OK, j'ai été vraiment paresseuse en ne publiant pas la fin de la tournée 2008 et les photos qui vont avec les récits. Voilà, voilà, amis, je me rattrape. en rafale, voisi ce que j'avais écrit à l'automne dernier, sans modif.
Bruges, Belgique – 11 décembre 2008
Nous arrivons à Bruges à la gare et nous sommes immédiatement accueillie par la jolie responsable du festival, qui nous attend avec des mini-bus exprès pour nous!!! Parle-moi de ça un festival organisé! Pas pour chialer là... mais c’est rare.
Première vision étrange de cette ville à l’architecture supposément magnifique; une mer de vélo et un champ de grues. Vu que je suis rendue une véritable petite kid-kodak, Éric rit un peu de moi parce que j’en prend quelques photos. Quoi, c’est pas une image poétique ça? Un amas de métal dans une ville archi-romantique?
On arrive à l’hôtel, certains ont des chambres, certains ont carrément des appartements, et Enrica et moi on attrape le « jack-pot »; une chambre voisine du hall d’entrée et de la chambre de notre maître-ronfleur; Georges en personne! Comme on supporte de moins en moins le manque de sommeil et les aléas de la tournée, je me magasine un petit coin dans un des appartements et Péterick pis Zinzin sont assez gentils pour me donner une petite place sur leur tapis d’entrée.
On fait un tour sur la place publique, où il y a un grand marché de Noël avec cossins de Noël, patentes de Noël et truc-machin-chouette de Noël qu’on trouverait chez Dollarama sont à vendre pour un prix de fou. Il y a une patinoire! En voyant l’état de la glace et de ses patineurs, on se rend compte qu’au Québec, on a ça dans le sang, le pétin!
On voulait aller patiner, une journée, à Bruges. Sur la place publique, petite patinoire sympathique. Lieu de « cruise » par excellence pour les jeunes. La veille, on est une petite gang à se donner rendez-vous pour le lendemain.
C’est là que j’apprends que Daniel a fait du patinage artistique pendant des années. J’ai vraiment hâte de la voir sur la glace!
Alors je me pointe là... vers, quoi, midi? Bon c’est un peu tôt pour les joyeux lurons fêtards que nous sommes, mais je me promène un peu autour en attendant. La glace est très ordiniaire, pas de zamboni, un pouce de slush à la surface, mmmmm, ça va être agréable!
Sur la glace, une jolie blonde aux yeux bleus s’accroche désespérément à son chevalier pour ne pas s’écraser le popotin sur la glace. Il a fier allure au bras de sa belle, lui! Je ne vois personne que je connais à l’horizon. Ils ont tous restés couchés ou quoi? Je me promène un peu autour. Il fait encore froid et humide. Je reviens à nouveau vers la patinoire. Personne.
Bon. Bonbonbonbobon. La blonde et ses grandes dents sont toujours là. Pendue au cou de son chéri. Je suis sûre qu’elle fait semblant de ne pas être bonne. Lui se sent beaucoup plus viril à lui montrer des trucs de pétins.
Où sont-ils?
Tout le monde s’est dit que personne n’allait se sortir du lit pour affronter le frette pis montrer à ces Flamands qui étaient les « kings » de la patinoire? Est-ce qu’il y a juste moi de complètement capotée?
La cr... de blonde fait splasher la blancheur de ses dents au soleil... oups, hahaha chéri j’ai failli tomber! Je vais lui faire une jambette à la blondasse « over-poche » qui surjoue son rôle de minette épouvantée. Elle serait excellente dans un film d’épouvante. Tache à souhait.
Bon, loin de moi l’idée de faire la control-freak, mais me semble que quand on est une gang à se donner rendez-vous, il devrait y en avoir au moins 1 ou 2 qui se pointent, non? Ou bien tout le monde s’est dit que tout le monde allait y être donc ils n’avaient pas besoin d’y être... Après être retournée quelques fois près de la patinoire, je fais ce que j’ai décidé de faire dans ce genre de situation en tournée; je lâche prise. Ils ne sont pas venus? Tant pis. Est-ce que je suis choquée? Pantoute! La madame elle a eu une belle promenade, et un beau spectacle de pétin grâce à Bambi on ice et son amoureux transit.
Ici, je vous dévoile un truc qui révolutionnera complètement votre façon de voir le concept « souvenir » en voyage. Quand vous rapportez des gugusses à vos familles en leur disant « ça, ça vient de France, d’Allemagne, de Hongrie... » ça fait toujours bien. Sauf que dans un monde d’artiste, où les « per diem » ne sont pas énormes et où on voudrait quand même rapporter des petits produits pour nos proches, où est le meilleur endroit pour faire des petites trouvailles?
Je vous donne 3 chances.
Dans les magasins de touristes? Naaaaaan. On se fait avoir à tout coup.
À l’aéroport? Non, ça c’est pour les maris qui ont oublié d’acheter une cochonnerie à madame et ses rejetons.
L’endroit par excellence où se procurer des vins, des produits et des cadeaux pas chers à rapporter, c’est à l’épicerie! On trouve de tout et c’est moitié moins cher que dans les attrappe-touristes. J’ai déniché un Saint-Émilion et un Châteauneuf-du-Pape pour 15 euros chacun, tout de même. Des vins qu’on ne payerait pas moins de 60$ à la SAQ. Je me procure des chocolats, des bonbons pour mes neveux, des pâtés et des fromages pour le temps des fêtes. Maintenant, vous êtes dans le secret! L’art d’économiser pour pouvoir s’acheter quelques fringues!
Le théâtre de Bruges est à l’image de la ville; magnifique. Je trouve quand même étrange de présenter un spectacle de danse contemporaine dans un théâtre d’une telle magnificence. C’est un opéra qui recelle des dorures partout où on pose les yeux. Il y a 4 étages de balcons, un lustre qui n’entrerait même pas dans mon salon, une scène parée de mille et une fioritures.
Dernière journée. On se la coule douce? Je vis tout le temps avec un étrange sentiment de culpabilité de ne pas avoir assez vu la ville où je me trouve. Je me garroche donc à l’extérieur pour gérer ma conscience et la tranquilliser. Il mouille comme une comédienne qui braille. Merde. Solution? Parapluie. Bas de pantalons tout trempes, de la marde, je pars à l’aventure au pays des chiens mouillés. De la dentelle, des frites, des cafés, la patinoire avec des patineux qui avancent pas mais qui frenchent en masse. Re-dentelle, un canal trop romantique avec des vignes tout autour! C’est magnifique, mais le pipi de Jésus me tombe toujours dessus. Je me réfugie dans un coffee-shop relax. Je bois espresso par-dessus espresso, je suis à la veille de me mâcher les gencives et je ressemble de plus en plus à une sécheuse atteinte de parkinson. Beaudry, la touriste ratée.
Après le dernier spectacle, Georges, notre agent, nous propose une soirée dans un resto Grec. OK, j’aime le feta pis les feuilles de vigne. Allons-y pour la casa Grecque façon Belge.
On arrive là, déjà bien « gerlos » à cause du verre de dernière. Et Julie Perron nous donne des morceaux de plâtres étranges qu’elle a trouvés au sol... mystère. On bouffe, on rit, on jase. Georges est plus qu’heureux de nous faire découvrir un peu de sa culture. Puis tout à coup, on se croirait en pleine chicane de ménage, une serveuse s’avance au beau milieu de la place et lance une assiette au sol. OK! Je comprends l’origine des mystérieux morceaux de plâtre... Mais bon, la madame elle a pas l’air fâchée, faque je met ça sur le compte de la tradition! Pis c’est là que le party pogne pour vrai! Les serveurs, qui étaient auparavant assez austhères, se mettent à danser, mais à danser! Quelle prestance! Tandis que l’un de ces gaillards danse debout sur une chaise en frappant du pied et des mains, ses collègues se placent autour de lui, un genou au sol, et l’applaudissent. De toute beauté! Une fois que tout les serveurs sont passés sur la chaise, ils se font un devoir d’y faire grimper chacune des dames de la salle.
J’avoue que là je commence à avoir chaud. D’abord parce qu’il fait vraiment chaud. Pis que je suis un peu chaude... Alors moi, debout sur une tite chaise, danser?
Euuuuuh... J’appréhende le drame, la chute, l’hôpital, l’orgueil massacré au son de la Zorba.
Alors je m’élance. Aussi bien en finir tout de suite, simonac! Tout de suit après Émilie, on me fait monter sur la chaise qui avait dont l’air plus grosse tantôt. Je bouge un peu, je shake par-ci, par-là. Je tente un continental version lilliputienne. Et avant de m’écrouler la face dans la Tzatziki, je me jette dans les premiers bras que j’accroche. Un serveur grec avec un air sérieux et solennel. Je me sens soudainement très importante, emmène-moi, beau serveur grec! Il me rassoit sur ma chaise, mal assurée que je suis, et je m’envoie une rasade de vinaigre balsamique pour me remettre de mes émotions.
Devinez quoi? Ben oui, j’ai encore oublié mon appareil photo au resto! Je ne m’en suis apperçue que le lendemain matin, quand Luche me l’a redonné. Watch out les photos, ils en ont pris 456! Chaque seconde de leur marche de retour est immortalisée sur mon précieux petit preneur de souvenirs. Karina sur un bicycle. Robidoux sur un bicycle. Luche sur un bicycle. La poche de Luche. Des cossins dans un dépanneur. Tiens, j’en poste quelques unes qui sont trop drôles!
Des fois on jurerait que je fais exprès. Hé hé hé...
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