17h10, il est 14h28. Prrrrr... J’arriverai à Barcelone à 22h50. Pas terrible mais pas trop le choix...

Café et attente. Tiens, il y a des palmiers dehors.

Je pourrais feuilleter mon livre sur l’Espagne. Mais avant, j’appelle la petite famille au grand complet, question de les rassurer, et de les entendre une dernière fois si jamais une bande de terroristes explosent le train pour Port Bou, qui avec un nom pareil, est surement une plaque tournante de toute action terroriste mondiale...

J’appelle aussi la couze, qui me rejoint demain, pour savoir combien de valises elle apporte, et pour lui rappeler qu’elle ne part que 10 jours, et que son « suit » de ski-doo est peut-être de trop?

Moi, j’ai tellement hésité avant de prendre a valise, je voulais prendre un sac à dos, puis j’i flanché, pensant manquer de vêtements. Ben je m’en mords les doigts. Trop l’enfer de trimballer ma grosse Bertha dans les trains et les gares. Calvaire que a prochaine fois... (ben oui, je dis tout le temps ça... ben oui.)

Donc, je retrouve ma couze demain à l’aéroport, et puis à nous la farniente!

Il faut que je me souvienne des deux noms de ville que ma mère m’a donné. Malaga et... merde! J’ai déjà oublié! Mémoire de poisson rouge! De toute façon, Malaga est très au sud, je ne crois pas qu’on aura le temps de s’y rendre. On veut sortir de Barcelone, peut-être pour aller à Ttarragone. On ne sait pas. Il y a tellement de choses à voir à Barcelone! Ma mère est venue en Espagne il y a de ça 40 ans. Elle avait de longs cheveux roux, des lunettes de soleil immenses et une micro robe rose... Elle a dû en faire baver, des Espagnols!

Aille. Je me sens vraiment gonflée. Mon bedon est toujours fucked-up en voyage. J’ai du prendre au moins 2 kilos, mais ils sont acquis dans le bonheur de goûter aux croissants et pâtisseries françaises. Je ne pourrais pas habiter ici, je deviendrais immense! Je vais devoir payer un surplus de poids dans l’avion, si ça continue...

En Espagne, les femmes représentent 80% des travailleurs à temps partiel, et les hommes gagnent en moyenne 40% de plus que les femmes. Il y a très peu de femmes qui occupent les postes de cadre.

Aujourd’hui, il fait gris. Chers amis du Québec, je suis contente, e n’en peux plus de ce beau soleil éclatant qui revient jour après jour, c’est lassant à la fin... Il fait en moyenne 32 à 36 degrés celsius tous les jours. On se croirait dans le sud... mais... JE SUIS DANS LE SUD!!! Je suis officiellement en vacances! C’est grisant. Je laisse tout derrière. Plus rien n’existe sauf moi. Les palmiers. Le gros pigeon qui lorgne vers moi depuis tantôt.

Dans 30 minutes je dois me diriger vers le quai où je prendrai mon train. Je ne m’ennuie pas. Je suis juste bien. Je me sens libre. J’aurai 30 ans dans 3 jours et je suis dans ma vie où je souhaitais être. Je sens que je m’épanoui. Je fais des rencontres extraordinaires. Criss, un peu plus pis le bonhomme Carnavas arrive pour faire une couple de stepettes! Je franchis des étapes. Tu grandis, ti-fille! Good!

Dans le taxi entre la gare et l’hôtel :
Je suis enfin arrivée. Certaines gares étaient un peu inquiétantes en chemin, mais en gros, ça s’est bien passé.


28 juillet

Une autre trépidante péripétie dans la vie de la cow-girl Beaudry!

Je décide sur une bine d’aller cueillir ma couze à l’aéroport en métro, par désir de faire quelques économies. Il y a une station en face de l’hôtel (Husa International, by thee way, beau propre et pas cher) sur la Rambla, artère importante de Barcelone. Je pars donc vers l’inconnu. Ok, c’est comme le métro de Montréal, mais puissance 200... Il y a des centaines de stations, qui partent dans toutes les directions. Je finis par trouver celle qui mène à l’aéroport. Il faut changer 2 fois de train. Je prends la mauvaise station pour transférer la deuxième fois, puis je ne trouve pas la station du train qui me mènera finalemenent à l’aéroport. C’est ça qui est bien quand on est seul, on est obligé de laisser l’orgueil de côté et ON DEMANDE SON CHEMIN!!! Beaucoup plus simple et moins long! J’ai donc attrapé le train pour l’aéroport, et après moult détours, je vois enfin mon ti boutte de couze assise bien tranquilos dans un coin. Trop contente de la voir celle-là!

Reste de la journée en vrac; promenade, les deux pieds dans la Méditéranée, regarder les fesses de vieux monsieurs sur la plage, Iglésia Santa Maria Del Mar, déjouer des pick-pocket, promenade, recherche infructueuse d’un new bikini, siesta, tapas, vino et dodo!!!

Buena noche mi amigos! Ra ra ra!!!

29 juillet

Playa... aaaah playa.

La plage se trouve dans le quartier Barcelonetta, qui est l’ancien quartier des pêcheurs et des ouvriers. C’est devenu un quartier à la mode, un genre de mile-end rempli d’étudiants qui se précipitent à la plage dès midi. Sur la plage on voit au loin le World Trade Center, ou le building appelé « le concombre » à cause de sa forme incongrue.

Shit, on nous a repérées e train de faire du mono-kini! Les hommes, eux, font du « no-more-kini ». Pas toujours ragoutant...


30 juillet

Oh my god! What a great night!

Bon tout a commencé quand je me suis réveillée, j’ai ouvert les yeux, je suis regardée dans le miroir et j’ai vu que des rides étaient apparues, des poil gris avaient poussé et mes seins m’arrivaient aux genoux. Je me suis tout de suite exclamée; « Bâtard, faut j’appelle mon agent pour lui dire que j’ai changé de casting! »

C’est mon anniversaire aujourd’hui. J’ai 30 ans.

Je pensais que ça me ferait quelque chose, mais je suis juste heureuse de vivre ça en Espagne avec ma couze et la Troisième Roue du Carrosse qui arrive dans la journée même pour se joindre à notre périple durant 24 heures.

Alors je me tire du lit vers 7h pour aller à l’aéroport accueillir notre Troisième Roue, je mets à peine le pied dans le métro que je reçois un texto me prévenant que l’avion est retardé, qu’il arrivera vers 15h au lieu de 9h comme prévu. RAAAAAAAAAA!!!!! Déception et consternation. Retourne-je me coucher et me promenai-je? Me promenai-je, décidai-je.

J’attrape ma couze en passant et après un petit déjeuner copieux, nous sautons dans nos runnings en route pour la Sagrada Familia, soi-disant l’incontournable de Barcelone.

Cette église est carrément incroyable. Instigateur du mouvement moderniste à Barcelone, Gaudi a construit cette église en la laissant incomplète. Il a aussi créé plusieurs bâtiments à l’architecture vraiment particulière, aux formes arrondies, colorées et comprenant une multitude de détails. La maison Gaudi, la casa Güell... Ça détonne sur l’architecture de la ville, qui me fait un peu penser à Paris.

Après notre visite, qui nous coûte 11 euros pour voir des gars de la construction taper sur des morceaux de roche, nous faisons un arrêt au musée du chocolat pour nous bourrer la panse avant de s’arrêter au Café de l’Opéra, café qui ouvrit ses portes en 1873. Tapas, tapas et encore des tapas...

Une autre délicieuse spécialité du pays est la paëlla, et les churros, pâtisserie super cochonne servie avec une suce au chocolat.

Mais bon, c’est cher pour voir l’intérieur de la Sagrada mais ça vaut la peine, on y apprend beaucoup et c’est vraiment impressionnant. De plus, on a l’impression, à ce prix là, d’avoir participé au financement de la construction...

Pour en revenir à a journée de fête, après avoir dégusté quelques tapas au café de l’opéra avec ma couze, je m’apprêtais à me ronger langoureusement l’ongle de l’index gauche quand soudainement, mon cellulaire m’annonce l’arrivée d’un texto. Aaaaaah! Peut pas avoir la paix, même au bout du monde?

Ben kin, Troisième Roue arrive à 13h44 finalement... Puta de madre, c’est dans 1 heure! Pogne la sacoche, la couze, le bill, pis cours à l’hôtel me changer. Re-métro, re-train, me semble que ça fait 2 jours que je ne fais que des allers-retours vers l’aéroport.

J’arrive à l’aéroport en sueur, évidemment mon métro a été bloqué pendant 10 minutes. Il est... 13h54! Je cours vers le terminal 1 tout en me disant que de toute façon, Troisième Roue doit attendre ses bagages, passer la sécurité, etc. J’ai une chance de l’attraper. C’est que je voulais lui faire la surprise en ne prévenant pas que je venais l’accueillir à l’aéroport!

Bon, devant les portes où sortent les voyageurs, il y a un grand panneau d’affichage avec les vols arrivés et/ou l’heure de leur arrivée prévue. JE NE VOIS PAS LE VOL DE TROISIÈME ROUE!!! Je commence sérieusement à déprimer/pomper/pleurer-un-peu-de-découragement... C’est tellement moi ce genre de truc là!

J’attends un peu, espérant au fond que Troisième Roue se présenterait miraculeusement devant moi, puis, je me décide enfin à demander au bureau d’information OÙ les vols de Swiss Airlines arrivent-ils madame, parce que là, là, ça va pas bien du tout!!!

C’est bien simple; au terminal 2. Évidemment.

À 10 minutes de bus de là.

Retourne en 4ème vitesse d’où je suis arrivée, j’envoie un texto (Es-tu arrivée?) prends la navette qui nous mène qui nous mène, prends la navette qui nous mène au terminal deuuuuuuuux.J’envoie un 2ème texto (Es-tu arrivée bâtard???) j’attends que le bus se remplisse, enfin, on part, 3ème texto (Je suis là, pas dans le bon terminal mais j’arrive) ma surprise est à l’eau, il est 14h30, j’espère que Troisième Roue n’a pas pris un taxi pour nous rejoindre à l’hôtel. 4ème texto, mon cellulaire commence à fumer (Tu es où? Attends-moi!) comme si nos vies en dépendaient... ça y est, ça m’a repris, j’ai dramatisé, imaginé le pire, un accident, un enlèvement, une gonorrhée. BON! Je reçois enfin une réponse m’assurant que Troisième Roue est arrivée, qu’elle m’attends au Terminal 1. Je respire.

Il fait une chaleur moite. Je colle au siège du taxi dans lequel nous nous trouvons enfin, en route vers Barcelona. Enregistrement à l’hôtel, changement de costume, aggrippe la couze et on est parti pour l’apéro festif.

Hey, quand je pense que je suis née le même jour qu’Arnold Schwarzeneger. L’honneur, toi!

C’est aussi l’anniversaire la maman de Andrée-Anne, ma couze-minou! BOoNNNe FêtEEEE MATANTEUUUUUU!!!!!

On monte la Rambla, et on arrête prendre une sangria sur une terrasse. Oh boy! Ça promet. Pendant l’appéro, j’appelle tout mon petit monde, parce que j’ai eu un cadeau extraordinaire. Troisième Roue a filmé mes parents à mon insu! Ils m’ont envoyé pleins de beaux mots via la caméra et je les sentais heureux de pouvoir le faire. J’ai aussi reçu un médaillon ayant appartenu à ma grand-maman Dubois. C’est le premier bijou que mon grand-père lui a offert, et on se le transmet de mère en fille. Il contient une photo de ma grand-maman, et une du mariage de mes parents.

On boit, on mange, on rigole, on rattrape le temps. Avant d’aller au resto où on a retenu une table, le Cerveceria Catelunyia, on se claque un petit détour par la Sagrada Familia, pour l’admirer à nouveau sous cette lumière et la montrer à Troisième Roue.

Ensuite, la décadence prend le dessus. On commande des tapas gargantuesques et du champagne... Les serveurs, bien bêtes au début, se dérident finissent par nous trouver bien sympathiques. Tellement qu’à la fin de la soirée, ils nous conseillent un club pas loin pour aller danser, et ils nous souhaite tous la buena noche. Dans l’état d’ébriété avancée où je me trouvais, je ne sais plus trop si c’est parce qu’ils avaient hâte de nous voir partir ou parce qu’ils rient de notre trop plein d’enthousiasme. Me semble qu’ils ont fait une chorale, gne sé puuuu....

LE ROXY nous accueille, pis si tu flache tes boules au doorman, il te donne un t-shirt!!!! Non, sérieux, c’est vraiment un club branchouille où les pitounes sont toutes plus remontées les unes que les autres, les gars sont à la chasse et la musique techno envahit la place. On se croirait à Laval! On a dansé en masse, pis ma couze s’est fait cruisée pas mal! Je me retourne un moment donné pis je vois-tu pas notre Troisième Roue assise dans la section VIP!!! Koss tu fais là? Que je lui demande. TR a acheté une bouteille, de là le pouvoir de monter dans la hiérarchie du bar pis même visiter le sous-sol avec le proprio! Ouh la! On est pas des tout nus! Mais on a beaucoup beaucoup bu. On sort cahin caha à 4 heures du mat dans une foule hétéroclite. Ma maman à moi elle m’a envoyé des chandelles pis des ballounes, qu’on gonfle en pleine rue. Les chandelles, je les laisse en paquet et je les allumes TOUTES! Je les souffle et je fais mille voeux en même temps! J’ai des souvenirs vagues de notre retour vers l’hôtel, j’ai mangé une fleur, pris des photos floues, pis le reste...zzzzzzzzzzzzzzzzzzz

31 juillet

Aujourd’hui, décrétée journée nationale de hungover, nous partons vers Tarragona, où les vestiges de théâtre romains attirent nos deux intrépides voyageuses! Troisième Roue est repartie vers les pays nordiques et nous poursuivons notre bataile constante contre les contrôleurs dingues qui se choquent parce qu’on «no habla espanol, ciboire! » Cela dit, ils sont vraiment gentils et accueillants, les Espagnols, ils aiment faire la fiesta, pour ça oui. Il y a d’ailleurs une grande rivalité entre Valence, Madrid et Barcelone, qui me rappelle un peu « che nous ».

Le train n’est vraiment pas long. On arrive dans un patelin de bord de mer vraiment beau, avec des ruines romaines disséminées dans la ville. Pour l’instant, je ne rêve qu’à un lit, alors demain la visite! ON A VUE SUR LA MER ON A VUE SUR LA MER ON A VUE SUR LA MER!!!

Chronique historique - La Sagrada Familia de Gaudi

La Sagrada Familia, ou la folie des grandeurs...

On aperçoit d'abord d'étranges pics surmontés de grosses "fleurs" colorées. Puis, on décèle les corniches vertigineuses et les couleurs voyantes de cette église hors du commun. Des personnages aux airs traumatisés, des détails minuscules, des vitraux modernes. Visite de l'église la plus joyeusement kitsch d'Europe.

En 1882, Josep M. Bocabella avait acheté des terrains pour édifier un temple dédié à la Sainte Famille. Des désaccords surgirent avec le premier architecte, Francesc de Paula Villar, et le travail fut alors confié à Gaudí, qui modifia le projet original et le rendit plus ambitieux. Elle fut en compétition pour devenir une des Sept nouvelles merveilles du monde.

Durant les dernières années de sa vie, Gaudí travaille avec acharnement et ne vécut pratiquement que pour le Temple de la Sagrada Família. Quand il mourut, il laissa de très nombreux plans, projets et ébauches (les plans et maquettes furent malheureusement quasiment tous détruits pendant la guerre d'Espagne, une dizaine d'années après la mort de Gaudí).

Les travaux qui se font actuellement pour achever la Sagrada Família respectent plus ou moins les projets de Gaudí, mais certes pas dans les détails, adaptés parfois à l'esthétique moderne et au style des artistes qui les créent, ce qui suscite de nombreuses polémiques.

La livraison était prévue pour 2020 ou 2023, mais actuellement on parle officiellement de 2026, centenaire de la mort de Gaudí, à moins qu'elle ait plutôt lieu vers 2030. Cela fera un siècle et demi de construction, comme la Cathédrale Notre-Dame de Paris, œuvre collective pour laquelle, là aussi, les compagnons ont travaillé sans plans préétablis. Le Temple est d'ores et déjà inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.

Dans l’école voisine de la Sagrada Familia, on apprend que Gaudi a fait tous ses calculs de poids et de supports de la structure en créant une maquette inversée avec de la ficelle tendue par de petits sacs de sable. Salvador Dali considérait que « l'on devrait confier l'achèvement de la cathédrale aux chauffeurs de tramway à titre expiatoire », Gaudí ayant été renversé par un tramway.

Gaudi et les Modernistes

Diplômé de l'École d'architecture de Barcelone en 1878, il travaille dès ses débuts avec l'architecte Josep Fontseré sur le projet du parc de la Ciutadella. Sa carrière commence vraiment en 1883, avec le début de l'édification de la Casa Vicens.

Jeune architecte, il est d'abord inspiré par Eugène Viollet-le-Duc mais bien vite, il rompt avec le style néogothique et se fait remarquer par son originalité et sa fantaisie. Dès ses premiers projets, il fait cohabiter architecture et mobilier. Inscrit dans la mouvance de l'Art nouveau alors en vogue en Europe, il sera rapidement le porte-étendard du modernisme, qui en est la variante catalane. Les principales caractéristiques de son courant sont l'inspiration dans les formes, la géométrie et les couleurs de la nature.

Son œuvre fut très critiquée par nombre de ses contemporains, qui surnommèrent la Casa Milà, la « carrière » ((ca) Pedrera), afin d'en souligner l'aspect organique, voire l'absence de ce qui était alors considéré comme de la véritable architecture.

dimanche 26 juillet 2009

Dernier matin à Avignon, on paquete nos p'tits, bébé!

Voilà la même impression qui nous reprend tous une fois l'aventure terminée;
"Bonyeu que ça a passé vite!"

Une semaine, ce n'était pas longtemps, mais c'était intense et c'est ce qui me fait sentir que ça fait des mois qu'on est ici. 6 spectacles à guichet fermés, des commentaires plus que positifs, des paysages à en couper le souffle, que demander de plus? Des vacances à Barcelone? Ben kin!

Je pars tout à l'heure le coeur satisfait et le sourire content.

Pas pire pour la palette de bleus-jaunes-cramoisies. C'est surtout avec un beau "tan" que je repars.

Hier soir, soir de dernière, il y avait une effervescence pas possible dans le groupe. Dans le public aussi, je dois dire. Tavernini s'est fait insulter par un spectateur (pour le 2ème soir d'affilée, le pauvre) car ledit spectateur trouvait qu'on prenait trop de place. Il est allé s'asseoir ailleurs, mais le spectateur s'est mis à insulter son voisin, un autre spectateur. Je peux vous dire que les blondes ne l'ont pas manqués durant le spectacle.

Les partys de dernière sont souvent prétexte à jouer au jeu; "toutes les choses que je ne t'ai pas dites cette semaine". J'ai appris entre autre que les techniciens de la salle me surnommaient "Lara Croft" parce que je fais toujours mon jogging autour de la salle avec ma tite casquette verte.

Là, pour tout vous dire, je vomirais toute la pizza et le vin rosé que j'ai ingurgité hier soir... mais je suis contre le gaspillage, alors je travaille fort pour tout garder ça en dedans... Je suis rentrée tôt, pleine de fatigue et de bonheur.

Dans moins de 12 heures, je serai en terre espagnole, à Barcelone plus précisément, à soigner mes bleus et à attendre ma couze qui arrive demain matin. Bon voyage ma couze! On se revoit sous le chaud soleil d'Espagne!

Dernière journée à Avignon

Demain matin, nous serons de nouveau des voyageurs qui rentrent chez eux ou qui partent à l’aventure. Je fais partie du dernier groupe. 6 spectacles de suite, j’avoue que je suis exténuée, et je n’ai pas les chorégraphie les plus exigeantes, alors j’imagine pour les autres... Ceux qui rentrent à Montréal prennent le train à 6h demain matin... les pauvres. Au fond, il ne se coucheront tout simplement pas.

Je suis allée manger des tartines avec Enrica, beau repas, belle conversation, quelle belle dernière journée!

Devant ma chambre, il y a un théâtre. Le théâtre des Béliers. En ce moment, un bonimenteur crie « Cent pour cent magicien, le spectacle qu’il faut voir! » Les troupes pullulent à Avignon, j’ai entendu dire que juste de jouer ici provoque parfois la faillite de certaines petites compagnies mal préparées ou qui se font tout simplement avoir par des gens qui leur louent des espace de jeu à un prix ridiculement élevé. Le festival tire à sa fin, et on sent que l’effervescence des premiers jours s’essouffle.

Il fait 36 degrés, gros soleil. Ça nous changera d’hier soir, on a joué avec un mistral pas possible, dans un froid indescriptible. « Our tits were freezing tight, nos seins frisaient serrés » comme dirait Sabrina.

Avant hier, un garçon est venu s’assoir avec nous sur scène. Étrange. Mais il se devait de la faire, comme il nous a dit par la suite. Il se sentait « invité ». Tant mieux, ça faisait parti du fantasme de Dave de voir le public s’inviter sur scène. Sauf que c’est quand même un tantinet déstabilisant. Qu’est-ce qu’on aurait fait avec lui par la suite, si un ouvreur n’était pas venu le sortir de scène?

Le titre d’une pièce à l’affiche au OFF-Avignon; « Ma cousine ne suce pas que des glaces »... il y a vraiment de tout; humour, danse, magie, performance, et dans la catégorie « On-présente-de-quoi-de-moche-mais-on-s’en-crisse-puique-on-est-sur-scène-quand-même », on est servis! J’ai vu une affiche qui présente une tragédie grec que dansée à la façon Martha Stuart sauce humoristiquo-2ème guerre mondiale. Non mais...

Demain je prends le train pour Barcelone. J’ai trop hâte! Je vais retrouver ma couze Andrée-Anne, pour qui ce sera la baptême de l’air!

Putain, j’ai tellement chaud que l’inspiration pour raconter sort de moi par ma sueur d’aisselles!

Hier soir ma copine Anne, qui a été a coloc pendant 3 mois il y presque 2 ans et qui habite Annecy est venue voir le spectacle avec son père, la conjointe de celui-ci et sa cousine. J’étais trop contente de la voir! Elle a l’air en pleine forme, magnifique, comme toujours.

Elle a vu le spectacle 4 fois, elle m’a donc dit qu’il y avait eu une grande évolution, surtout au niveau du texte et des blondes. L’aspect comique est beaucoup plus présent, selon elle, et il y a plus de texte qu’avant. C’est vrai que le spectacle a beaucoup évolué en 4 ans.

Manu, je ne sais pas si tu vas lire ça, mais ta présence lui a manqué! Elle trouve que tu es une danseuse extraordinaire!

Bon, je dois faire ma valise avant de piquer du nez sur mon clavier d’ordinateur...

vendredi 24 juillet 2009

Chronique historique - Saintes-Marie-de-la-mer

Les Saintes-Maries-de-la-Mer sont situées au sud de la France, en Camargue, sur la côte méditerranéenne, à environ un kilomètre à l'est de l'embouchure du Petit-Rhône.

La commune vit essentiellement de l'agriculture, de l'élevage (chevaux, taureaux camarguais) et surtout du tourisme.

En 513, le pape Symmaque donne à Césaire le droit de porter le pallium et fait de lui son représentant en Gaule. À cette époque, l'évêque d'Arles évangélise les campagnes encore fortement imprégnées de cultes païens ou romains en transformant si nécessaire d'anciens lieux cultuels en édifices chrétiens. Il crée ainsi un monastère ou une église aux Saintes, ce qui constitue un argument en faveur de la présence d'un temple païen plus ancien en ces lieux. On ne dispose pas de la date exacte de la naissance de cette nouvelle appellation, mais l'on sait que saint Césaire d'Arles a légué par testament, à sa mort en 542, Sancta Maria de Ratis à son monastère.

Le village devint donc Saintes Maries de la Barque (ou Saintes Maries de Ratis), aussi nommé parfois Notre-Dame de la Barque (ou Notre-Dame de Ratis).

Pendant l'hiver 859-860, resté comme le plus rude du IXe siècle, les Vikings hivernent en Camargue et selon toute vraisemblance, aux Saintes, avant d'entreprendre leur razzia dans la basse vallée du Rhône jusqu'à Valence où ils sont arrêtés par Girart de Roussillon.

En septembre 869, les Sarrasins surprennent lors d'un raid en Camargue, l'évêque d'Arles Rotland en train de superviser la mise en défense de la région. L'évêque fait prisonnier, est échangé contre des armes, des esclaves, et autres richesses. Malheureusement, les Arlésiens ne récupèrent que son cadavre, habillé et mis sur un siège par les Sarrasins au moment de la remise de rançon qui se tient probablement sur la plage des Saintes-Maries-de-la-Mer, à l'embouchure du Rhône de Saint-Ferréol, bras encore actif à cette époque.

La peste de 1720, qui tue la moitié de la population marseillaise et le tiers de celle d'Arles, a épargné, contrairement à celle de 1348, la communauté des Saintes qui s'oppose avec véhémence à l'accueil de réfugiés arlésiens. À la Révolution, le culte est suspendu entre 1794 et 1797. Les créneaux de l'église sont démolis et leurs pierres vendues ; ils seront rénovés en 1873.

En 1838, le village prend le nom des « Saintes-Maries-de-la-Mer » et, peu après, le pèlerinage des Gitans est mentionné pour la première fois : au mois de mai, ils viennent de toute l'Europe honorer ici leur sainte patronne, Sarah, la vierge noire. Au début du mois de juin 1888, Vincent Van Gogh, qui vient d'arriver en Provence, fait un court séjour de cinq jours aux Saintes. Il y dessine et peint notamment les barques sur la plage, le village vu des dunes côtières et quelques cabanes couvertes de sagne.

Dès la fin du XIXe siècle, mais surtout après la Première Guerre mondiale, le village reçoit la visite d'artistes et d'écrivains : Yvan Pranishnikoff en 1899, Hemingway en 1920, et plus tard celles des peintres Picasso et Brayer dans les années 1950. En 1975, Bob Dylan y passe quelques jours lors du pèlerinage du mois de mai.

Chronique historique - Arles

Arles est une commune française, située dans le département des Bouches-du-Rhône et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. La ville est traversée par le Rhône et se trouve entre Nîmes et Marseille.

Le nom d’Arles dérive d’Arelate, mot d’origine celte signifiant lieu situé près de l'étang, par référence aux terrains marécageux qui entourent la cité.

Cette ville, dont les habitants sont appelés Arlésiens, a en effet plus de 2500 ans. Des monuments remarquables ont été construits pendant l'Antiquité à l'époque romaine, comme le théâtre antique, les arènes, les alyscamps ou encore le cirque romain. Le Rhône qui la traverse est chargé d'histoire. En 2008, le plus vieux buste de Jules César y a été découvert. Avec ce passé toujours présent, la cité est classée ville d'Art et d'Histoire et ses monuments romains et romans sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité depuis 1981.

Arles est le lieu où commence le delta du Rhône et qui constitue la porte de la Camargue. La ville initiale construite au VIe siècle av. J.-C. sur un rocher dominant la rive gauche du Grand Rhône s'est développée ensuite à l'ouest, sur la rive droite (quartier de Trinquetaille) puis au Sud (quartiers du Vieux-Bourg, de la Roquette et de Barriol) et au Nord (quartiers Montplaisir et du Trébon).

Les ingénieurs romains bâtissent l’amphithéâtre d’Arles sur la colline de l’Hauture. Pour ce faire, ils doivent démolir l’enceinte Augustéenne érigée un siècle plus tôt.

À Arles, comme dans tout l'Occident, l'amphithéâtre est, de la fin du Ier siècle au milieu du IIIe siècle, le signe le plus évident de la romanité.

Ce temple du jeu où s’affrontent les gladiateurs reste en fonction jusqu’à la fin de l’Empire romain. En 255, l'empereur Gallus y fait célébrer des jeux en célébration des victoires remportées par ses armées dans les Gaules. Au début du IVe siècle ,Constantin y fait représenter de grandes chasses et des combats à l'occasion de la naissance de son fils aîné. Plus tard, Majorien y donne plusieurs spectacles. Enfin, nous savons par Procope, qu'en 539, Childebert, roi de Paris, s'étant rendu dans le midi des Gaules, veut qu'on renouvelle en sa présence les jeux des antiques[1].

Un de mes peintres favoris, Vincent Van Gogh, vécut à Arles une bonne partie de sa vie, et quelques unes de ses plus belles toiles sont inspirées de paysage de la Camargue.

Les amis à la mer

Hier, nous avons fait une excursion en groupe. Comme dans un beau camp de vacances, il ne manquait que les dossards pour nous identifier!

Nous sommes partis de bon matin, vers 9h15, et avons pris le train jusqu’à Arles, petit village contenant un immense colisée romain, magnifique! Nous avions 2 heures à tuer dans ce petit bourg à l’architecture trop charmant, nous avons donc déjeuné sur une terrasse de la grande place. Omelette et café au lait. Mmmmmm!

Puis, autobus et en route vers Saintes-Marie-sur-mer, on s’en va à la plage!

50 minutes de chaleur soporifique plus tard, nous aboutissons dans une petite ville aux toits de tuiles d’argile, aux murs blancs immaculés et au bikini omniprésent.

Nous nous élançons ver le dernier muret de roches qui nous sépare de la méditéranée et, ô joie, nous apercevons enfin l’objet de notre convoitise! Quelle belle mer! Des vagues immenses! On prend à peine le temps de se dévêtir et on se garroche comme des damnés dans cette eau si accueillant sous le chaud soleil. Wouaaaaaaahhhhh!!!!! J’étais tellement occupée à rire que j’ai failli me noyer en avalant une tasse d’eau salée.

Daniel, notre répétiteur, était ben inquiet qu’on attrape des coups de soleil, mais je pense qu’on s’en est bien sortis.

On a fini ça avec un petit pastis sur une terrasse, avant de reprendre le bus pour Arles, puis le train pour Avignon. Dans le train Robidoux s’est mis à raconter des blagues douteuses qui ne passeraient même pas le test lors de party de noël de mononcles...

Puisque le 24 est la fête de Zinzin, on lui a chaté « Bonne fête » sur la place publique avant de l’emmener manger dans un resto Marocain. Je me suis payé une bouteille de Châteauneuf-du-pape, bonne bonne bonne!!!! Après tout, c’est ma fête bientôt non?

On a fini ça au bar du festival à danser comme des zouaves sur une musique poche poche poche! On est parti en oubliant Tavernini... oups...

Pis je me suis encore fait piqué mon kodak!

Heureusement, les coupables font parti de la compagnie, j’ai juste eu 250 photos connes à effacer dessus...

Raisin bran

Zinzin a un nouvel ami depuis le début de la tournée. On l'a surnommé le "raisin sec".

En fait c'est UN GROS ÉNORME INCOMMENSURABLE feu-sau-vage-de-l'a-mour (le feu sau-vage!) la-ma-ladie-du-bai-ser (yé-yé-yé-yé!)

C'est une affaire, un agrès situé du côté ouest de sa bouche, camouflé, par chance, par une barbe bien fournie.

Depuis, Zinzin dit qu'il a un raisin sec côté jardin. Pissant.

Il se grattouille le raisin sec à longueur de journée.

Il est à la veille d'être commandité par Kellog's.

Depuis, quand on veut se déplacer sur scène, on dit; "Je vais côté cour ou côté raisin sec?" pis Renaud le surnomme "Raisin bran"...

Une autre anecdote dans la catégorie "Fallait être là..."

Nos plus plates excuses pour le tapage nocturne

Ouais,
nos cigales sont "préoccupées par leur rang social".
Elles suivent le spectacle et commence s'accorder trop d'importance en s'incrustant dans chaque numéro.
Peu à peu, elles prennent plus de place, elles vont finir par faire le show toutes seules!
Elles nous aiment tellement qu'elles arrêtent de faire leur "crr crr" juste au bon moment, quand la tension dramatique du show augmente.
Elles ne voudraient surtout pas avoir l'air folle auprès de leurs consoeurs en continuant leur boucan alors que le silence est total dans la salle!
Elles sont déjà probablement en beau joualvert qu'on les tienne réveillées jusqu'à tard avec notre musique de fou, si en plus elles doivent se rendre ridicules en ne suivant pas le "beat" et en n'étant pas sur le bonne note!
Toutes nos excuses, mesdames cigales, allez donc vous ramasser un peu de provisions pour l'hiver, au lieu de vous plaindre!

La Cigale et la blonde...

Très drôle comme début de spectacle avant-hier; les cigales se sont mis de la partie à fond la caisse!

Pendant l'entrée du public, Éric est assis sur une chaise au fond de la scène, nu avec pour seul vêtement une perruque blonde frisée, et il fait des "allo, allo!" aux gens qui entrent.

Bien cette fois-ci, la grand'blonde s'est livré à une séance d'improvisation avec les cigales ayant pour titre; "crr crr crr!!!"

Voici le dialogue retransmit intégralement;

Éric - (parlant à une cigale d'une femme du public) Est belle elle han? Té belle!

Cigale - Crr crr!

Éric - Ben non, je peux pas lui dire ça!

Cigale - Crr crr crrc crr crrrrrrrrrrrrr!!!

Éric - Aaaaahh ouin...

Cigale - Crr...

Éric - Peut-être ouin...

Cigale - Crr crr crrc crrr crr?

Éric - C'est pas vrai!

Cigale - ...

Éric - ?

Cigale - crrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr crr crr crr crrc crr crr crr!

Éric - Ben non! Je peux pas y dire!

Du grand théâtre, dans la catégorie "Fallait être là".

mercredi 22 juillet 2009

Tendre Buzz

J'y repense et j'en ai des frissons...
Quand même, un standing-ovation et 4 rappels hier soir à Avignon...
On est fiers et on pense très fort à Dave, Manu et Dolly.

Oh, et puis c'est la fête de mon papounet d'amour à moi aujourd'hui, alors je vais me faire aller la patte en ton honneur ce soir, mon daddy! Je t'aime!

Retour

Allez voir ça:
http://www.festival-avignon.com/editions/blog/
Ça vaut la peine
Un des plus bel hommage que j'aie vu...

Chronique historique – Palais des Papes

Le palais des Papes, à Avignon, est la plus grande des constructions gothiques du Moyen Âge. À la fois forteresse et palais, la résidence pontificale fut pendant le XIVe siècle le siège de la chrétienté d'Occident. Six conclaves se sont tenus dans le palais d'Avignon qui aboutirent à l'élection de Benoît XII, en 1335 ; de Clément VI, en 1342 ; d'Innocent VI, en 1352 ; d'Urbain V, en 1362 ; de Grégoire XI, en 1370, et de Benoît XIII, en 1394.

Le palais, qui est l'imbrication de deux bâtiments, le palais vieux de Benoît XII, véritable forteresse assise sur l'inexpugnable rocher des Doms, et le palais neuf de Clément VI, le plus fastueux des pontifes avignonnais, est non seulement le plus grand édifice gothique mais aussi celui où s'est exprimé dans toute sa plénitude le style du gothique international. Il est le fruit, pour sa construction et son ornementation, du travail conjoint des meilleurs architectes français, Pierre Peysson et Jean du Louvres, dit de Loubières, et des plus grands fresquistes de l'École de Sienne, Simone Martini et Matteo Giovanetti.

De plus la bibliothèque pontificale d'Avignon, la plus grande d'Europe à l'époque avec 2 000 volumes, cristallisa autour d'elle un groupe de clercs passionnés de belles-lettres dont allait être issu Pétrarque, le fondateur de l'humanisme. Tandis que la chapelle clémentine, dite Grande Chapelle, attira à elle compositeurs, chantres et musiciens. Ce fut là que Clément VI apprécia la Messe de Notre-Dame de Guillaume de Machault, que Philippe de Vitry, à son invite, put donner la pleine mesure de son Ars Nova et que vint étudier Johannes Ciconia.

Le palais fut aussi le lieu qui, par son ampleur, permit « une transformation générale du mode de vie et d'organisation de l'Église ». Il facilita la centralisation des services et l'adaptation de leur fonctionnement aux besoins pontificaux en permettant de créer une véritable administration. Les effectifs de la Curie, de 200, à la fin du XIIIe siècle, étaient passés à 300 au début du XIVe siècle, pour atteindre 500 personnes en 1316. À cela s'ajoutèrent plus d'un millier de fonctionnaires laïcs qui purent œuvrer à l'intérieur du palais.

Pourtant celui-ci qui, par sa structure et son fonctionnement, avait permis à l'Église de s'adapter « pour qu'elle puisse continuer à remplir efficacement sa mission» devint caduc quand les pontifes avignonnais jugèrent nécessaire de revenir à Rome. L'espoir d'une réconciliation entre les christianismes latin et orthodoxe, joint à l'achèvement de la pacification des États pontificaux en Italie, avaient donné des bases réelles à ce retour.

À cela se joignit la conviction, pour Urbain V et Grégoire XI, que le siège de la papauté ne pouvait être que là où se trouvait le tombeau de Pierre, le premier pontife. Malgré les difficultés matérielles, l'opposition de la Cour de France et les fortes réticences du Collège des cardinaux, tous deux se donnèrent les moyens de rejoindre Rome. Le premier quitta Avignon le 30 avril 1362, le second le 13 septembre 1376 et cette fois l'installation fut définitive.

En dépit du retour de deux antipapes, lors du Grand Schisme d'Occident, de la présence constante du XVe siècle au XVIIIe siècle de cardinaux-légats puis de vice-légats, le palais perdit toute sa splendeur d'antan mais conserva, en dehors de « l'œuvre de destruction » cet aspect que rapporte Montalembert.

« On ne saurait concevoir un ensemble plus beau dans sa simplicité, plus grandiose dans sa conception. C'est bien la papauté tout entière, debout, sublime, immortelle, étendant son ombre majestueuse sur le fleuve des nations et des siècles qui roule à ses pieds. »

— Charles de Montalembert, Du vandalisme en France - Lettre à M. Victor Hugo

Article de Sylvie St-Jacques dans La Presse

Extraordinaire de voir l’impact que les spectacles québécois ont eu ici. En voici un exemple à propos d'Emmanuel Schwartz, avec qui nous avons étudié à l’école de théâtre;

(Avignon) Deux jours après la dernière du Sang des promesses (ou la «nuit Wajdi»), le jeune comédien et metteur en scène Emmanuel Schwartz est «the toast of the town» à Avignon.

Emmanuel Schwartz m'a donné rendez-vous à la Place des corps sains en plein coeur du centre d'Avignon, où il arrive à vélo, avec des verres fumés aux montures blanches sur son nez.

Quelques secondes après la visite de la serveuse à qui il commande une bouteille de blanc, une délégation de lycéens s'approche timidement de notre table. «Wilfrid, on voulait vous dire que vous êtes vraiment extraordinaire.», lance bravement la porte-parole de ce mini fan-club, qui dévisage le jeune comédien avec des sourires hébétés.

Cette célébrité spontanée, qu'il trouve «flatteuse pour l'ego», Emmanuel Schwartz la compare à une expérience vécue en 2004 à... Trois-Rivières.

«L'été où je suis sorti de l'école, je jouais dans Faux départ, dans un théâtre de Trois-Rivières qui s'appelait Curling Laviolette. C'est la deuxième fois, après Trois-Rivières, que des gens m'arrêtent dans la rue pour me féliciter. Je trouve Avignon pas si différente de Trois-Rivières, au sens où ça sent la petite communauté...»

Oui, d'accord, Emmanuel, Avignon et Trois-Rivières, c'est du pareil au même. À part bien sûr le rayonnement international, l'influence des critiques élogieuses de Libération et du Monde, les cocktails de fin de soirée où l'on tutoie Jan Fabre et consorts...

Ce que les spectateurs du Sang des promesses ignorent, c'est qu'une sacrée frousse a précédé la série de spectacles de 11 heures dans la cour du Palais des papes. Lors de l'entrée en salle qui avait lieu lundi 6 juillet, Emmanuel Schwartz s'est effondré en pleine répétition. Pour Wajdi et toute l'équipe de Littoral, Incendies et Forêts, c'était la catastrophe: Schwartz, qui joue le personnage central de Wilfrid dans Littoral et défend celui de Samuel Cohen dans Forêts, n'avait pas de doublure. Et ce n'était pas la première fois qu'Emmanuel montrait des signes d'épuisement.

«Le premier jour de filage, à Chambéry, j'ai vomi sur la scène. On m'a amené à l'urgence pour subir un paquet de tests. Le diagnostic était que j'étais en parfaite santé, sauf que j'étais surmené. On m'a prescrit deux semaines de repos, mais ça n'a pas été possible.»

Toutefois, le stress, l'anxiété, la terreur de passer à travers une nuit pareille dans un lieu aussi mythique ont finalement servi le jeune acteur, qui a soufflé tout le monde par sa magnétique présence dans Littoral, spectacle qui ouvre la nuit Wajdi au Palais des papes.

Le grand «petit frère» de Wajdi

«Je n'ai pas la prétention de me comparer à lui (Wajdi Mouawad) en tant que metteur en scène, mais je peux me comparer à lui en tant qu'homme. Nous sommes très différents, mais beaucoup de choses nous unissent. Il y a entre lui et moi une reconnaissance fragile, quelque chose que je soupçonne de lui et qu'il soupçonne de moi. Et il m'a appris quelque chose d'essentiel: dire «il est comme ci ou cela», de quelqu'un, c'est voler son identité.»

Grand gamin de 27 ans qui a dansé et composé de la musique pour Dave St-Pierre, joué à la télé dans Rumeurs et Kif Kif et même donné la réplique à Cate Blanchett dans I'm Not There, Schwartz dit avoir longtemps entretenu le «fantasme de la rock star.» Sous le soleil d'Avignon, il m'apparaît comme un romantique rassembleur, un rebelle nocturne, un gentil escogriffe qui passe ses nuits à écrire ses épopées en fumant ses Lucky Strike. Fils d'un guitariste de jazz anglophone juif et d'une orthopédagogue francophone catholique, il dit avoir été attiré par la scène dès sa tendre enfance.

«À trois ans, je faisais des chorégraphies sur du Michael Jackson», raconte le codirecteur (avec Mouawad) de la compagnie Abé Carré Cé Carré, qui cet automne met en scène un spectacle au théâtre La Chapelle.

Le jeune homme de théâtre, qui passe désormais la moitié de son temps en France, n'a fait que des bons coups, depuis qu'il a obtenu son diplôme de l'Option Théâtre de Lionel-Groulx, en 2004. Pour les auditions du Quat'Sous, il jouait le rôle de Clytemnestre, dans une scène de Racine. Wajdi Mouawad a tout de suite remarqué le jeune acteur, de sorte que peu de temps après, il lui proposait de fonder la compagnie Abé Carré Cé Carré. «J'ai été stupéfait par la vitesse à laquelle tout s'est passé. La même semaine, Serge Denoncourt m'a approché pour m'offrir un rôle et j'ai aussi été engagé pour jouer dans une quotidienne pour enfants.»

Famille artistique

Plus tard dans l'entrevue, nous sommes rejoints par le comédien Marc Beaupré et la blonde d'Emmanuel, Marie-Ève Perron, qui fait la jeune et bouillante Lou, dans Forêts. Comme plusieurs jeunes artistes de la génération des Dave St-Pierre, Francis Ducharme, Enrica Boucher et autres Justin Laramée, Emmanuel Schwartz est soudé à sa «famille artistique» qu'il côtoie depuis ses années d'école.

«Nous sommes tous autant des collaborateurs fidèles que des amis très proches. Aux débuts de Dave (St-Pierre), c'est Francis (Ducharme) qui nous l'a présenté. Ça se passe toujours un peu comme ça: on a tous nos créneaux, mais on inclut nos amis acteurs, artistes et concepteurs, dans nos projets.»

S'il profite à fond de son «trip» avignonnais, Emmanuel Schwartz se trouve hyper chanceux de pouvoir faire du théâtre à Montréal. «J'ai une foi presque aveugle en notre milieu, qui est fait de gens formidables qui ont juste l'envie de vivre des expériences communes. C'est ce qui nous lie.»

La vie après la nuit? La reprise de Littoral au CNA en automne, et ensuite la tournée européenne du Sang des promesses, le spectacle à La Chapelle. Après Le Sang des promesses, il a décidé de rester quelques jours en Avignon, pour voir Ciels et aussi parler aux directeurs du Festival de projets futurs.

Pendant la séance de photos, dans une rue exiguë d'Avignon, il se fait accoster encore une fois par de jeunes acteurs français qui lui vouent un culte.

Et l'aimable artiste maudit, sur son nuage flottant, lévite pour rejoindre ses copains et traverser une autre nuit avignonnaise.

Lendemain de première... décompte; 2 bleus, une poque et un jaune.

Soir de première officiel hier soir au clître des célestins. Public de première. Les gens se garrochaient pour attraper les meilleures places, s’offusquaient de notre présence dans les gradins. Bref, un public de première « un peu coincé », comme dirait Sabrina, la maitresse de cérémonie du spectacle. Dès les premiers instants, par contre, la magie a opéré; les gens ont sauté dans notre univers et ils se sont laissé aller. Hey, il y avait un gars dehors avec une pancarte "Cherche billet" écrit dessus! C'est pas mêlant, ça donne un feeling de rock star!

J’ai bu ben trop de café avant le spectacle, j’avais peur de manquer d’énergie, mais là, j’étais trooooop prime!!! C’était presque spasmodique mon affaire. J’anticipais beaucoup les mouvements de chaque chorégraphie. Je suivais physiquement les mouvements des autres. J’avais peur planter dans le dernier numéro, où on doit rouler dans l‘eau au ralenti.

Chaque spectacle est unique, c’est ça qui nous garde allumés, car tout peut arriver, réellement.

Hier soir, personnellement, il me manquait une étincelle dans mon interprétation pour être pleinement satisfaite de mon travail. Mais bon, peut pas l’awouère tous les souères. J’ai vu l’entre-jambe de Carrier de près. Trop près. À un moment donné dans le spectacle il y a une grande bataille entre les filles. On a un plaisir fou, et ça passe bien trop vite. Habituellement on va dans les gradins, mais là, ils sont un peu dangereux. Il y a des espaces entre les marches. Voir le visage ébahi des gens pendant que les gars leur passent dessus et qu’on se tape sur la gueule, c’est jouissif! On se court après, on fait des combats au ralenti, on se balance des chaussures par la tête. RAAAAAHHH!!!!! Tiens, Anne passe devant moi torse complètement nu. Elle pleure presque. Décadence, décadence...

J’imagine les petites madames avec les bijoux de famille de nos blondes nationales se balançant sous leurs yeux exorbités. Étrangement, la naïveté de ces blondes leur permet de faire à peu près n’importe quoi. Bon, ils sont nus, avec une perruque blonde sur la tête, et ils se permettent les pires niaiseries, MOI AUSSI, BON!!!!! Mais ça a l’air qu’avec une fille, c’est moins drôle. Prout

Après le spectacle, réception offerte par le festival. Dans le jardin du Palais des Papes! Non mais! J’ai plusieurs photos, c’était d’une beauté majestueuse! Prendre un petit verre de rosé dans cet endroit mythique, ça donne comme un petit feeling.

On s’est mis à faire les zouaves en prenant des photos de nos faces les plus laides. Pas besoin de grand’chose pour s’amuser, nous autres, un kodak pis une couple de grimaces! Carrier était en feu! Elle pissait à terre tellement elle riait! Entre les impressions que le public nous livre généreusement et la fatigue, se livrer à un tel étalage de clowneries fait un bien incroyable!
Je suis contente. Je retrouve le plaisir de me trouver sur scène, et je me rends compte à quel point elle me manque.

Après la soirée, je suis rentrée avec Anne, une danseuse et créatrice que j’admire beaucoup. Tout en cherchant notre chemin, elle m’a donné des conseils de nutrition pour avoir le plus d’énergie possible avant un spectacle. Manger 2 ou 3 heures avant des protéines. Pas de café ou de guru, qui donne de l’énergie « fake » pendant trop peu de temps. Un fruit sucré juste avant le spectacle, ou un jus. Des pâtes ça se digère lentement, donc il faut les prendre un peu plus tôt. Voilà pour les conseils nutritifs de la semaine!

Je me couche, je suis tellemzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz......

mardi 21 juillet 2009

Chronique historique : Sur le pont d’Avignon... l’on y danse pas pantoute, on prend des pictures!

La légende de St-Bénezet

Un jeune berger, du nom de Bénezet, descendit en 1177 des montagnes de l'Ardèche. Il se disait envoyé par Dieu pour construire un pont à Avignon. Au début, on le prit pour un fou, mais il avait entendu une voix venue du ciel lui dictant : "Bénezet, prend ta houlette et descends jusqu'en Avignon, la capitale du bord de l'eau : tu parlera aux habitants et tu leur diras qu'il faut construire un pont".

Un dimanche de fête, pendant que l'évêque d'Avignon donne sa bénédiction sur le parvis de Notre-Dame, Bénezet l'interpelle :

"Seigneur Evêque, je suis mandaté par le Tout-Puissant pour construire un pont sur le Rhône"...
Raillé par les Avignonnais, le berger est mis au défi par le prélat de charger une pierre énorme sur ses épaules et de la jeter dans le Rhône.

Bénezet n'hésite pas un instant, et sous le regard de la foule ébahie, soulève le bloc de pierre avant de le jeter dans l'eau, aidé dit-on depuis par une intervention divine, et même par des anges baignés d'une lumière dorée.

Bénézet et ses amis (qui s'unirent après sa mort en ordre religieux: les Frères pontifes) commencèrent la construction du pont Saint-Bénézet 1177. Le pont fut achevé en 1185. Il enjambait alors le Rhône sur environ 900 mètres et comportait 22 arches. Sur les 22 arches d'origine, il n'en reste que 4.

Ce pont, poste frontière entre l'État pontifical et le territoire de France, était l'un des seuls pour traverser le Rhône sur des kilomètres en amont et en aval, un bon moyen de collecter des taxes sous la forme d'un péage ou d'une aumône à Saint-Bénézet. Il a même été durant toute une période l'unique pont entre la ville de Lyon et la mer, ce qui en faisait alors un point de passage obligatoire pour de nombreux marchands, voyageurs, etc. Avant ce pont, on traversait ici le Rhône en barque.

La plus grande partie du pont était la propriété du roi qui l'a peu entretenu et suite à de fortes crues du Rhône, une première arche s'effondre en 1603, puis trois autres en 1605... toutes quatre rebâties vers 1628. En 1633, juste après la réouverture du pont, deux nouvelles arches s'effondrent. En 1669, une nouvelle crue du Rhône emporta plusieurs autres arches pour ne laisser pratiquement que celles qu'on lui connaît de nos jours.

4 heures du mat...après la générale/première

Bon, je suis un peu chipée... je viens de me claquer un gros kebab avec la gang pis la soirée fût FA-BU-LEUSE !

Note à moi-même; appeler mes parents demain parce qu’ils appellent mes amis pour avoir de mes nouvelles, pauvre eux. Je suis une fille ingrate.

La première s’est vraiment bien passée. Enrica a été extraordinaire, elle a tenu le public français par les couilles d’un bout à l’autre du spectacle. On avait une énergie à faire exploser les murs! On a cassé la baraque! Comme dis Daniel, on s’est mis la barre haute pour les prochains spectacles.

Le nombre de kodak et de caméra était assez stupéfiant. On ne s'est pas laissés influencer, mais disons que le bruit des clics faisait compétition au bruit des criquets comme c'est pas permis!

Les gars de la troupe sont tordants. Ils se surnomment tous « Papa » on entend juste ça en coulisse. Ils ont fait une job du tonnerre ce soir! La testostérone était au rendez-vous! Après le spectacle on a eu 4 rappels! Avec les pieds en plus! On était contents!

On a fait un léger détour par le bar du festival, champagne, rosé, on s’est pris les pieds là. En rentrant, Renaud était un tantinet décadent, il donnait des coups de pieds dans les pancartes qu’il croisait avec un grand sourire jusqu’aux oreilles...

J’ai une grosse prune sur le front.
Ai reçu un soulier à talon haut en pleine tronche pendant le show. Pas vu qu'il arrivait comme une fusée. Ça m'a sonné un peu, mais ne vous inquiétez pas, je suis toujours aussi wako.

On est rentrés cahin-caha fatigués, saoûls mais heureux. J’ai hâte à demain soir, on est reçus par le festival au Palais des Papes!

J’ai jamais été aussi nerveuse pour un show!

lundi 20 juillet 2009

Troisième journée - Toujours pas vu le pont!

Festival D’Avignon, quelques infos...

La mission du Festival est de présenter la création contemporaine française et étrangère en matière de théâtre et de danse, et plus largement des arts de la scène, en offrant chaque année une quarantaine de spectacles à un public toujours nombreux (autour de 100 000 entrées). Les représentations sont données dans une vingtaine de lieux non conventionnels à Avignon et aux alentours: des cloîtres, des églises, le célèbre Palais des Papes, une ancienne carrière de pierre, des gymnases...

Le Festival est composé de spectacles qui ont été choisis par la direction artistique. Depuis 2004, chaque édition est inventée avec la complicité d’un artiste associé pour tracer avec lui la carte d’un territoire artistique. Au-delà de ses propres créations, ce sont ses questionnements, ses pratiques, ses enthousiasmes qui inspirent librement l’ensemble de la programmation. Les artistes associés choisis par la direction artistique du Festival sont Thomas Ostermeier pour l’édition 2004, Jan Fabre pour 2005, Josef Nadj pour 2006, Frédéric Fisbach pour 2007, Valérie Dréville et Romeo Castellucci pour 2008 et Wajdi Mouawad pour 2009. Le programme ainsi élaboré est composé par une vingtaine d’équipes artistiques, dont l’œuvre, est éventuellement déployée dans le temps et l’espace du Festival, avec un ou plusieurs spectacles, mais aussi des lectures, des expositions, des films, des débats, qui sont autant d’entrées dans l’univers de ces artistes. C'est dire la part de risque prise chaque année, partagée avec les artistes. Il y a chaque soir au Festival, une ou plusieurs "premières", qui font qu’Avignon est un vrai lieu de créations et d’aventures pour les artistes comme pour les spectateurs.

Cette année, Wajdi Mouawad est l’artiste invité du Festival :

« Né au Liban en 1968, Wajdi Mouawad est contraint d’abandonner sa terre natale à l’âge de huit ans, pour cause de guerre civile. Débute une période d’exil qui le conduit d’abord en France. Une patrie d’adoption qu’il doit à son tour quitter en 1983, l’État lui refusant les papiers nécessaires à son maintien sur le territoire. De l’hexagone, il rejoint alors le Québec. C’est là qu’il fait ses études et obtient le diplôme de l’École nationale de théâtre du Canada. Acteur mais aussi auteur et metteur en scène, il crée très vite sa première compagnie, Théâtre Ô Parleur. Wajdi Mouawad a l’art de raconter les histoires. Littoral, Incendies et Forêts ont révélé ce dramaturge québécois au public français, conquis par le souffle épique de cette trilogie sur la guerre, l’exil et l’identité. Des thèmes qui lui tiennent particulièrement à coeur, lui qui, enfant, a dû quitter le Liban. Un déracinement qu’il transcende aujourd’hui par l’écriture, son premier ancrage. Dire le monde, le déployer, le dérouler telle une fresque offerte au regard, voilà ce que propose l’oeuvre de Wajdi Mouawad. « S’il n’y a pas d’histoire, il n’y a pas de théâtre », affirme-t-il. Ses pièces sont autant de récits brûlants portés par des acteurs incandescents. Un théâtre universel qui résonne comme une tragédie moderne. Une odyssée du temps présent qui nous entraîne aux sources mêmes de notre existence. Existence, un mot qui en arabe se dit Wajdi. »

Voilà pour les infos touristiques. La vérité est que e me sens un peu perdue à travers cette multitude de spectacles. Quoi voir avec si peu de temps? Il y a le « In-Avignon » avec ses spectacles de compagnies internationales. Et puis le « off-Avignon » qui pullule de créations, de n’importe quoi et de quecling-queclang dans les rues parce que toutes ces compagnies doivent faire leur propre publicité.

Je suis allée me promener un peu tout à l’heure, mais le soleil tape tellement fort que je suis rentrée au bout d’une heure. Je contemple le théâtre des Béliers, en face de ma fenêtre, et je réfléchis à la place que tiens le théâtre dans ma vie.

J’ai présenté un spectacle il n’y a pas longtemps au Festival Fringe, dont l’esprit festif ressemble un peu au « Off-Avignon », en moins gros, bien sûr, mais je me posais la question « à quoi ça sert tout ça? » Sans être défaitiste, parce que sinon je ne ferais pas de théâtre, je me demandais quel rôle tenais aujourd’hui le théâtre dans nos vies.

« Ne pas se rendre au théâtre, c'est comme faire sa toilette sans miroir. » Arthur Schopenhauer

Le théâtre est pour moi une fenêtre sur le monde et un reflet de nous-même à la puissance dix. C'est une façon de questionner le monde et d'entrer en contact avec ce monde.

Bref, mon spectacle étais tout court, sans prétention autre que celle de tremper mon orteil dans le monde de la mise en scène. Une recherche sur fond de relations humaines. Ça me préoccupe, le fait qu’on devienne de plus en plus individualistes, qu’au lieu de s’appuyer les uns sur les autres, on cherche la satisfaction personnelle à travers les richesses, le pouvoir, le contrôle, la célébrité.

Le théâtre pour moi ne peut pas être complaisant ou purement divertissant. Il doit interroger, bousculer. J’apprends à mettre une parole de l’avant, à me casser la gueule s’il le faut pour apprendre, mais j’apprends.

Et je pense sincèrement que l’art de faire du théâtre relève du sport extrême parce que c’est un difficile équilibre entre la clarté du sens, la force du récit et l’humanité des personnages. C’est pourquoi j’admire tous ces artistes qui se mettent la tête sur la buche pour présenter des spectacles dans le plus grand festival d’Europe, même s’ils ne font pas une cenne. Même si c’est « pô bon ».

C’est sûr qu’il y a une maudite limite à présenter n’importe quoi. Je vous le concède. Mais tant que le but visé est assumé, pour moi c’est méritable.

Ce soir c’est notre avant-première. 2 rangées de journalistes aux premiers rangs. Brrrrrr.... Nervosité... nervosité. Mes mollets sont prêts.

dimanche 19 juillet 2009

Avignon - Deuxième journée

Bilan de cette deuxième journée en terre Avignonaise... Fabuleuse ville et merveilleux soleil!

On est assailli par les chauds rayons depuis hier, ce qui atténue un peu le vert de nos face de "j'ai-vingt-heures-de-transport-dans-le-toupet-ciboire".

Tradition tenue; un repas italien pour débuter cette belle tournée!

Le théâtre où on joue est extraordinaire; c'est la cour extérieure d'un ancien cloître. Le cloître des Célestins. Il y a 4 grandes arches de pierre sur scène et deux arbres immenses.

Deux belles rencontres; Emmanuel Schwatrz, que nous avons croisé sur une place publique en arrivant, et qui a fait le bonheur du public dans le spectacle "Le sang des promesses" et ma copine Pascale Joubert, croisée par hasard avec sa maman. Faut bien venir jusqu'ici...

Grosse journée de répétition, demain soir c'est la générale qui prend des allures d'avant-première parce que c'est plein déjà. Donc on investi le lieu, on arrange les déplacements, les détails techniques, on répète les chorégraphie... ON EST NERVEUX!!! C'est gros Avignon, et on est chanceux, on y entre par la grande porte! Le "In-Avignon": une soixantaine de spectacles. Le "off-Avignon": 960 spectacles!!!

Daniel nous donne des notes sur la répétition, il vise juste, encore une fois. Yé hot, ce mec!

Il est 3 heures du mat, je posterai plus de détails demain. La matante bientôt trentenaire va allonger ses grands'pattes dans son lit en rêvant à une slush "poussin écrasé".

Chronique d'aéroport #2 - 18 juillet 2009 - 00h53 (7h53 en heure suissienne)

Je suis à Zurich les deux yeux dans le même trou de fromage. Pleins de beaux souvenirs de tournées précédentes dans cet aéroport. Alexis qui fait le clown (surprenant?). L’attente interminable d’un vol qui ne semblait jamais venir. Un voyage avec un ancien amoureux.... Les Knies, célèbre famille dont des générations se sont consacré à l’art du cirque. Les macarons La Durée, le chocolat, ça, mon bedon s’en rappelle!

Ici, il fait gris. Comme un sentiment de « déjà vu »... Montréal, sors de ce pays!!!
Je veux du soleil pour parfaire mon bronzage tout croche dû au vélo qui me fait ressembler à de la crème glacée napolitaine.

Le vol de Montréal à ici a été plus que relax. J’aurais pris quelques loops de plus. Le Suisse (l’humain, pas l’écureuil) assis à côté de moi m’a montré le soleil de minuit quand on a atteint un certain point directement sous le Groenland. Magnifique. Un couché/levé de soleil hallucinant suspendu dans le temps.

Je me délecte de chaque minute passée toute seule. J’éprouve une étrange satisfaction à voyager by my own. Comme si je me prouvais que je pouvais me débrouiller n’importe où dans le monde... EH HO on s’entend, ce n’est pas la Mongolie ou le Cameroun, ici. On n’est pas vrrrraiment dépaysé, tsé. Tant que je vois des Mcdo pis des duty free je suis dans la sauvage jungle civilisée qui m’est familière. Je ressens de plus en plus le besoin de partir toute seule, un beau jour. De prendre le minimum dans un sac à dos et d’aller voir ailleurs si j’y suis. Genre un séchoir à cheveux et un toaster. That’s it. De prendre le premier chameau qui passe et de suivre le chemin vers l’horizon comme le célèbre cow boy.

« I’m a poor lonesome actress, I’m a long long way from the plateau... »

Tsé.

Tantôt vol Zurich-Lyon, puis le train jusqu’à Avignon où je vais m’encastrer dans un lit. J’espère voir ma copine Anne, qui habite Annecy et qui doit passer la semaine à Avignon.

J’irai danser sur le pont pour vous, mes amis...

Chronique d'aéroport #1 - 17 juillet 2009 - Montréal-Zurich

Bienvenue sur Air Beaudry, le vol direct pour suivre les aventures d’une bande de « mésadaptés sociaux », pour reprendre les termes de Benoit, notre technicien de son, en tournée avec les spectacles de Dave St-Pierre.

Nous vivons quelque chose d’assez extraordinaire en ce moment, nous avons paqueté nos p’tits pour aller montrer nos fesses au public d’Avignon. Le Festival de théâtre d’Avignon est un des festivals de théâtre les plus reconnus AU MONDE!!! Nous allons donc leur montrer avec bonheur de quel bois on se chauffe. Les Québécois sont à l’honneur cette année, sous la présidence d'honneur de Wajdi Mouawad, nous sommes représentés par Denis Marleau, Wajdi et plusieurs autres.

J’ai hâte d’y être, il y a des spectacles a toute heure du jour et de la nuit, et la ville est complètement tapissée d’affiches de spectacles, m’a t-on dit.

Il fait 35 degrés le jour, entre 12 et 15 degrés la nuit à cause du Mistral, un vent froid qui souffle et s’incruste partout où il passe. Juste pour vous dire à quel point je reviendrai avec une peau raffermie au max, on joue à 22h. Dans l’eau frette. Tu nus... Yo, les potes, je capote!

Je suis écrasée dans le PET de Montréal. J’attends mon embarquement. La fille à côté de moi se goinfre de biscuits Félix et Norton. Un membre différent de a famille m’appelle toutes les cinq minutes pour me souhaiter bon voyage. C’est toujours réconfortant de savoir qu’ils s’inquiètent de moi. La prochaine fois que je reviens je prends une photo de comment se passe les retours chez les Beaudry, c’est quelque chose, je vous le garanti.

Les autres cocos de ma gang sont encore de « l’autre bord » parce que leur vol à eux est un peu plus tard. Moi e prends Swiss Airlines, eux prennent Air France ou Air Cadenas. Tout ça parce que je reviens plus tard que tout le monde!

OUIIIII!!!!! Je prends un gros 10 jours de vacances avec ma COUZE Andrée-Anne à Barcelone. C’est son baptême de voyage. J’ai hâte de me prélasser sur les plages Espagnoles!!!! RA RA RA ARRRRIIIIIBA!!!!!

Ensuite, mystère... Je continue ma route, mais qui sait où... je déciderai en cours de route! Peux pas toute vous donner tu suite, les cocos...

Bon, je distrais l’attention de la madame aux biscuits pour lui en piquer une couple et je vous reviens la bouche pleine!!!!

Chronique de (mal des) transports #10 - 16 décembre 2008 - Vanves - Paris - Zurich - Montréal

Le grand voyage de retour est toujours très spécial pour moi. C’est un petit deuil à chaque fois que de laisser des semaines d’émotions fortes derrières moi. Et puis c’est toujours plus long qu’à l’aller. Physiquement, nus avons les vents face à l’avion, ce qui ralenti le vol, puis mentalement, on dirait que la longueur du vol est inversement proportionnel à notre envie d’arrivée.

Cette fois-ci, nous prenons Swiss Airlines. Nous passons donc obligatoirement par Zurich à partir de Paris.

Ça fait toujours plaisir de savoir que quelqu’un que je connais va venir me cueillir à l’aéroport. Ma mère n’a jamais manqué à l’appel. Pas une seule fois. C’est rassurant de voir son visage après ce long voyage. Je lâche prise, en sa présence, je me laisse dorloter. Et puis on a toujours cette tradition d’aller manger une bonne poutine à mon retour. Et de plus en plus, j‘arrive à dormir dans l’avion, alors de plus en plus de bonne humeur... hi hi.

J’ai malheureusement peu de photos sur ce dernier pan de notre voyage, parce que mon appareil a manqué de piles (et non, je ne l’ai pas perdu à nouveau).

Alors voilà. Je vois l’étendu infini de l’océan, les plaines enneigées du Labrador, le fleuve glacé, puis, peu à peu, des villes. Le Stade Olympique. Les immeubles. La piste. Atterrissage. On sort tous rapidement, c’est chacun pour soi à partir d’ici. On veut juste rentrer. Passer aux douanes. Eeeeeeh que le monde est fin ici! Prends ma valise, garde mes oeillères bien ajustées. Quelques « au revoir » rapide. Puis, ma maman, les pleurs de joie, la sortie, l’air, Montréal, une poutine, la maison.

Décompte des bleus : 28 (ouch)

Décompte des livres gagnées : 5

Décompte des souvenirs inoubliables : trop pour pouvoir les compter

Décompte des moutons avant de m’endormir : 1 et demzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

Pour le reste, il y a visa.

Vanves take two - 13 décembre 2008

En bref, notre dernière épopée à Vanves a été beaucoup plus relax que la première. D’abord on a changé d’hotel et de quartier. La chambre est plus vaste et on est les seuls êtres vivants dedans. Pas de bestioles, pas de moisissures. Mais des créatures au comptoir d’accueil bêtes comme leur pieds. Sympathiques. Ils gèrent mal un groupe de 20 personnes exténués qui veulent juste aller se coucher.

Les fuites d’air et le chauffage au théâtre ont été réparés, après vingt ans de mauvais fonctionnement. Ça prenait une gang de chialeux pour changer ça? Bon, bon.

On fait une visite éclair de Montmartre sous les flocons gros comme mon nez, et ensuite on file vers Notre-Dame, qui m’impressionne toujours autant! Visite éclair dans la cathédrale dont l’année du début de sa construction est 1163. Je ne peux pas vous la décrire, c’est trop impressionnant. On est assailli par l’immensité et l’histoire dans ces lieux mythiques. On revient tranquillement vers l’hotel en s’emparant d’un sandwich jambon-beurre au passage, grande dernière ce soir avant le retour au bercail.

Quelques beaux souvenirs de dernière en rafale;

William, le petit garçon de Julie, a fait un jogging avec moi pendant presque UNE DEMI-HEURE!!! Il est déjà trop grand pour entrer dans ma valise, mais je le volerais bien, ce petit crouton!

La belle soirée organisée par les gens du théâtre de Vanves, les étoiles dans leurs yeux, les groupies, les larmes, les rires, la fatigue mêlée à la joie d’être passé à travers...

Pis pour couronner le tout, moi et un Simin on décide de revenir à pieds à l’hotel après le party, on feel wild. Ben ciboire, on s’est perdus!

On se disait « ça va nous prendre une heure, gros max! » Mon oeil, oui! L’heure s’est étirée longtemps!!!! On a marché marché, à ce compte-à on aurait été aussi bien de se rendre directement à l’aéroport, ça aurait été moins long!

Parce que c’était retour au bercail dès le lendemain matin. Enfin. Déjà.

Chronique de (mal des) transports #9 - 13 décembre 2008 - Bruges - Vanves

Une fois de plus hier soir j‘ai égaré mon appareil-photo quelque part au resto grec. C’est la !#%*&!!! de troisième fois que ça m’arrive durant ce !@&&?*$\!!!!! de voyage... Je fais mes valises en maudissant les dieux et en me tapant la tête dans le mur. Puis e me rappelle la résistance précaire dudit mur, et avant de pouvoir dire bonjour à Georges sans même avoir à ouvrir la porte, je cesse de me faire violence envers moi-même, et je pars à la recherche de mon !#?$***!!! d’appareil-photo.

En sortant de la chambre avec ma valise qui pèse trois tonnes, je croise Zin zin qui me dis que quelqu’un a ramassé mon appareil mais il ne se rappelle plus qui. Bon, c’est touours ça de gagné. Je descends déjeuner. On a tous notre gueule de « C’était-la-dernière-hier-pis-c’pas-grave-aujourd’hui-si-j’ai-l’air-que-j’ai-pass-kanyway-on-voyage-aaaaah-pis-haaannnn! » Gooood, une autre joyeuse journée de transport nolisé pour la compagnie Dave St-Pierre! Évidemment, il fait beau! Jusqu’à maintenant, les seules journées où il a fait beau sont celles où on voyageait, alors, quoi, fallait s’y attendre!

Bon, d’abord, re-taxi, re-paquetage de tas de valises de façon aérodynamique s’il-vous-plaît! Retour à la gare. Bon, armement des tobogans, vérification de la porte opposée, tout le monde a l’essentiel? Oui? Julie a William, Gaetan a sa bière, pis Alex a ses lunettes, tout va bien.

On remonte dans le train. Quatre heures environ.

Pis là, la chose se produit. Nous sommes 6 environ en première classe, le reste de la trouppe est en 2ème classe. Il ne restait tout simplement plus assez de place en 2ème pour tout le monde. Pis on nous sert un délicieux repas avec poisson, vin, dessert, digestif... Pis on bouffe en se disant que c’est le même traitement pour tout le monde. Ben non! Oh, injustice sociale, le sort a tranché en nous plaçant en première classe. Il n’y a que nous qui avons eu droit à ce traitement. On se sentais un peu « les bourgeois contre-attaquent » quand on est sortis du train pis qu’on s’est aperçus que les autres n’avaient pas mangé. On a goûté à l’amère injustice entre les classes. Mais c’était nous les méchants. Nous qui passons notre temps à critiquer ceux qui osent péter plus haut que le trou au profit des autres. La bouche pleine de saumon fumé. Ha ha.

On arrive à l’hôtel en recrachant notre diner dans la bouche de ceux qui n’ont rien eu.

Bon, les gens du festival ne nous ont pas mis dans le même hôtel que lors de notre premier séjour. On est au Ibis dans Montparnasse. On arrive à l’hôtel, et je dois vous dire qu’on nous attend de pied ferme; notre réservation a été annulée... « Non, mais c’est sous quel nom?... Ah, mais non, ce n’est pas annulé, ça n’a juste pas été payé, tout le monde doit payer... ah bon, le festival va passer payer?... Mais qu’est-ce qu’ils sont chiants ces québécois! » Bon, j’exagère à peine. Re-bienvenue à Paris!!! On commence à s’y faire, pis une fois l’enregistrement fait, après, tout va bien. Mais il manque toujours un taxi à l’appel...

Il nous manque Daniel, Alexandre, et Simon-Xavier.

Brrrrr.

Comment une impression de « déjà vu », me direz-vous?

Alors on attend, on attend.

La fébrilité monte d’un cran.

Nouveau mouvement haineux dans les sourcils du préposé.

Puis, au bout d’une demi-heure, on aperçoit nos trois ti gars entrer dans l’hôtel. Ben simonac, Alexandre, Simin et Daniel ont eu un accident ave leur taxi! Le chauffeur a accroché une autre voiture. Et évidemment, une engueulade en règles a suivi. Faut que je demande à Alex de me refiler la vidéo, c’est trop drôle! Leur taxi est rentré dans le derrière d’un camion, engueulade, attente, tites tapes de niaiseux. Finalement ils ont pris leurs affaires et ont arrivés à pieds mouillés parce que, évidemment, il pleuvait à boire debout! Ils trouvaient leur aventure très drôle. J’admire leur esprit zen. Moi les taxis, pu capab’ !

Une seule envie; bouffe, douche, dodo. Ah puis, tiens, chanter « Heureux d’un printemps » à tue-tête, juste pour le fun.

Suite de la tournée automne 2008 - Bruges

OK, j'ai été vraiment paresseuse en ne publiant pas la fin de la tournée 2008 et les photos qui vont avec les récits. Voilà, voilà, amis, je me rattrape. en rafale, voisi ce que j'avais écrit à l'automne dernier, sans modif.

Bruges, Belgique – 11 décembre 2008

Nous arrivons à Bruges à la gare et nous sommes immédiatement accueillie par la jolie responsable du festival, qui nous attend avec des mini-bus exprès pour nous!!! Parle-moi de ça un festival organisé! Pas pour chialer là... mais c’est rare.

Première vision étrange de cette ville à l’architecture supposément magnifique; une mer de vélo et un champ de grues. Vu que je suis rendue une véritable petite kid-kodak, Éric rit un peu de moi parce que j’en prend quelques photos. Quoi, c’est pas une image poétique ça? Un amas de métal dans une ville archi-romantique?

On arrive à l’hôtel, certains ont des chambres, certains ont carrément des appartements, et Enrica et moi on attrape le « jack-pot »; une chambre voisine du hall d’entrée et de la chambre de notre maître-ronfleur; Georges en personne! Comme on supporte de moins en moins le manque de sommeil et les aléas de la tournée, je me magasine un petit coin dans un des appartements et Péterick pis Zinzin sont assez gentils pour me donner une petite place sur leur tapis d’entrée.

On fait un tour sur la place publique, où il y a un grand marché de Noël avec cossins de Noël, patentes de Noël et truc-machin-chouette de Noël qu’on trouverait chez Dollarama sont à vendre pour un prix de fou. Il y a une patinoire! En voyant l’état de la glace et de ses patineurs, on se rend compte qu’au Québec, on a ça dans le sang, le pétin!

On voulait aller patiner, une journée, à Bruges. Sur la place publique, petite patinoire sympathique. Lieu de « cruise » par excellence pour les jeunes. La veille, on est une petite gang à se donner rendez-vous pour le lendemain.

C’est là que j’apprends que Daniel a fait du patinage artistique pendant des années. J’ai vraiment hâte de la voir sur la glace!

Alors je me pointe là... vers, quoi, midi? Bon c’est un peu tôt pour les joyeux lurons fêtards que nous sommes, mais je me promène un peu autour en attendant. La glace est très ordiniaire, pas de zamboni, un pouce de slush à la surface, mmmmm, ça va être agréable!

Sur la glace, une jolie blonde aux yeux bleus s’accroche désespérément à son chevalier pour ne pas s’écraser le popotin sur la glace. Il a fier allure au bras de sa belle, lui! Je ne vois personne que je connais à l’horizon. Ils ont tous restés couchés ou quoi? Je me promène un peu autour. Il fait encore froid et humide. Je reviens à nouveau vers la patinoire. Personne.

Bon. Bonbonbonbobon. La blonde et ses grandes dents sont toujours là. Pendue au cou de son chéri. Je suis sûre qu’elle fait semblant de ne pas être bonne. Lui se sent beaucoup plus viril à lui montrer des trucs de pétins.

Où sont-ils?

Tout le monde s’est dit que personne n’allait se sortir du lit pour affronter le frette pis montrer à ces Flamands qui étaient les « kings » de la patinoire? Est-ce qu’il y a juste moi de complètement capotée?

La cr... de blonde fait splasher la blancheur de ses dents au soleil... oups, hahaha chéri j’ai failli tomber! Je vais lui faire une jambette à la blondasse « over-poche » qui surjoue son rôle de minette épouvantée. Elle serait excellente dans un film d’épouvante. Tache à souhait.
Bon, loin de moi l’idée de faire la control-freak, mais me semble que quand on est une gang à se donner rendez-vous, il devrait y en avoir au moins 1 ou 2 qui se pointent, non? Ou bien tout le monde s’est dit que tout le monde allait y être donc ils n’avaient pas besoin d’y être... Après être retournée quelques fois près de la patinoire, je fais ce que j’ai décidé de faire dans ce genre de situation en tournée; je lâche prise. Ils ne sont pas venus? Tant pis. Est-ce que je suis choquée? Pantoute! La madame elle a eu une belle promenade, et un beau spectacle de pétin grâce à Bambi on ice et son amoureux transit.

Ici, je vous dévoile un truc qui révolutionnera complètement votre façon de voir le concept « souvenir » en voyage. Quand vous rapportez des gugusses à vos familles en leur disant « ça, ça vient de France, d’Allemagne, de Hongrie... » ça fait toujours bien. Sauf que dans un monde d’artiste, où les « per diem » ne sont pas énormes et où on voudrait quand même rapporter des petits produits pour nos proches, où est le meilleur endroit pour faire des petites trouvailles?
Je vous donne 3 chances.

Dans les magasins de touristes? Naaaaaan. On se fait avoir à tout coup.

À l’aéroport? Non, ça c’est pour les maris qui ont oublié d’acheter une cochonnerie à madame et ses rejetons.

L’endroit par excellence où se procurer des vins, des produits et des cadeaux pas chers à rapporter, c’est à l’épicerie! On trouve de tout et c’est moitié moins cher que dans les attrappe-touristes. J’ai déniché un Saint-Émilion et un Châteauneuf-du-Pape pour 15 euros chacun, tout de même. Des vins qu’on ne payerait pas moins de 60$ à la SAQ. Je me procure des chocolats, des bonbons pour mes neveux, des pâtés et des fromages pour le temps des fêtes. Maintenant, vous êtes dans le secret! L’art d’économiser pour pouvoir s’acheter quelques fringues!
Le théâtre de Bruges est à l’image de la ville; magnifique. Je trouve quand même étrange de présenter un spectacle de danse contemporaine dans un théâtre d’une telle magnificence. C’est un opéra qui recelle des dorures partout où on pose les yeux. Il y a 4 étages de balcons, un lustre qui n’entrerait même pas dans mon salon, une scène parée de mille et une fioritures.
Dernière journée. On se la coule douce? Je vis tout le temps avec un étrange sentiment de culpabilité de ne pas avoir assez vu la ville où je me trouve. Je me garroche donc à l’extérieur pour gérer ma conscience et la tranquilliser. Il mouille comme une comédienne qui braille. Merde. Solution? Parapluie. Bas de pantalons tout trempes, de la marde, je pars à l’aventure au pays des chiens mouillés. De la dentelle, des frites, des cafés, la patinoire avec des patineux qui avancent pas mais qui frenchent en masse. Re-dentelle, un canal trop romantique avec des vignes tout autour! C’est magnifique, mais le pipi de Jésus me tombe toujours dessus. Je me réfugie dans un coffee-shop relax. Je bois espresso par-dessus espresso, je suis à la veille de me mâcher les gencives et je ressemble de plus en plus à une sécheuse atteinte de parkinson. Beaudry, la touriste ratée.

Après le dernier spectacle, Georges, notre agent, nous propose une soirée dans un resto Grec. OK, j’aime le feta pis les feuilles de vigne. Allons-y pour la casa Grecque façon Belge.
On arrive là, déjà bien « gerlos » à cause du verre de dernière. Et Julie Perron nous donne des morceaux de plâtres étranges qu’elle a trouvés au sol... mystère. On bouffe, on rit, on jase. Georges est plus qu’heureux de nous faire découvrir un peu de sa culture. Puis tout à coup, on se croirait en pleine chicane de ménage, une serveuse s’avance au beau milieu de la place et lance une assiette au sol. OK! Je comprends l’origine des mystérieux morceaux de plâtre... Mais bon, la madame elle a pas l’air fâchée, faque je met ça sur le compte de la tradition! Pis c’est là que le party pogne pour vrai! Les serveurs, qui étaient auparavant assez austhères, se mettent à danser, mais à danser! Quelle prestance! Tandis que l’un de ces gaillards danse debout sur une chaise en frappant du pied et des mains, ses collègues se placent autour de lui, un genou au sol, et l’applaudissent. De toute beauté! Une fois que tout les serveurs sont passés sur la chaise, ils se font un devoir d’y faire grimper chacune des dames de la salle.

J’avoue que là je commence à avoir chaud. D’abord parce qu’il fait vraiment chaud. Pis que je suis un peu chaude... Alors moi, debout sur une tite chaise, danser?

Euuuuuh... J’appréhende le drame, la chute, l’hôpital, l’orgueil massacré au son de la Zorba.
Alors je m’élance. Aussi bien en finir tout de suite, simonac! Tout de suit après Émilie, on me fait monter sur la chaise qui avait dont l’air plus grosse tantôt. Je bouge un peu, je shake par-ci, par-là. Je tente un continental version lilliputienne. Et avant de m’écrouler la face dans la Tzatziki, je me jette dans les premiers bras que j’accroche. Un serveur grec avec un air sérieux et solennel. Je me sens soudainement très importante, emmène-moi, beau serveur grec! Il me rassoit sur ma chaise, mal assurée que je suis, et je m’envoie une rasade de vinaigre balsamique pour me remettre de mes émotions.

Devinez quoi? Ben oui, j’ai encore oublié mon appareil photo au resto! Je ne m’en suis apperçue que le lendemain matin, quand Luche me l’a redonné. Watch out les photos, ils en ont pris 456! Chaque seconde de leur marche de retour est immortalisée sur mon précieux petit preneur de souvenirs. Karina sur un bicycle. Robidoux sur un bicycle. Luche sur un bicycle. La poche de Luche. Des cossins dans un dépanneur. Tiens, j’en poste quelques unes qui sont trop drôles!

Des fois on jurerait que je fais exprès. Hé hé hé...