Festival D’Avignon, quelques infos...
La mission du Festival est de présenter la création contemporaine française et étrangère en matière de théâtre et de danse, et plus largement des arts de la scène, en offrant chaque année une quarantaine de spectacles à un public toujours nombreux (autour de 100 000 entrées). Les représentations sont données dans une vingtaine de lieux non conventionnels à Avignon et aux alentours: des cloîtres, des églises, le célèbre Palais des Papes, une ancienne carrière de pierre, des gymnases...
Le Festival est composé de spectacles qui ont été choisis par la direction artistique. Depuis 2004, chaque édition est inventée avec la complicité d’un artiste associé pour tracer avec lui la carte d’un territoire artistique. Au-delà de ses propres créations, ce sont ses questionnements, ses pratiques, ses enthousiasmes qui inspirent librement l’ensemble de la programmation. Les artistes associés choisis par la direction artistique du Festival sont Thomas Ostermeier pour l’édition 2004, Jan Fabre pour 2005, Josef Nadj pour 2006, Frédéric Fisbach pour 2007, Valérie Dréville et Romeo Castellucci pour 2008 et Wajdi Mouawad pour 2009. Le programme ainsi élaboré est composé par une vingtaine d’équipes artistiques, dont l’œuvre, est éventuellement déployée dans le temps et l’espace du Festival, avec un ou plusieurs spectacles, mais aussi des lectures, des expositions, des films, des débats, qui sont autant d’entrées dans l’univers de ces artistes. C'est dire la part de risque prise chaque année, partagée avec les artistes. Il y a chaque soir au Festival, une ou plusieurs "premières", qui font qu’Avignon est un vrai lieu de créations et d’aventures pour les artistes comme pour les spectateurs.
Cette année, Wajdi Mouawad est l’artiste invité du Festival :
« Né au Liban en 1968, Wajdi Mouawad est contraint d’abandonner sa terre natale à l’âge de huit ans, pour cause de guerre civile. Débute une période d’exil qui le conduit d’abord en France. Une patrie d’adoption qu’il doit à son tour quitter en 1983, l’État lui refusant les papiers nécessaires à son maintien sur le territoire. De l’hexagone, il rejoint alors le Québec. C’est là qu’il fait ses études et obtient le diplôme de l’École nationale de théâtre du Canada. Acteur mais aussi auteur et metteur en scène, il crée très vite sa première compagnie, Théâtre Ô Parleur. Wajdi Mouawad a l’art de raconter les histoires. Littoral, Incendies et Forêts ont révélé ce dramaturge québécois au public français, conquis par le souffle épique de cette trilogie sur la guerre, l’exil et l’identité. Des thèmes qui lui tiennent particulièrement à coeur, lui qui, enfant, a dû quitter le Liban. Un déracinement qu’il transcende aujourd’hui par l’écriture, son premier ancrage. Dire le monde, le déployer, le dérouler telle une fresque offerte au regard, voilà ce que propose l’oeuvre de Wajdi Mouawad. « S’il n’y a pas d’histoire, il n’y a pas de théâtre », affirme-t-il. Ses pièces sont autant de récits brûlants portés par des acteurs incandescents. Un théâtre universel qui résonne comme une tragédie moderne. Une odyssée du temps présent qui nous entraîne aux sources mêmes de notre existence. Existence, un mot qui en arabe se dit Wajdi. »
Voilà pour les infos touristiques. La vérité est que e me sens un peu perdue à travers cette multitude de spectacles. Quoi voir avec si peu de temps? Il y a le « In-Avignon » avec ses spectacles de compagnies internationales. Et puis le « off-Avignon » qui pullule de créations, de n’importe quoi et de quecling-queclang dans les rues parce que toutes ces compagnies doivent faire leur propre publicité.
Je suis allée me promener un peu tout à l’heure, mais le soleil tape tellement fort que je suis rentrée au bout d’une heure. Je contemple le théâtre des Béliers, en face de ma fenêtre, et je réfléchis à la place que tiens le théâtre dans ma vie.
J’ai présenté un spectacle il n’y a pas longtemps au Festival Fringe, dont l’esprit festif ressemble un peu au « Off-Avignon », en moins gros, bien sûr, mais je me posais la question « à quoi ça sert tout ça? » Sans être défaitiste, parce que sinon je ne ferais pas de théâtre, je me demandais quel rôle tenais aujourd’hui le théâtre dans nos vies.
« Ne pas se rendre au théâtre, c'est comme faire sa toilette sans miroir. » Arthur Schopenhauer
Le théâtre est pour moi une fenêtre sur le monde et un reflet de nous-même à la puissance dix. C'est une façon de questionner le monde et d'entrer en contact avec ce monde.
Bref, mon spectacle étais tout court, sans prétention autre que celle de tremper mon orteil dans le monde de la mise en scène. Une recherche sur fond de relations humaines. Ça me préoccupe, le fait qu’on devienne de plus en plus individualistes, qu’au lieu de s’appuyer les uns sur les autres, on cherche la satisfaction personnelle à travers les richesses, le pouvoir, le contrôle, la célébrité.
Le théâtre pour moi ne peut pas être complaisant ou purement divertissant. Il doit interroger, bousculer. J’apprends à mettre une parole de l’avant, à me casser la gueule s’il le faut pour apprendre, mais j’apprends.
Et je pense sincèrement que l’art de faire du théâtre relève du sport extrême parce que c’est un difficile équilibre entre la clarté du sens, la force du récit et l’humanité des personnages. C’est pourquoi j’admire tous ces artistes qui se mettent la tête sur la buche pour présenter des spectacles dans le plus grand festival d’Europe, même s’ils ne font pas une cenne. Même si c’est « pô bon ».
C’est sûr qu’il y a une maudite limite à présenter n’importe quoi. Je vous le concède. Mais tant que le but visé est assumé, pour moi c’est méritable.
Ce soir c’est notre avant-première. 2 rangées de journalistes aux premiers rangs. Brrrrrr.... Nervosité... nervosité. Mes mollets sont prêts.
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