27 juillet
Je poste ce message avec un peu de retard parce que je n’ai pas eu accès a internet avant aujourd’hui... À l’hôtel il y a pas, et je suis dans un café internet en face de l’hôtel. On revient a peine, ma couze et moi, d’un souper de tapas bien arrosé. Délicieux!
Je vous fais un bref résumé des dernières journée.
La tournée est «wrapée » comme qui dirait, et s’est soldée par un franc succès.
Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir? Je l’ai vue, Anne, elle a l’air top shape. Contente contente...
Alors hier 13h27, je devais prendre un train. Parce qu’on prend toujours un train (C’est Josélito qui l’a dit!) et ma journée n’a été qu’une longue enfilade de gares. Je prends le train Avignon-Montpellier, jusque là, tout va bien. J’arrive en avance, achète de quoi me sustenter durant le voyage, pis on est en business.
Ensuite, ça se gâte. Plus de place sur le train Montpellier-Barcelone. Ben oui, la conne, au mois de juillet, pensais-tu que personne aurait la même idée que toi? Même en faisant mes yeux de caniche désespéré à la tite madame au comptoir, plus de place! Elle me propose un train Montpellier - Port Bou (petit village à la frontière de l’Espagne) et ensuite Port Bou - Barcelone. Ok, ça marche! Train à 17h10, il est 14h28. Prrrrr... J’arriverai à Barcelone à 22h50. Pas terrible mais pas trop le choix...
Café et attente. Tiens, il y a des palmiers dehors.
Je pourrais feuilleter mon livre sur l’Espagne. Mais avant, j’appelle la petite famille au grand complet, question de les rassurer, et de les entendre une dernière fois si jamais une bande de terroristes explosent le train pour Port Bou, qui avec un nom pareil, est surement une plaque tournante de toute action terroriste mondiale...
J’appelle aussi la couze, qui me rejoint demain, pour savoir combien de valises elle apporte, et pour lui rappeler qu’elle ne part que 10 jours, et que son « suit » de ski-doo est peut-être de trop?
Moi, j’ai tellement hésité avant de prendre a valise, je voulais prendre un sac à dos, puis j’i flanché, pensant manquer de vêtements. Ben je m’en mords les doigts. Trop l’enfer de trimballer ma grosse Bertha dans les trains et les gares. Calvaire que a prochaine fois... (ben oui, je dis tout le temps ça... ben oui.)
Donc, je retrouve ma couze demain à l’aéroport, et puis à nous la farniente!
Il faut que je me souvienne des deux noms de ville que ma mère m’a donné. Malaga et... merde! J’ai déjà oublié! Mémoire de poisson rouge! De toute façon, Malaga est très au sud, je ne crois pas qu’on aura le temps de s’y rendre. On veut sortir de Barcelone, peut-être pour aller à Ttarragone. On ne sait pas. Il y a tellement de choses à voir à Barcelone! Ma mère est venue en Espagne il y a de ça 40 ans. Elle avait de longs cheveux roux, des lunettes de soleil immenses et une micro robe rose... Elle a dû en faire baver, des Espagnols!
Aille. Je me sens vraiment gonflée. Mon bedon est toujours fucked-up en voyage. J’ai du prendre au moins 2 kilos, mais ils sont acquis dans le bonheur de goûter aux croissants et pâtisseries françaises. Je ne pourrais pas habiter ici, je deviendrais immense! Je vais devoir payer un surplus de poids dans l’avion, si ça continue...
En Espagne, les femmes représentent 80% des travailleurs à temps partiel, et les hommes gagnent en moyenne 40% de plus que les femmes. Il y a très peu de femmes qui occupent les postes de cadre.
Aujourd’hui, il fait gris. Chers amis du Québec, je suis contente, e n’en peux plus de ce beau soleil éclatant qui revient jour après jour, c’est lassant à la fin... Il fait en moyenne 32 à 36 degrés celsius tous les jours. On se croirait dans le sud... mais... JE SUIS DANS LE SUD!!! Je suis officiellement en vacances! C’est grisant. Je laisse tout derrière. Plus rien n’existe sauf moi. Les palmiers. Le gros pigeon qui lorgne vers moi depuis tantôt.
Dans 30 minutes je dois me diriger vers le quai où je prendrai mon train. Je ne m’ennuie pas. Je suis juste bien. Je me sens libre. J’aurai 30 ans dans 3 jours et je suis dans ma vie où je souhaitais être. Je sens que je m’épanoui. Je fais des rencontres extraordinaires. Criss, un peu plus pis le bonhomme Carnavas arrive pour faire une couple de stepettes! Je franchis des étapes. Tu grandis, ti-fille! Good!
Dans le taxi entre la gare et l’hôtel :
Je suis enfin arrivée. Certaines gares étaient un peu inquiétantes en chemin, mais en gros, ça s’est bien passé.
28 juillet
Une autre trépidante péripétie dans la vie de la cow-girl Beaudry!
Je décide sur une bine d’aller cueillir ma couze à l’aéroport en métro, par désir de faire quelques économies. Il y a une station en face de l’hôtel (Husa International, by thee way, beau propre et pas cher) sur la Rambla, artère importante de Barcelone. Je pars donc vers l’inconnu. Ok, c’est comme le métro de Montréal, mais puissance 200... Il y a des centaines de stations, qui partent dans toutes les directions. Je finis par trouver celle qui mène à l’aéroport. Il faut changer 2 fois de train. Je prends la mauvaise station pour transférer la deuxième fois, puis je ne trouve pas la station du train qui me mènera finalemenent à l’aéroport. C’est ça qui est bien quand on est seul, on est obligé de laisser l’orgueil de côté et ON DEMANDE SON CHEMIN!!! Beaucoup plus simple et moins long! J’ai donc attrapé le train pour l’aéroport, et après moult détours, je vois enfin mon ti boutte de couze assise bien tranquilos dans un coin. Trop contente de la voir celle-là!
Reste de la journée en vrac; promenade, les deux pieds dans la Méditéranée, regarder les fesses de vieux monsieurs sur la plage, Iglésia Santa Maria Del Mar, déjouer des pick-pocket, promenade, recherche infructueuse d’un new bikini, siesta, tapas, vino et dodo!!!
Buena noche mi amigos! Ra ra ra!!!
29 juillet
Playa... aaaah playa.
La plage se trouve dans le quartier Barcelonetta, qui est l’ancien quartier des pêcheurs et des ouvriers. C’est devenu un quartier à la mode, un genre de mile-end rempli d’étudiants qui se précipitent à la plage dès midi. Sur la plage on voit au loin le World Trade Center, ou le building appelé « le concombre » à cause de sa forme incongrue.
Shit, on nous a repérées e train de faire du mono-kini! Les hommes, eux, font du « no-more-kini ». Pas toujours ragoutant...
30 juillet
Oh my god! What a great night!
Bon tout a commencé quand je me suis réveillée, j’ai ouvert les yeux, je suis regardée dans le miroir et j’ai vu que des rides étaient apparues, des poil gris avaient poussé et mes seins m’arrivaient aux genoux. Je me suis tout de suite exclamée; « Bâtard, faut j’appelle mon agent pour lui dire que j’ai changé de casting! »
C’est mon anniversaire aujourd’hui. J’ai 30 ans.
Je pensais que ça me ferait quelque chose, mais je suis juste heureuse de vivre ça en Espagne avec ma couze et la Troisième Roue du Carrosse qui arrive dans la journée même pour se joindre à notre périple durant 24 heures.
Alors je me tire du lit vers 7h pour aller à l’aéroport accueillir notre Troisième Roue, je mets à peine le pied dans le métro que je reçois un texto me prévenant que l’avion est retardé, qu’il arrivera vers 15h au lieu de 9h comme prévu. RAAAAAAAAAA!!!!! Déception et consternation. Retourne-je me coucher et me promenai-je? Me promenai-je, décidai-je.
J’attrape ma couze en passant et après un petit déjeuner copieux, nous sautons dans nos runnings en route pour la Sagrada Familia, soi-disant l’incontournable de Barcelone.
Cette église est carrément incroyable. Instigateur du mouvement moderniste à Barcelone, Gaudi a construit cette église en la laissant incomplète. Il a aussi créé plusieurs bâtiments à l’architecture vraiment particulière, aux formes arrondies, colorées et comprenant une multitude de détails. La maison Gaudi, la casa Güell... Ça détonne sur l’architecture de la ville, qui me fait un peu penser à Paris.
Après notre visite, qui nous coûte 11 euros pour voir des gars de la construction taper sur des morceaux de roche, nous faisons un arrêt au musée du chocolat pour nous bourrer la panse avant de s’arrêter au Café de l’Opéra, café qui ouvrit ses portes en 1873. Tapas, tapas et encore des tapas...
Une autre délicieuse spécialité du pays est la paëlla, et les churros, pâtisserie super cochonne servie avec une suce au chocolat.
Mais bon, c’est cher pour voir l’intérieur de la Sagrada mais ça vaut la peine, on y apprend beaucoup et c’est vraiment impressionnant. De plus, on a l’impression, à ce prix là, d’avoir participé au financement de la construction...
Pour en revenir à a journée de fête, après avoir dégusté quelques tapas au café de l’opéra avec ma couze, je m’apprêtais à me ronger langoureusement l’ongle de l’index gauche quand soudainement, mon cellulaire m’annonce l’arrivée d’un texto. Aaaaaah! Peut pas avoir la paix, même au bout du monde?
Ben kin, Troisième Roue arrive à 13h44 finalement... Puta de madre, c’est dans 1 heure! Pogne la sacoche, la couze, le bill, pis cours à l’hôtel me changer. Re-métro, re-train, me semble que ça fait 2 jours que je ne fais que des allers-retours vers l’aéroport.
J’arrive à l’aéroport en sueur, évidemment mon métro a été bloqué pendant 10 minutes. Il est... 13h54! Je cours vers le terminal 1 tout en me disant que de toute façon, Troisième Roue doit attendre ses bagages, passer la sécurité, etc. J’ai une chance de l’attraper. C’est que je voulais lui faire la surprise en ne prévenant pas que je venais l’accueillir à l’aéroport!
Bon, devant les portes où sortent les voyageurs, il y a un grand panneau d’affichage avec les vols arrivés et/ou l’heure de leur arrivée prévue. JE NE VOIS PAS LE VOL DE TROISIÈME ROUE!!! Je commence sérieusement à déprimer/pomper/pleurer-un-peu-de-découragement... C’est tellement moi ce genre de truc là!
J’attends un peu, espérant au fond que Troisième Roue se présenterait miraculeusement devant moi, puis, je me décide enfin à demander au bureau d’information OÙ les vols de Swiss Airlines arrivent-ils madame, parce que là, là, ça va pas bien du tout!!!
C’est bien simple; au terminal 2. Évidemment.
À 10 minutes de bus de là.
Retourne en 4ème vitesse d’où je suis arrivée, j’envoie un texto (Es-tu arrivée?) prends la navette qui nous mène qui nous mène, prends la navette qui nous mène au terminal deuuuuuuuux.J’envoie un 2ème texto (Es-tu arrivée bâtard???) j’attends que le bus se remplisse, enfin, on part, 3ème texto (Je suis là, pas dans le bon terminal mais j’arrive) ma surprise est à l’eau, il est 14h30, j’espère que Troisième Roue n’a pas pris un taxi pour nous rejoindre à l’hôtel. 4ème texto, mon cellulaire commence à fumer (Tu es où? Attends-moi!) comme si nos vies en dépendaient... ça y est, ça m’a repris, j’ai dramatisé, imaginé le pire, un accident, un enlèvement, une gonorrhée. BON! Je reçois enfin une réponse m’assurant que Troisième Roue est arrivée, qu’elle m’attends au Terminal 1. Je respire.
Il fait une chaleur moite. Je colle au siège du taxi dans lequel nous nous trouvons enfin, en route vers Barcelona. Enregistrement à l’hôtel, changement de costume, aggrippe la couze et on est parti pour l’apéro festif.
Hey, quand je pense que je suis née le même jour qu’Arnold Schwarzeneger. L’honneur, toi!
C’est aussi l’anniversaire la maman de Andrée-Anne, ma couze-minou! BOoNNNe FêtEEEE MATANTEUUUUUU!!!!!
On monte la Rambla, et on arrête prendre une sangria sur une terrasse. Oh boy! Ça promet. Pendant l’appéro, j’appelle tout mon petit monde, parce que j’ai eu un cadeau extraordinaire. Troisième Roue a filmé mes parents à mon insu! Ils m’ont envoyé pleins de beaux mots via la caméra et je les sentais heureux de pouvoir le faire. J’ai aussi reçu un médaillon ayant appartenu à ma grand-maman Dubois. C’est le premier bijou que mon grand-père lui a offert, et on se le transmet de mère en fille. Il contient une photo de ma grand-maman, et une du mariage de mes parents.
On boit, on mange, on rigole, on rattrape le temps. Avant d’aller au resto où on a retenu une table, le Cerveceria Catelunyia, on se claque un petit détour par la Sagrada Familia, pour l’admirer à nouveau sous cette lumière et la montrer à Troisième Roue.
Ensuite, la décadence prend le dessus. On commande des tapas gargantuesques et du champagne... Les serveurs, bien bêtes au début, se dérident finissent par nous trouver bien sympathiques. Tellement qu’à la fin de la soirée, ils nous conseillent un club pas loin pour aller danser, et ils nous souhaite tous la buena noche. Dans l’état d’ébriété avancée où je me trouvais, je ne sais plus trop si c’est parce qu’ils avaient hâte de nous voir partir ou parce qu’ils rient de notre trop plein d’enthousiasme. Me semble qu’ils ont fait une chorale, gne sé puuuu....
LE ROXY nous accueille, pis si tu flache tes boules au doorman, il te donne un t-shirt!!!! Non, sérieux, c’est vraiment un club branchouille où les pitounes sont toutes plus remontées les unes que les autres, les gars sont à la chasse et la musique techno envahit la place. On se croirait à Laval! On a dansé en masse, pis ma couze s’est fait cruisée pas mal! Je me retourne un moment donné pis je vois-tu pas notre Troisième Roue assise dans la section VIP!!! Koss tu fais là? Que je lui demande. TR a acheté une bouteille, de là le pouvoir de monter dans la hiérarchie du bar pis même visiter le sous-sol avec le proprio! Ouh la! On est pas des tout nus! Mais on a beaucoup beaucoup bu. On sort cahin caha à 4 heures du mat dans une foule hétéroclite. Ma maman à moi elle m’a envoyé des chandelles pis des ballounes, qu’on gonfle en pleine rue. Les chandelles, je les laisse en paquet et je les allumes TOUTES! Je les souffle et je fais mille voeux en même temps! J’ai des souvenirs vagues de notre retour vers l’hôtel, j’ai mangé une fleur, pris des photos floues, pis le reste...zzzzzzzzzzzzzzzzzzz
31 juillet
Aujourd’hui, décrétée journée nationale de hungover, nous partons vers Tarragona, où les vestiges de théâtre romains attirent nos deux intrépides voyageuses! Troisième Roue est repartie vers les pays nordiques et nous poursuivons notre bataile constante contre les contrôleurs dingues qui se choquent parce qu’on «no habla espanol, ciboire! » Cela dit, ils sont vraiment gentils et accueillants, les Espagnols, ils aiment faire la fiesta, pour ça oui. Il y a d’ailleurs une grande rivalité entre Valence, Madrid et Barcelone, qui me rappelle un peu « che nous ».
Le train n’est vraiment pas long. On arrive dans un patelin de bord de mer vraiment beau, avec des ruines romaines disséminées dans la ville. Pour l’instant, je ne rêve qu’à un lit, alors demain la visite! ON A VUE SUR LA MER ON A VUE SUR LA MER ON A VUE SUR LA MER!!!
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