On arrive ici comme on entre dans Drummondville. L’air de rien. On voit pas grand chose, il fait gris. On habite dans une auberge de jeunesse. Ça risque de provoquer des rencontres intéressantes.
Je vais me promener en éclaireuse avec Manu. Tout le monde est claqué. 4 spectacles à Toronto, c’est assez épuisant. Le voyage a été long. Mais je décide tout de même de partir à la conquête de la ville avec ma co-exploratrice préférée; Manu. On se dirige vers le centre historique de la ville, on traverse le plus long pont au monde! Pis on tombe sur... des moutons. Il y a un troupeau de moutons en plein milieu de la ville! Ok pour la fille d’origine rurale que je suis, rien d’extraordinaire à voir des bêtes à laines. Une urbaine y aurait vu son prochain pull. Mais je ne sais pas, le jet-lag, la vieille ville, la brume, les moutons... Ça avait quelque chose de décalé, de suréel.
À notre retour, le soir, les gens commencent à sortir de leur tanière, après une sieste bien méritée. Durant l’après-midi Manu a repéré un resto qui s’appelle Arlecchino. Il faut que je précise que Renaud parodie à la perfection Arlecchino, personnage de la commedia dell’arte. Il nous le sert à toutes les sauces, et il est tordant quand il le fait. Comme Renaud ne nous rejoint que le lendemain parce qu’il avait un autre contrat le retenant à Montréal, on a décidé d’aller manger là en son honneur. On a hâte qu’il arrive!
La ville est entièrement décorée pour Noël. Tiens, je l’avais oubliée celle-là. Il y a des cossins de nouwell à vendre partout. Des caroussels, des marrons (chauds chauds, les marrons!!!) des guirlandes, des trucs-machins-chouettes de Noël qui coûtent cher en bazouel! Moi qui voulais faire des cadeaux européens, je pense que je vais devenir partisane de la simplicité involontaire.
Pris sur le vif : en rentrant un soir à l’auberge de jeunesse, je me claque une partie de baby-foot avec Luche et Pato. Les autres font des constructions de légos. Oui, oui, de légos. Il y a une table avec pleins de légos et mes acolytes (j’ai dis ACOLYTES, pas alcooliques...) se lancent des défis de constructions de légos. Ça devient assez élaboré tout ça, c’est du sérieux!
À essayer lors de votre prochaine voyage; la weiss bier allemande. Il y a autant de sorte que de villes allemandes, mais la majorité coule dans la bouche comme un nectar des dieux.
On n’a qu’une seule représentation à Düsseldorf, dans le cadre du festival Tanz de Pina Bausch. Dire que cette dame est une chorégraphe que Dave admire beaucoup est presque un euphémisme. Elle nous accueille dans son théâtre, dans son festival, dans sa ville. Si vous avez envie de voir son travail, il y a quelques bons extraits dans le film « Parle avec elle ».
Je suis nerveuse. On va faire notre travail, comme d’habitude, mais j‘aime cette sensation de nouveau défi. C’est une chance extraordinaire d’atterrir ici, parmi les grands. Ça a beau faire 5 ans qu’on tourne les spectacles, je nous sens encore comme des pré-ados du monde de la danse contemporaine.
Le spectacle s’est super bien passé. On était fébriles. Surtout qu’on jouait à 22h00. Mme Bausch voulait tout voir les spectacles du festival, alors on était prêts à l’attendre avant de commencer. Après le spectacle, pendant qu’on saluait, elle s’est présentée en personne sur scène pour nous remettre des fleurs! Je peux difficilement vous décrire ce que j’ai ressenti à ce moment-là. Ça va rester gravé dans ma mémoire. Un baiser timide sur la joue, des yeux d’une profondeur... À la réception organisée après le spectacle, Patrick, qui est la simplicité incarnée, a fait ce que pas grand monde osait faire autour, il a piqué une jasette à Pina Bausch! Le chanceux! Souvent on sacralise ce genre de personnage sans oser s’en approcher, mais Patrick est celui qui jette des ponts entre les gens. Bravo Pato!
Pris sur le vif : un Luche « on fire » a fait danser une des interprètes de Pina Bausch, sous l’oeil légèrement jaloux d’un autre danseur de Mme Bausch... Croquable! Lâches pas mon Luche!
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