samedi 31 janvier 2009
Chronique de transport #7 - Vanves - Bruges
Tout le monde est un peu nerveux avant de monter dans les taxis. Je suis sûre que personne ne veut monter à bord du même que Manu, Katia et moi par crainte de subir encore une fois une aventure taxidermiste... La vilaine fée des taxis nous aurait-elle maudit? Bon, pour rassurer tout ce beau monde totalement sain d’esprit, on décide de se séparer pour conjurer le mauvais sort. Je prends donc la même voiture que Daniel et Alex, en me disant que si on se perd à nouveau, au moins j’aurai droit à quelques bons gags. Finalement, c’était presque plate tellement il ne s’est rien passé.
Dave, le soundman, a failli se faire piquer son billet de train à la gare par un gars qui voulait le composter (le faire valider) pour lui (Ouais ouais, lâches-ça mon champion, non, mais donne-moi ça! DONNE!), mais c’est tout pour le anecdotes juteuses... Meilleure chance la prochaine fois!
Dans le train. On regarde par la fenêtre. Ouuuuh que mon corps a mal.
Décompte de l’hécatombe anatomique; 13 bleus.
Je ne vous dis pas qui les a compté. Nananananèèèèèère!
Chronique historique #7 Vanves
En 1860, la réforme du Préfet Haussmann annexe dans l'actuel 15e arrondissement de Paris toute une partie du territoire de Vanves. Quelques années après, la scission du territoire communal introduite par la voie ferrée de la gare de Paris-Montparnasse aboutit à une nouvelle division de la commune désormais séparée de Malakoff.
L'actuelle ville du Sud parisien, de taille moyenne, représentait donc autrefois un vaste territoire rural.
Le nom de la ville viendrait du mot celte Venna, qui signifie barrage à poisson.[2]
Monuments de la ville;- Vestiges gallo-romains avec la découverte d'une vaste galerie périphérique du IIe ou IIIe siècle de notre ère.[3]
- Église Saint-Rémy, inscrite à l'inventaire des monuments historiques. Elle est construite en style gothique flamboyant, et a été consacrée en 1449. Elle comprend une nef terminée par un chœur à 3 pans. Une partie de cette nef fut construite au XIXe siècle, à cette époque ont été rajoutées des fresques peintes. Le clocher, suite aux destructions de la guerre 1870/1871, fut relevé en 1874. Une rénovation de l'intérieur de l'église est commencée au milieu de l'année 2006.
- Le château de Vanves ou château de Claude Lebas de Montargis, bâti en 1698 par Jules Hardouin-Mansart l'administration du célèbre Lycée Michelet.
Cette résidence fut acquise en 1717 par l'un des plus puissants personnages du royaume : Louis IV Henri de Bourbon-Condé, prince de Condé.
Le Théâtre de Vanves accueille depuis 1997, le Festival Ardanthé, (c'est le festival auquel on participe) rendez-vous de danse contemporaine, visant à accompagner de nouvelles compagnies et à populariser la danse.
Vanves part 2
Le soir de la générale, on a eu droit au premier petit froid de la tournée, et là je ne parle pas de la température du théâtre. Tout d’abord, nos répétitions générales sont surtout prétextes à faire une mise en place précise, mais on lâche notre fou, ça fait tomber la pression et ça soude le groupe. Habituellement personne n’assiste à la répétition. Ce soir, il y avait environ une dizaine de personnes dans la salle. Surprise! On n’en fait pas trop de cas, on agit comme à notre habitude, concentrés mais un peu cabotins. Après la répétition, quand Daniel nous donne ses commentaires, on sent comme un malaise. Daniel est un peu sec, Georges nous sert un de ses grands discours enflammés, et tout le monde semble être sur les dents. Est-ce que j’en ai raté une moi là? On était en représentation ce soir et je ne le savais pas?
L’affaire c’est que des fois il y a des gens impoooooortant qui viennent nous voir et qu’il faut être vraiiiiiiiiiiment bons. C’est presque insultant, comme si on n’était pas bons la majorité du temps! Dieu sait qu’on donne toujours notre maximum, monsieur! Alors c’était ça, le grand vent glacial qui flottait dans les yeux de tout le monde. Le big boss a mis de la pression sur ses subalternes, qui nous l‘on transmis. On ne comprenait rien de ce qui se passait.
Soit dit en passant, la pression est une chose avec laquelle il faut composer. Il fat la transformer en énergie positive et ne pas se laisser influencer par ça. Les gens du théâtre sont super accueillants avec nous, il y avait un buffet et des soirées après chaque spectacle et le directeur était super content de nous avoir. Comme quoi, ça n’a pas servi à grand chose de paniquer, puisque nous avons donné de super bons spectacles, malgré la salle minuscule et la température frôlant celle de l’ère glaciaire.
Mais bon, je me console en me disant que ma jolie chambre remplie de moisissures m’attend.
jeudi 29 janvier 2009
Vanves part 1
Je suis en colocation avec Katia. J’avais hâte de la retrouver, celle-là. Nos longues conversations sur tout, sur sa vie, sur la mienne, sur nos expériences me manquaient. On fait un saut au marché, on ramasse de l’humus, un pain maison, quelques légumes et hop! Retour à la chambre. On est un vieux couple, ma foi! On se fait une petite soirée dans la chambre pendant que le reste de la gang est partie au centre. Moi, j’ai eu bien assez d’émotions pour la journée.
Le lendemain, on est en congé. Enrica et moi on se propose de faire un saut aux galeries Lafayette pour faire un brin de shopping de Noël. Avant, Daniel nous entraine dans un magasin de thé qui s’appelle la maison Mariages et frères. MMMMMMMM! L’amateure de thés en moi salive de convoitise! Les gens qui y travaillent sont en smoking, du genre assez impressionnant, mais pas du tout pincé. Il y a des casiers remplis de thés du plancher au plafond. J’ai la tête qui tourne. J’ai l’impression d’être une alcoolique finie dans une SAQ! Les autres doivent presque me tirer dehors de force. Je prends 2 variétés de thé, un thé vert aromatisé à la vanille sencha, et un thé vert à la fleur bleue. Et puis tiens; un gâteau gingembre thé vert. Ce qui contient du thé ne peut qu’être bon pour la santé!
Voici un petit article wikipédia très intéressant sur cette grande maison de thé que je ne connaissais pas :
Mariage Frères, la plus ancienne maison de thé de France, est la première marque mondiale de luxe dans le monde du thé.
Créée à Paris il y a plus de 150 ans, sa griffe est aujourd’hui présente dans plus de 60 pays, chez plus de 1 000 revendeurs sélectionnés à New York, Los Angeles, Saint-Pétersbourg ou Sydney, Singapour, Shanghai, mais aussi dans les grands palaces, tels le Ritz à Paris, le Claridge’s de Londres, le Mamounia de Marrakech, et désormais au légendaire Oriental Hotel de Bangkok - ou encore sur les menus de la 1re classe de la Japan Airlines. Ah oui, à Montréal on n'en trouve que chez Holt Renfrew... snob non?
Mariage Frères possède quatre maisons de thé à Paris et quatre au Japon : à Tokyo (Ginza et Shinjuku), Kyoto et Kobe. Réputés au Japon comme la haute couture du thé - précieux, inventifs, exclusifs -, ses produits y sont depuis plusieurs années considérés comme le must en matière de goût et de présentation. Ses établissements sont fréquentés par la jet set la plus internationale – Madonna et Claudia Schiffer, Andy McDowell, Kylie Minogue, Gwyneth Paltrow, Elton John, Hugh Grant, Olivier Martinez, Francis Ford Coppola, Colin Firth, Peter Gabriel, John Galliano ou les célèbres actrices françaises Isabelle Adjani, Arielle Dombasle et Sophie Marceau ou encore Zinedine Zidane.
La carte des thés de Mariage Frères est la plus vaste de la planète : elle regroupe 540 références de 34 pays producteurs et toutes les familles de thés (thé blanc, thé jaune, thé vert, thé bleu, thé noir, thé mûr, thé compressé, thé façonné, thé rouge, thé parfumé).
Composé comme les plus grandes caves de vins, elle comporte les crus les plus exceptionnels, des productions uniques et raffinées, que les amateurs choisissent pour les moments les plus rares. Mariage Frères est aussi un expert reconnu dans la composition des « blends ». Ses mélanges, exécutés comme dans la tradition des parfums savants et secrets, sont l’empreinte de son savoir-faire depuis de nombreuses générations.
La maison Mariage Frères ne se consacrait initialement qu'au négoce du thé, avant son rachat à la fin des années 1970. La compagnie lance alors une politique de diversification de ses activités qui débouche sur l'ouverture d'une première Maison de thé pour le grand public près du Centre Georges Pompidou, transférée dans les bureaux historiques du 30 rue du Bourg Tibourg, dans le quartier du Marais.
Vers 1660, la Compagnie des Indes et Louis XIV désignent Nicolas Mariage, voyageur et grand connaisseur de la Perse et des Indes Orientales pour la ratification d'un traité de commerce avec le Shah de Perse. À la même époque, son frère, Pierre Mariage, est envoyé particulier à Madagascar pour cette compagnie. Un de leurs descendants, Jean-François Mariage, dirige un siècle plus tard un négoce de thé, d'épices et autres denrées coloniales à Lille. Ses trois fils, Aimé, Charles, Auguste et Louis sont associés vers 1820 à l'affaire familiale.
Aimé et Auguste créent en 1845 "Auguste Mariage et Compagnie", rue du Bourg-Tibourg à Paris. En 1854, les fils d'Aimé, Henri et Édouard, recentrent l'activité sur le thé, devenant le premier importateur français de thé. Leur renommée grandit au cours des années, Mariage Frères devenant le plus important fournisseur en thé des salons, hôtels et épiceries de la haute société parisienne du Second Empire.
La compagnie entretient alors des liens étroits avec les comptoirs les plus reculés de Ceylan, Formose ou de Chine, ce qui lui garantit l'unicité et l'excellence de ses produits, sélectionnés dès la récolte par les nombreux voyageurs de commerce employés par la compagnie. Les thés sont acheminés par un clipper rapide, l'Alexandra Néel.
En 1983, la petite fille d'Henri Mariage, Marthe, prit sous ses ailes deux jeunes passionnés. Kitti Cha Sangmanee et Richard Bueno vont peu à peu découvrir tous les secrets du thé et ouvriront la maison au commerce de détail. La première des boutiques Mariage Frères destinée au grand public est ainsi ouverte dans l'entrepôt du 3 bis rue du Cloître Saint-Merry, à Paris. Elle sera, par la suite, transférée dans les bureaux historiques de la compagnie, au 30 rue du Bourg Tibourg.
Un nombre important de références de thés, de produits dérivés (biscuits, pâtisseries, chocolats, accessoires), de services (salon de thé, gastronomie créative) assure le succès, qui conduit à l'ouverture de trois nouvelles boutiques à Paris : Rive Gauche en 1990, située au 13, rue des grands Augustins, Faubourg Saint-Honoré en 1997 et, fin 2008, au 17, place de la Madeleine. Un magasin spécialisé dans les thés français est ouvert en 1999, rue du Bourg Tibourg, en face de la maison mère, complété par des comptoirs commerciaux dans les grands magasins (au Lafayette Maison, au Printemps, au Bon Marché et à la Samaritaine, notamment). Le succès auprès de la clientèle asiatique débouche sur l'ouverture de quinze maisons de thé au Japon, dont deux à Tokyo, puis Kobé, Kyoto et Yokohama.
Les comptoirs partagent un même décor d'inspiration coloniale, avec notamment l'usage de boiseries aux tons chauds et de balances à plateau pour peser le thé vendu en vrac. La thématique coloniale se retrouve dans les costumes en lin beige du personnel au comptoir et en coton blanc des serveurs au restaurant. Seules les références varient avec les magasins : certains thés ne sont commercialisés que dans les établissements parisiens, notamment les thés millésimés, certains Darjeeling, ou de très rares jardins de Chine ou du Népal.
Voilà pour la section "Je me cultive avec Beaudry"
Après notre visite dans la maison de thé, le groupe se sépare. Je pars avec Enrica et Émilie vers les galeries Lafayette. En y entrant on est étourdies par le luxe, les marques, les gros noms, le nombre de personnes qui courent en tous sens. Bon... On décide de se séparer et de partir à la conquête des galeries chacune de notre côté. On se donne rendez-vous une heure plus tard. Je traverse un hall bondé. Je passe dans des couloirs bondés. Les gens se lancent de tous les côtés. C’est une orgie de gros sous et de fourrures et des bébés habillés en Gucci!!!! AHHHHHH!!!!! Je monte cinq étages pour retrouver la section des jouets, question d’avoir la paix. C’EST PIRE BÂTARD!!! Qu’est-ce qui est pire qu’un riche? Un enfant de riche!!! Parce que c’est né avec la conviction profonde que tout leur est dû. Que c’est normal d’avoir les lettres D&G gravées sur son biberon pis une couche en vison. Ça chigne, ça geint, ça chie des petits cacas en or... STOOOOPPP!!! Je prends mes jambes à mon cou et je redescends les cinq étages pour aboutir dans la rue. Avec tout ça, il ne s’est passé que... 15 minutes. Il me reste 45 minutes à attendre les filles.
Pis là. Au moment où je m’y attendais le moins, il me prend un mal du pays. Intense. Ayoye, ça frappe! J'ai un vertige. Il y a trop de monde, trop de rues, trop de tout! Le calme de mon nid me manque. Mes neveux et mes frères me manquent. Mes parents aussi. J’ai même une petite pensée pour ma plante grimpante. Faut que je trouve un téléphone. Pour tout vous dire il était temps. Pas pour moi, mais pour mes parents, qui on tendance à s’inquiéter pour leur grande fille qui est fichtrement négligente. Je n’appelle pas souvent, je ne donne pas souvent de mes nouvelles, je suis une méchante fille! Je compose le numéro de la scierie de mes parents, avec la peur incontrôlable qu’ils aient tous pris la poudre d’escampette depuis tout ce temps. Tout d’un coup qu’ils ont tout vendu et déménagé aux îles caïmans sans moi? Ma tête de pinponnette s’envole, encore une fois. Mon frère répond. Ça fait du bien d’entendre sa voix!!! Je leur parle à tous, ma mère, mon père, un de mes frères. Chaque fois ça me fait tout drôle. J’ai l’impression qu’ils sont dans la pièce d’à côté. Ils bossent fort, ceux-là. Le temps sont durs dans le monde de l’industrie forestière. Ils vont bien, les petits sont en forme, on se voit bientôt, bizoux!!!
Après ça, il est temps de rejoindre les filles, que je retrouve devant la porte où on s’est laissées. Elles sont là depuis... 30 minutes! Même haut-le-coeur que moi devant les prix faramineux! Piteuses, on s’en va à l’hôtel avec nos manteaux sans marques et nos sacs à main en faux cuir...
Chronique de (mal) des transports #6- Lyon - Vanves
La station de taxi est là, devant nous, telle une salvatrice. On ne rêve que d’un lit confortable pour y poser nos mollets endoloris. Mais... (mon Dieu, une aventure n’attend pas l’autre, roulements de tambour, mes amis) aucun taxi à l’horizon! Zéro, niet. Nous sommes un peu démunis, abasourdi. Il y a pas un bouton "simple" quelque part? Pis vla ti pas que Alexandre part d’un bord pour aller à la chasse au taxi sauvage en pleine rue, mais Mike part aussi de son bord pour en rapatrier quelques uns. Les paris sont ouverts, qui ramènera un taxi le premier, la recrue ou le vétéran?
Tiens tiens... le lion et le lionceau reviennent en même temps avec des taxis pour tous. On monte vite vite, on s’entasse, on est contents comme des enfants. Notez bien qu’il est 10h00 du matin. Fait de la plus haute importance.
Je suis dans le même taxi que Manu et Katia. Celle-ci montre le plan et l’adresse qu’on a dans notre cahier de tournée au chauffeur du taxi. On ne s’en rend pas tout de suite compte, mais le chauffeur prend son temps. Ça me traverse l’esprit qu’il pourrait le faire exprès, mais je me trouve un peu trop suspicieuse et rien pour l’instant ne justifie vraiment mes soupçons. Et j'ai l'esprit un peu embrouillé, de sorte que je vois les choses autour comme à travers un gros bol de jello.
Notre hôtel est situé à Vanves (banlieue de Paris) juste à côté d’un autre arrondissement nommé Malakoff. La rue que nous cherchons s’appelle Édouard-Quinet. Avec toutes ces infos, vous êtes maintenant équipés pour suivre la série de malentendus qui suivra.
Sachez d’abord qu’il existe une rue Édouard-Quinet dans un autre quartier de Paris, soit le quartier Montparnasse. Devinez la suite? Eeeeeeh oui. Notre chauffeur nous y emmène. Nous arrivons sur un grand boulevard, Manu trippe parce qu’il y a un gigantesque marché aux puces dans le terre-plein du boulevard. Il y a des jeunes partout. C’est un quartier trippant, a du tout celui qu’on nous avait décris. Et avec raison, on n’EST PAS dans le bon quartier. On cherche le no 35. Premier signe que nous sommes perdues, les numéros de la rue s’arrêtent à 33. On commence à se questionner. On revoit le cahier de tourne. Notre chauffeur est stationné tout croche en plein milieu de la rue. Alors évidemment, on se fait klaxonner. Tiens, une goutte de sueur sur mon front.
Le chauffeur allume à ce moment là, du moins le croyait-on. On n’est pas dans le bon quartier! La rue que nous cherchons se trouve à Vanves et nous sommes à Montparnasse!
AAAAAAAHHH! Soulagement, embrayage, on est reparties.
Pis on tourne, pis on retourne. On arrive à Malakoff, contrée voisine de Vanves. Selon le plan que je tiens dans mes mains, on est juste à côté. Le pire, c’est que le monsieur qui a pris son permis de conduire dans une boite de cracker-jack ne suis pas les indications de son GPS! Il tient un dialogue insensé avec son fameux GPS parce que celui-ci ne fait pas son travail, paraitrait-il. Je commence à sentir la « steam » monter, là là... Manu tente de convaincre le chauffeur qu’on n’est pas sur le bon chemin, Katia essaie de le persuader de réinitialiser son GPS et d’y inscrire à nouveau l’adresse de l’hôtel. Il ne veut pas, prétendant que son GPS ne marche pas bien. CALTOR DE CALTOR!!! Je pompe dans mon coin. On ne réalise pas que ça fait déjà un petit bout qu’on est dans l’auto. Il me semble apercevoir des noms de rue que j’ai vues sur mon plan. Je dis au chauffeur de tourner ici, NON PAS LÀ! ICI! Bazouelle, on l’a raté! Katia se fait de plus en plus calme. J’admire ça. Elle ordonne calmement au chauffeur de se ranger sur le bord de la route. Il réécris enfin l’adresse de l’hôtel dans son #@!!!**&? de GPS à la con. On continue de tournailler dans la banlieue, trois faces d’enterrement et un chauffeur qui se perd en explications. Il passe son temps à ne pas regarder la route et préfère tenter de justifier pourquoi il s’est perdu. On rit quand même un peu parce que Katia réussi lui faire admettre qu’on est perdus. HA!!!
Tout d’un coup, vision de rêve, on aperçoit Luche sur le coin d’une rue! OUI!!! Il est soulagé de nous voir, le Luche. Il fait signe à la gang, un peu plus loin, que nous arrivons. Quatre gars s’étaient postés aux quatre coins de rues de l’hôtel au cas où on passerait sans les voir. Ils se précipitent tous vers nous. Le chauffeur stationne son taxi vraiment n’importe comment, il est dépassé par la vision du groupe qui court vers nous. Il a la chienne et tant pis pour lui! Alexandre frappe dans le pare-brise pour qu’il arrête son auto. Je sors, je garroche mes affaires sur le trottoir. Je cris! Un gros mélange de stress relâché, de rire et de soulagement. Simin accroche ma valise et la monte au troisième étage d’une traite. Enrica nous serre dans ses bras. Tout le monde est soulagé. Ça fait 2 HEURES qu’on est dans ce putain de taxi!!! 2 heures! Tous les autres étaient sur place en moins de 15 minutes! Sans blague, Georges était sur le point d’appeler dans les postes de police et les hôpitaux. Ben on y est. Enfin. On en vis-tu des affaires...
jeudi 8 janvier 2009
Chronique historique #6 Lyon
Lyon est en position de carrefour géographique, au nord du couloir naturel de la vallée du Rhône (qui s'étend de Lyon à Marseille). Située entre le Massif central à l'ouest, et le massif alpin à l'est, la ville de Lyon occupe une position stratégique dans la circulation Nord-Sud en Europe. Ancienne capitale des Gaules au sein de l'Empire romain, Lyon est le siège d'un archevêché dont le titulaire a le titre de primat des Gaules. Lyon devint une ville de foire à partir du Moyen-Âge, puis une place financière de premier ordre de la Renaissance à la fin du XIXe siècle. Sa prospérité économique a été portée successivement par le monopole de la soie, puis par l'apparition des industries notamment textiles et chimiques.
Lyon est historiquement une ville industrielle, et accueille donc de nombreuses industries pétrochimiques le long de la Saône et du Rhône, dans le couloir de la chimie. Après le départ et la fermeture des industries textiles, Lyon s'est progressivement recentrée sur les secteurs d'activité de haute technologie, telles que la pharmacie et les biotechnologies. Lyon est également la deuxième ville étudiante de France, avec trois universités et de nombreuses écoles d'ingénieurs. Enfin, la ville a conservé un patrimoine architectural important allant de l'époque romaine au XXe siècle en passant par la Renaissance et, à ce titre, est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Par sa population, Lyon est la deuxième[1] ville de France si l'on prend en compte toute l'aire urbaine ou celle de son unité urbaine [2], ou troisième (après Paris et Marseille) si l'on compte uniquement la population intra-muros (467 400 habitants)[3]. Elle est au cœur de la deuxième région urbaine de France avec ses 2,9 million d'habitants. Préfecture de la région Rhône-Alpes, la ville de Lyon exerce une attraction d'importance nationale et européenne, et bénéficie ces deux dernières décennies d'un afflux de population.
Lyon possède un patrimoine historique, architectural, culturel et gastronomique remarquable, comme l'attestent ces nombreux titres officiels décernés à la ville:
- Capitale des Gaules[15] (ce titre a été conservé par la ville après la fondation de la France)
- Capitale mondiale de la gastronomie (grâce à ses spécialités locales et à ses grands cuisiniers mondialement connus)
- Capitale de la Résistance (du fait de son rôle important dans la France occupée : journaux clandestins, réseaux de résistance, arrestation de Jean Moulin dans la banlieue de Lyon en 1943, procès de Klaus Barbie)[16].
- Capitale de l'imprimerie sous la Renaissance (voir l'article consacré à l'histoire de l'imprimerie à Lyon)
- Capitale de la soie (voir l'article consacré à la Fabrique lyonnaise)
Fête des lumières à Lyon
C'est un événement touristique vraiment important pour la ville de Lyon, dont la population triple durant cette période!
Je vous jure, impossible de se déplacer aisément dans les rue lors des soirées de la fête des lumières.
La provenance de la fête des lumières;
Elle doit sa naissance à un concours lancé par les autorités religieuses en 1850. Elles veulent installer une statue comme signal religieux au sommet de la colline surplombant Lyon et c’est le sculpteur Fabisch qui remporte le concours. La date du 8 septembre 1852 est choisie comme date d’inauguration de cette fameuse statue. Au mois d’août, la Saône sort de son lit et envahi l’espace devant servir de chantier pour la statue.
On repousse donc la date d’inauguration de 3 mois, jour de la fête de l’Immaculée conception. Les Lyonnais préparent la fête en illuminant leurs façades de maison. Le mauvais temps oblige toutefois tout ce beau monde à repousser de 3 jours l’inauguration, mais les Lyonnais ne se découragent as pour autant, et redoublent même d’ardeur en préparation de cette grande fête.
Le 12 décembre 1852 Lyon au complet est illuminée, et la population descend dans les rues pour admirer toute cette lumière. Les autorités religieuses, surprises et charmées par ce geste spontané, illuminent la statue et les chapelles de la villes.
Une fête est née!
Chaque 8 décembre depuis ce jour, les gens illuminent leur ville et descendent déambuler dans les rue des Lyon avec 8 millions de visiteurs!
La lumière est même devenue une composante essentielle dans l’architecture Lyonnais!
Ça vaut la peine de faire un tour sur le site de la fête, question d'y admirer les photos:
http://www.lumieres.lyon.fr
Recette de vin chaud épicé
- 1,5 litre de vin rouge (bordeaux, bourgogne ou pinot noir)
- 250 g de sucre roux
- 1 zeste de citron
- 1 zeste d'orange
- 2 bâtons de cannelle
- 2 étoiles de badiane (anis étoilé), si vous en avez
- 2 clous de girofle
- 1 morceau de gingembre émincé
- 1 pointe de couteau de noix muscade râpée
Préparation :
Mélanger tous les ingrédients et porter à ébullition très doucement. Laisser frémir 5 minutes.
Servir très chaud dans des verres en filtrant à l'aide d'une passoire.
Disposer une rondelle d'orange par verre.
On peut aussi flamber ce vin au cognac... pour les épicuriens!
Bonne dégustation...
Lyon
Ma première journée à Lyon, la gourmande en moi ne rêvait que d’une chose; trouver une boulangerie! Je ne sais pas pourquoi, on m’a déjà dit que c’était peut-être la farine qui était en cause, mais le pain et les croissants ici goûtent le paradis! Sans blague, une baguette de pain achetée au dépanneur goûte cent fois meilleur ici que dans la meilleure des boulangeries à Montréal. Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas en train de comparer... en OUI, JE COMPARE!!!
Bon sang que c’est bon! En sortant de la petite boulangerie du coin, je croise 4 beaux mecs... qui m’invitent à faire un petit tour au centre-ville! Non mais, matin de rêve!
D’accord, d’accord... les 4 gars, je les connais, ce sont Pato, Renaud, Alexis et Simin. Que pensiez-vous? Bande d’esprits tordus! Je ne parle pas aux inconnus, moi!
Nous partons donc à la conquête du centre-ville de Lyon. Encore une fois, petit marché de Noël, avec vin chaud, mmmmmmm! Manu sera contente, elle boit son petit vin chaud tous les matins. Il y a une grande roue sur la place publique, et on aperçoit la Basilique Notre-Dame de Fourvières juchée sur la colline. C’est magnifique!
Bon, les gars, qui semblent toujours en pleine période croissance, ont tôt fait de dévorer tous les croissant que je m’étais procuré... Ils mangent tout le temps! C’est fou!
Ils n’ont pas tôt fait de passer à travers mon sac de bouffe, qu’il se demandent déjà où trouver un bon resto pour se ravitailler. On part donc dans les petites rue envahies par les étudiants à cette heure. Il est presque 2 heures. Il faut savoir qu’ici, les restos ouvrent sur l’heure du midi et le soir. La majorité ferme entre les deux. On entre donc dans la première gargotte qui nous semble bien, et la propriétaire des lieux nous décrit ce qui lui reste au menu. Un peu de viande, un peu de salade, de quoi concocter un bon petit repas pour les 4 ogres qui m’accompagnent. Mais moi qui ne mange pas tellement de viande...? La dame me répond gentiment qu’il reste bien quelques crevettes, et elle part explorer ses cuisines. Elle revient un peu plus tard avec des assiettes bien garnies, et place devant moi un plat... des monstres! Les crevettes sont immenses et elles ont toutes leurs petits yeux noirs fixés sur moi. Elles ont leurs pattes, leur carapace, leurs antennes, un tout inclus, quoi! Comprenez-moi bien, dans un autre contexte, j‘aurais trouvé ça fabuleux, mais là, c’est mon déjeuner... brrrrr.
Les gens de la compagnie commencent à peser à faire des emplettes de Noël. Moi, pour le peu de temps qu'on a, j'ai envie de me promener. Je ne me sens pas tellement encore dans l'esprit des fêtes, c'est peut-être l'absence de neige.
Avec ma coloc Manu, on s’est fait une gigantesque épicerie, bien trop grosse pour la capacité de notre frigo. On s’est fait une grosse soupe remplie de courges, de carottes, etc. Ma dose de légumes, enfin! Mais pas de place pour mettre le foutu chaudron nulle part dans le frigo! Il reste donc sur le poêle et je sens que je vais faire une overdose de soupe pour ne rien perdre!
Les gars nous ont raconté être allés dans une brasserie manger des trippes et des groins de porc... Appétissant! Ils ont dégusté des boyaux rempli de ___________________ (placer ici, les mots de votre choix; matière obscure, marde, déchets intestinaux...) et des tranches de groin (tsé, ce qui sert de nez au cochon) sautés à la poêle. J’ai plus faim soudainement... Tout ça évidemment avec une bonne grosse bière pour faire passer le tout!
Moi, j’ai été invité chez Enrica et Alexis (le copain de Enrica) pour manger des pâtes cuisinés par l’homme de la maison. Délicieux. Surtout que j‘étais un peu down ce soir là, ça arrive, mais il y a toujours une bonne amie sur qui je peux compter pour me remonter le moral; Enrica! Surtout le duo Enrica-Alexis, c’est la formule gagnante pour rire un bon coup! Un vrai duo de clown! Je suis repartie de là un peu pompette, mais toute regaillardie. Une chance, je n’avais qu’un étage à descendre...
Puisque dans chaque ville nous ne faisons que quelques spectacles (un ou deux), le fait d’être ici pour 5 jours nous permet de se poser un peu plus. Nous avons 4 spectacles d'Un peu de tendresse, bordel de merde à faire. C’est quand même beaucoup, parce que c’est un spectacle difficile physiquement. Le plus que nous avons fait était une série de 8 spectacles (avec une pause de 3 jours après une série de 4) à l'usine C l'an passé et ce n’est vraiment pas évident de conserver le même niveau d’énergie soir après soir. Et encore là, moi je ne fais pas toutes les chorégraphies. J’ai juste l’impression que cette tournée n’est qu’en enfilade de première et de dernière! On fait la première un soir... FRÉNÉSIE, NERVOSITÉ... puis oups, le lendemain, c’est déjà la dernière... RE-FRÉNÉSIE, RE-NERVOSITÉ. J’ai l’impression de passer mon temps à avoir envie de vomir parce que c’est toujours la première ou la dernière fois qu’on joue à tel endroit... C’est dur pour les nerfs! Mon cachet risque de passer en frais de thérapie en rentrant! Et je ne vous cacherai pas qu'à chaque fois il y a soit une réception de première ou une réception de dernière. Ouh là, matante a commence à être fatiguée!!! Avec les années d’expérience, on a appris à doser pis à aller se coucher un moment donné. On connait nos limites. (Pour la plupart d’entre nous :-))
Pendant la journée, on a réussi à horrifier un restaurateur dans le vieux-Lyon en voulant manger sa pizza sur la terrasse par 10 degrés. Il ne comprend pas le concept selon lequel pour nous, c’est presque la canicule! Il nous sert sa pizza avec des yeux qui nous disent; "Putain ils se foutent de ma gueule, ces quebs!" Non loin de là, un Africain, un Arabe et un Français construisent un échafaudage en rigolant et en se taquinant. C'est peut-être trop premier degré, mais j'ai trouvé ça beau de les entendre si ben s'entendre.
Au marché de Noël, on a rencontré 2 Québécois qui vendent des produits du terroir québécois. Sirop d’érable, beurre d’érable, casque de poil raton-laveurien, etc. C’est juste pas s’ils ne portent pas la ceinture fléchée. Toujours est-il que ces deux Quebs sont en voyage et ils travaillent par-ci par-là pour subvenir à leurs besoins. On les invite tout-de-go à notre spectacle, sans penser qu’ils prendront notre invitation pour du cash... Ben torieux, ils sont venus le lendemain. Je pense qu’ils ont été un peu ébranlés. Ils n’avaient jamais vu de danse contemporaine, et très peu de théâtre. On les a rassuré et assurément gagné en leur offrant de se bourrer la face dans le buffet après le spectacle. Au moins ils ont eu la curiosité et l’ouverture d’esprit de venir nous voir! Et ça fait vraiment du bien de voir d’autres Québécois durant notre périple. On se sent moins loin de la maison.
J’ai eu une autre belle visite aussi le jour de la dernière! Mon ancienne coloc, Anne, qui était venue au Québec l'a dernier dans le cadre d’un stage d’études, habite Annecye petite ville paradisiaque juchée dans les montagnes à 1h30 de Lyon. Elle est venue avec son père et la copine de ce dernier pour diner et ensuite voir le spectacle. Quel plaisir de la revoir cette Anne! Elle est tellement allumée, tellement curieuse et me fait découvrir plein d’artistes de la danse. On retourne donc à la Brasserie chez Georges et on se bourre la face dans l’omelette Norvégienne et les huîtres. OH LÀ!!! Si je ne veux pas avoir l’air d’une grosse patate sur la scène pour la dernière et rouler d’un bout à l’autre du spectacle, je suis mieux de me calmer, moi! Dans le spectacle, les personnages de « Blondes » incarnés par les gars vont dans la salle à un moment donné. On essaie toujours de se le dire quand on connait des gens dans la salle, comme ça on envoie les blondes le énerver un peu! Je ne sais pas s'ils en ont eu pour leur argent, mais je leur ai envoyé des blondes en feu! On prend un verre après le spectacle. C’est toujours un peu délicat quand je connais des gens dans la salle. Je sais que c’est un spectacle qui provoque, et j’ai toujours peur qu’ils n’aient pas aimé, parce qu’on a toutes sortes de réaction, ça joue dans les extrêmes habituellement. Ils semblent avoir apprécié, s’être amusé. Anne c’est la deuxième fois qu’elle voit le spectacle, et elle compte sûrement le revoir! Elle m’a dit qu’à chaque fois elle a l’impression de découvrir de nouveaux trucs, et ça la touche autant que la première fois. On se promet de se revoir bientôt, on a peut-être une tournée l’été prochain, alors on se donne rendez-vous à ce moment là!
Devinez quoi... Et oui, j’ai à nouveau perdu mon appareil photo! Et là je suis incapable de dire qui a pris les photo, c’est carrément psychédélique. Pendant que je discutait avec Alexandre un peu à l’écart de tout le monde, quelqu’un a pris des photos des gens qui dansaient durant la réception d‘avant-dernier show. (Oui, il y a aussi des réceptions de deuxième, et d’avant-dernier spectacle, il y en a aussi pour les post-premières et les pré-dernières) On m’a remis mon appareil le lendemain et franchement les gars, comme si je ne voyais pas assez de poitrines et de fesses durant le spectacle, vieillissez un peu, bâtard!
Je suis vraiment tête de linotte, parfois, ce soir-là, non seulement j'ai oublié mon appareil photo, mais aussi mon porte-feuille sur une table. Ce n'est rien, ça, 'ai déjà perdu mon passeport à l'aéroport Charles-de-Gaulle juste avant de rentre à la maison durant une autre tournée. Pato l'avait retrouvé au moment où j'allais péter une crise de nerfs magistrale.
La Cathédrale de Lyon est magnifique. C’est une version miniature (c’est relatif) de Notre-Dame-de-Paris. C’est aussi la ville de Guignol, la célèbre marionnette qui passe son temps à assommer monsieur l’agent de police. Bon, on repars déjà. En route pour Vanves, en banlieue de Paris!
vendredi 2 janvier 2009
Chronique d'aéroport #5 - Anvers - Lyon
Aujourd’hui, c’est la fête de Éric. Robidoux pour les intimes. Érica Badoux pour les vrrrrraiment intimes. On prend un bus pour la gare d’Anvers, d’où on prendra un train pour Lyon. Il monte dans le bus et on lui fait vraiment sa fête. On lui chante bonne fête de toutes les façons, Julie prend le micro et nous « entertaine » de façon magistrale! De la graine de Céline, je vous dis!
Pis on continue de lui chanter nos niaiseries jusque dans le train. Une vraie gang de « joyeux paysans québécois », comme dirait un français rencontré durant le voyage. Tant pis, on a du fun en maudit.
On prend à nouveau le train. Pas fâchée, je commençais à développer un ma de l’air chronique. On quitte Anvers en début d’après-midi pour Lyon. On s’en va jouer à la maison de la danse, qui est assez connue dans le coin. Même très connue. Ça fait quasiment peur tellement c’est connu. Dans leur programmation, on passe peu avant Pina Bausch, tsé veut dire...
Wooooo pas de pression la grande!
Mets ton focus sur William qui court dans le train...
Les gars se font une partie de poker avec des cartes cochonnes achetées à Budapest. Ça leur occupe l’esprit et les yeux.
Arrivés en gare de Lyon, un autre bus nous attend pour nous emmener à l’hôtel. Très chouette cette fois-ci, c’est un hôtel où nous occuperons des appartements.
Quand on a de grandes distance à parcourir comme ça en train ou en bus, on s’organise toujours pour que ce soit le plus chouette possible. On apporte de la bonne musique, on fait provision de bonbons et de chips, on s’apporte un bon livre. Bref, on profite de ce temps comme d’une pause, parce que c’est à peu près les seules qu’on a durant la tournée.
J’ai l’air de toujours décrire tout le monde en train de boire et de faire le party, mais c’est rock’n roll, une tournée. On en sort épuisés. Alors on se repose quand on peu.
Donc, dans le bus entre la gare et l’hôtel, Julie (La Perronière, comme on l’appelle) avait un ti peu bu, comme nous tous d’ailleurs, mais dans l’état de fatigue où nous nous trouvions, n’importe quoi pouvait arriver. La Perronière s’est mise à gueuler toutes les chansons folkloriques québécoises de son répertoire, à notre plus grand plaisir. Pis elle voulait qu’on lui réponde en plus. Vous auriez dû voir les yeux de son chum. Il la trouvait belle ce soir-là, sa danseuse! On s’est mis à taper du pied pis à chanter avec elle. Elle a tellement d’énergie cette fille-là! Elle m’impressionne.
On est débarqué à l’hôtel. Prend la clé au plus vite, moi et Manu, ma coloc de Lyon, on se sauve dans notre chambre comme un couple de jeune mariés. Pis on ne peut pas s’empêcher de s’émerveiller devant notre appartement. On aurait dit qu’on avait jamais vu un poêle de notre vie! Comment deux filles foutent en l'air des années de lutte féministe en s'extasiant devant deux ronds qui chauffent... On s’est jurée à la vie à la mort de se faire une méga épicerie pour le lendemain. On s’est couchées sur ces douces promesses, dans deux chambres bien SÉPARÉES PAR UN VRAI MUR, WOW!!!!
Je me sentais quasiment trop toute seule. Me suis roulée en boule et me suis endormie.
Chronique historique #5 - Anvers (Antwerpen)
D'un petit village, Anvers est devenue la plus grande ville dans les dix-sept Provinces lors de la guerre de Quatre-Vingts Ans.
À l'époque de la guerre de Quatre-vingts Ans la ville avait une population de 150 000 habitants et était donc une des plus grande villes d'Europe.[1]
Toute l’histoire d’Anvers a été déterminée par sa situation le long de l’Escaut. Sa véritable création ne remonte qu’aux alentours de l’an 900, lorsque les villageois s’établirent sur l’Aanwerp, terrain surélevé qui donna son nom à Anvers. En 970, Anvers devient poste frontière de l’Empire germanique, on y construit des fortifications en bois, remplacées plus tard par un château fort en pierre (le Steen). L’extension de la ville se poursuit par le sud, saint Norbert fait construire au XIIe siècle l’abbaye Saint-Michel. Par la suite, les chanoines de la petite église se déplacent vers le nord et fondent une nouvelle paroisse, avec au centre l’église Notre-Dame, ancêtre de la cathédrale actuelle. Dans les années qui suivirent la ville continua à se développer en vagues concentriques créant une succession de remparts que l’on devine encore dans la topographie de la ville.
On considère que la première bourse des valeurs (au sens moderne) a été celle d’Anvers, fondée en 1531[2] ; la première bourse de commerce d'Europe y fut aussi fondée en 1460.Au milieu du XVIe siècle, la région profita du rôle dominant de la ville, qui était alors la plus grande du monde et qui resta pendant longtemps un très grand centre culturel et artistique. Dans la deuxième partie du siècle Anvers fût le théâtre d’une lutte politico-religieuse entre le Nord protestant et la très catholique Espagne.
En 1585, la ville tombe aux mains de Philippe II et les Provinces-Unies ferment l’accès à l’Escaut, provoquant naturellement des conséquences catastrophiques sur l’économie de la ville. Fuie par les protestants qui constituaient une très large part de l’élite commerciale et intellectuelle, Anvers voit sa population se réduire de moitié en moins de 20 ans. [3]
Puis jusqu’à la moitié du XVIIe siècle, elle profite de la présence d’artistes tels que Rubens, Van Dyck, Jordaens et Teniers ou encore les familles de sculpteurs Quellin et Verbrugghen ainsi que plusieurs imprimeurs et les célèbres facteurs de clavecins anversois.
Anvers est occupée une première fois par les armées de la Révolution le 30 septembre 1792[4]. L’Escaut est rouvert (1795) et l’ébauche d’un port moderne voit le jour, toutefois l’embargo anglais ainsi que les guerres napoléoniennes empêchent toute évolution et la ville subit de nombreux pillages et destructions.
Après la défaite de Napoléon à Waterloo (1815) a lieu une brève réunification avec les Pays-Bas septentrionaux et une période de développement, qui s’achèvera avec la Révolution belge (1830) et une nouvelle fermeture de l’Escaut. Il faudra attendre 1863 pour que la navigation soit définitivement libre.
La croissance d’Anvers a repris à partir du XIXe siècle. Son port est aujourd’hui le deuxième port d'Europe après Rotterdam. La réputation des diamantaires anversois a également contribué au développement de la ville.
Puis, si vous êtes curieux de connaître les différences entre les Flandres et la Wallonie:
La nouveauté en 1830 n'était pas tellement la naissance d'une communauté politique, mais plutôt la conception d'un État unitaire: les principautés qui pendant des siècles avaient eu leurs propres gouvernement, langue et lois, furent gouvernés alors par un seul Parlement et un seul gouvernement, avec une seule langue officielle (le français) et les mêmes lois.Un siècle et demi plus tard, la vie politique commune des Flamands et des Wallons s'est révélée extrêmement difficile, sinon impossible. À partir de 1970, le monde politique a investi beaucoup de temps et d'énergie dans une réforme profonde des structures de l'État. Par le biais de trois révisions de la Constitution (1970, 1980 et 1988), la Belgique, État unitaire, est devenue un État fédéral, dans lequel deux grandes communautés (la flamande et la française) et trois régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles) acquièrent une large autonomie, avec des compérences, des institutions politiques et des moyens financiers propres et dont on espère qu'il formera un nouveau modèle de coexistence pacifique.
Bien que les deux principales communautés qui composent la Belgique aient vécu pendant des siècles à l'intérieur d'un même État, elles sont restées distinctes. La frontière linguistique qui traverse le territoire actuel de la Belgique prit forme au Ve siècle et s'est maintenue depuis.
Du point de vue culturel, aucun lien de dépendance mutuelle ne s'est jamais créé, pas plus qu'une fusion entre les deux principales communautés nationales. Il n'est pas possible de parler d'une culture belge, mais de trois sphères culturelles différentes : une culture flamande, avec une riche tradition qui remonte au Moyen-Âge ; une culture wallonne, qui se limite principalement à une littérature dialectale ; une culture franco-belge qui est nourrie et favorisée par des Wallons , des Bruxellois francophones et par des Flamands francisés.
Voici quelques adresses intéressantes;
http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Belgique
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/01/CARROZZO/10920
Anvers (Antwerpen) Belgique
La Belgique.
Ici, on est du côté noir de la force. On se trouve en Flandres.
La Belgique est divisé en deux; les Flandres et la Wallonie. Je ne comprends rien à ce qu’ils disent, je suis même surprise qu’ils comprennent si peu le français, et on est très suspects parce que nous parlons français entre nous. Comme si les gens avaient peur que nous soyons Wallon... Parce qu’entre les deux, c’est la guerre. Ça me fait penser à la situation entre le Canada anglais et le Québec. Les riches et le « petit peuple ».
Voyons donc, madame, on n’est pas « Wallons », on est « COLONS »!
Je ne me ferme pas à ce peuple, tout de même... Je trouve juste dommage que mes premières impressions soient les suivantes; ils sont chauvins, ils sont bourgeois et ils veulent nous engraisser avec leurs gaufres et leurs maudites bonnes frites et leur bière pour être les seuls minces de la place. Ne généralisons pas.
À mon arrivée, je n’ai qu’une envie; puisque nous sommes dans un Ramada, on peut s’attendre à quelques petits luxes, je vérifie sur la carte de services de l’hôtel... OUI! Il y a un spa! Je saute dans mon maillot et mes gougounes, et je me garroche dans le hall d’entrée dans cet accoutrement pour m’enquérir de l’étage dudit spa.
Bonbonbon, tututut ;
« Miss, there’s no spa in here, only a sauna »
« Oh... and what about the gym that you’re supposed to have? »
« Mmmmmh. You got to go at the first floor, there’s a room with 2 fitness machines. »
AAAAAAAAAAAAAAAhhhhhhh amère déception pour l’accro-sportive en moi.
Bon, je monte me rhabiller. Je décide de descendre noyer ma déception au bar et c’est là que j’ai l’agréable surprise de retrouver toute la gang. Partie de poker en cour, c’est du sérieux. Alexis, un autre, le chum d’Enrica, s’est joint à la tournée depuis Budapest. C’est chouette de le voir parmi nous!
On passe une belle soirée. Ils me racontent leur épopée en Hongrie. Le serveur se prends d’affection pour nous malgré son air pincé. BON! Sous cette couche de fard, il y a un être humain qui ne cherche qu’à lâcher son fou! Tant mieux, ça me rend les Flamands un peu plus sympathiques.
Le théâtre est juste en face de l’hôtel. Avant chaque spectacle, ici, on est invités à manger au resto du théâtre. Après les spectacles, il y a même un bar qui reste ouvert pour nous dans le théâtre. C’est vraiment un gros théâtre contenant plusieurs salles, et toutes ces salles sont annexées à un conservatoire de musique, de théâtre et de danse. On n’est pas dans la ville, mai plutôt en périférie. Par contre, le centre-ville et le centre touristique se trouvent à environ 30 minutes à pieds.
On dirait qu’ici ça me tentait moins de faire du tourisme. Il fait gris (encore) et c’est mignon comme tout mais j’ai envie, après mon escapade italienne, de rester au lit toute la journée et de ne sortir que pour aller boire des espressos bien tassés. Je me pousse quand même dehors à grands coups de pieds « là-où-ça-ne-fait-plus-mal-parce-que-rendu-insensible-dû-à-des-chorégraphies-Dave-St-Pierresques ». Et si je ne revenais plus jamais ici?
Je sors donc sous la pluie avec le parapluie de ma grand-maman que je traine partout comme un onzième doigt ces temps-ci.
Mmmmm cute. Une architecture qui me fait penser à la Suisse. Sans vouloir faire de « name dropping ». On dirait une enfilade de maisons de pain d’épices. Tant pis, je croque dedans pour voir... Tab...! Mon « lunatisme » va me couter cher en dentiste!
Le lendemain, jour de la répétition générale, Manu me propose de faire la tournée de certaines friperies qu’elle a vues aux abords du centre-ville. BON! Là tu parles. Pato décide de nous accompagner. Yiiiish, des gars et des filles qi magasinent ensemble? Pas sûre... On part dans les petites rues explorer le milieu « underground » de la ville. Des petites galeries d’art, des boutiques d’artisans, des friperies, un Alexis... Un Alexis? Il faut bien être à l’autre bout du monde pour croiser un « Quèb » dans une ville inconnue! On l’intègre à notre mini-groupe et on repart à la conquête de l’univers seconde-main d’Anvers.
Première boutique où j’entre, je ne trouve rien, et Manu n’ose pas entrer car la veille elle y a acheté pleins de trucs mais le caissier a oublié de lui en charger la moitié. Bon, on s’en va d’ici... il n’y avait pas un H&M dans le coin? Ça m’arrive de temps à autre, une petite compulsion mercantile... Heureusement pour mon compte de banque, ça me passe toujours très rapidement. Manu se risque dans la boutique et prend soin de bien regarder le sol pour ne pas être repérée... On est prêtes à sortir de là, ne reste qu’à rapatrier les gars. Où sont-ils d’ailleurs, ces deux-là?
Bon, bon... Péterick est où son instinct le mène. C’est à dire au comptoir en train de cruiser la caissière à grands gestes parce que la pauvre ne comprend rien de ce qu’il dit. Le charme opère tout de même, elle minaude, la jolie fille. Comment fait-il??? Je dois absolument prendre des cours avec lui! Alexis lui demande des infos touristiques et la réponse a l’air complexe. Tant pis, on décide de disparaître et de poursuivre notre expédition dans les friperies. AAAAAHHHH les gars et le magasinage...
On rentre tôt, ce soir c’est notre espacement et notre répétition générale.
Le lendemain même visite éclair au centre-ville. Bof... Juste pour pas culpabiliser de n’avoir rien vu de la ville. Tiens, je me mets à regarder les gens. Les expressions des gens. Un couple regarde très haut le sommet d’un clocher en riant. Deux hommes parlent très fort sur la place, l’air consterné. Comme je ne comprends pas ce qu’ils disent, j’imagine les situations. Cette fille-là va rejoindre son amoureux, elle a l’air timide, elle regarde la lentille de mon appareil photo en rougissant. Celui-là se dépêche de rentrer au boulot après avoir quitter sa fiancé. Il n’a pas osé lui demander sa main, comme il se l’était promis. Ce vieil homme a l’air désemparé. Il a perdu son emploi et se trouve trop vieux pour tout recommencer. Ces deux femmes critiquent vertement la jeune fille à la jupe trop courte qui vient de passer devant elles.
Ouh là! Déjà l’heure de rentrer! Ce soir c’est la première et la salle est déjà complète pour ce soir et demain!
Je prends le tram. Juste avant d’entrer dans la station, je croise, dans la foule, un gros gorille faisant de la promotion pour whatever-boutique... Vision absurde. Les gens autour ne semblent pas s’en faire outre mesure. Il semble tout à fait normal de voir à Anvers des gorilles en pleine foule! Je tente de l’attirer avec des cacahuètes, dans l’espoir de l’intégrer au spectacle, mais bon, il ne veut rien savoir. Tant pis, on se contentera de nos poilus maison.
Je me précipite au théâtre au plus vite. J’aime ça prendre mon temps avant les spectacles.
Il faut dire que j’ai mon rituel. Je cours une demi-heure question de bien me réveiller, ensuite Manu nous donne une classe de yoga d’une heure. Puis, on a les notes du spectacle précédent par Daniel, notre répétiteur. Après ça il nous donne une classe d’une demi-heure, on fait des exercices d’assouplissement, de tonus, de ballet. Puis on fait des diagonales, c’est à dire qu’on fait des exercices comme des grands jetés, des « baril-turns », des pointes, etc. C’est extraordinaire l’esprit qui se dégage de tout ça parce que chacun essaie de se dépasser mais tout le monde sait bien que nous ne sommes pas tous danseurs...
Ensuite vient le moment de faire mes « pre-set », alors tout dépend si on présente La Pornographie des âmes ou Un Peu de tendresse bordel de merde, les « pre-set » varient. Je place toutes mes choses, et je me rends ensuite à la loge pour faire un brin de maquillage et mettre mon costume. Je fais habituellement un peu de jasette à ma chum Enrica à ce moment-là, question de se détendre avant le spectacle. Parce que grâce à Georges, l’agent, on sait toujours quel personnage important se trouve dans la salle. Ce qui n’est pas nécessairement une bonne chose puisque ça m’énerve un peu. Et là, Alexandre se met à passer à toutes les 10 minutes pour nous dire combien de temps il reste avant « l ‘anus » de groupe, notre rituel de gang.
Parlant d’anus, voici le concept; on se met en rond avec un pied à l’intérieur. Tous les pieds doivent être collés, aucune gerçure n’est tolérée. Puis on fait des « crottes »... Ça l’air cave de même, mais c’est rassembleur, le caca, je vous le garanti!
Voici les crottes qu’on a inventées jusqu’à maintenant;
La crotte mexicaine (en l’honneur de Aladino, un danseur mexicain qui a dansé avec nous quelques fois)
La petite vite (pour Dave), toujours par trois
Le gros billot qui curve
La québécoise (sur l’air de l’Arbre est dans ses feuilles)
La crotte tendre
La crotte qui rentre et qi nous fait dégueuler
La crotte fantôme (tsé, celle qu’on sent pas passer?)
La crotte pop-corn
La crotte neutron
La crotte schtourm (genre, celle lendemain de brosse)
La crotte Dairy Queen
J’en oublie probablement, mais l’essentiel est là.
Quand on est passé à travers nos « crottes », on détruit « l’anus ancestrale » et on se souhaite merde. On a même des petits rituels pour ces fameux « merdes » mais je les garde pour moi. Ce sont mes petits bonbons d’avant-show. Puis on se met en place et on devient fébriles. Il y en a qui continuent de s’étirer pendant l’entrée du public, ou qui finissent leur pre-sets. Moi, je fais habituellement de niaiseries. Soit je joue à « roche-papier-ciseaux » avec Enrica, ou je chante. Ou je fais des faces è Éric, qui me le rend bien. La seule chose que je trouve énervante dans ce rituel, c’est qu’on est en terrain découvert, on voit le public entrer. Pas évident de savoir qui et dans la salle. J’aime mieux jouer devant 500 inconnus que devant une seule personne que je connais parce que j’accorde beaucoup d’importance à l’opinion de mes proches.