mercredi 10 décembre 2008

Lljubjana #2

Les villes qu’on visite commencent à se parer pour Noël. Il y a des petits marchés partout. On achète du vin chaud, qui vous réchauffe le Canayen mes amis!

Il y a un grand marché à Ljubjlana où on peut acheter des légumes, des fruits, et observer les habitants de la ville. J’ai mangé un Kaki pour la première fois ici. C’est cochon, cochon comme fruit! C’est bon très mûr.

Dans l’état mental où nous sommes tous, je me « grèille » rapido presto de multi-vitamines pis de Red Bull. Le meilleur ami des danseurs en état de décomposition émotionnelle et physique...
Vu la fatigue omniprésente, on fait un bon spectacle. Prudent, par contre. On donne le meilleur de nous même en faisant attention de ne pas se blesser.

Après les spectacles, on est comme des enfants qui ont mené à bout un projet de longue haleine. On l’a durement gagné celui-là. Je sais pas, il y a quelque chose d’encore plus satisfaisant d’avoir réussi à « torcher des culs » dans l’état où on est. On est fiers!

ON EST AUSSI AFFAMÉÉÉÉÉÉÉÉS!!!!!!!

Georges, l’agent de la compagnie, a eu la brillante idée de réserver dans un resto, alors on se précipite comme une meute de loup qui n’a pas mangé depuis des lustres.
Bouffe italienne.
On rit, on boit, je ne comprends pas qu’on ait encore de l’énergie.
Je dois vous raconter mon problème d’appareil photo.
Ma mère est une preneuse de photos compulsive. Et un moment donné, ça fini par déteindre un ti peu sur la progéniture, forcément. Alors je prends des photos, mais mon appareil est un peu ________ (ajouter ici un terme poli signifiant« de la grosse marde pure»). C’est pourquoi toutes mes photos sont surexposées ou trop sombres. Peut-être en fait que le problème se trouve DERRIÈRE caméra. Bref, j’oublie cet appareil partout. C’est peut-être inconscient, peut-être que j’essaie réellement de le faire disparaître pour me donner l’occasion d’investir dans un meilleur appareil, le fait est que chaque fois que je l’oublie quelque part, quelqu’un de la compagnie me le rapporte, c’est immanquable.

Je regarde ensuite les photos prises durant la soirée, et OH SURPRISE! Quelqu’un s’est amusé à prendre des photos... que je ne peux pas publier ici, si vous voyez ce que je veux dire. Je peux toujours vous en vendre, mais je me ferais quelques ennemis au sein de la compagnie. Alors je m’amuse à chercher à qui appartiennent ces morceaux d’anatomie. Quel beau passe-temps pour les voyages en train. Surtout pour les étrangers assis à mes côtés!

Après le restos, on est claqués, le ¾ du groupe rentre à l’hôtel parce qu’on repart le lendemain matin. Je suis un peu grisée par la soirée, le stress des derniers jours, le festival du film qui approche.

Luche et Pato, qui ont toujours d’excellents contacts dans chacune des villes où nous allons, nous propose d’aller dans un mariage Slovène où un des spectateurs l’a invité. J'avoue que ça ne me tente pas trop. Je suis fatiguée. Mais comme je ne veux pas être ENCORE la casseuse de part qui va se coucher trop tôt, comme d'habetude, j'embarque. Katia, Luche, Simin, Karina, Éric, Pato, moi et Marco (un ami Italien rencontré lors d’une précédente tourné venu expressément pour nous voir), on décide d’y aller. On ne sait pas trop à quoi s’attendre, en fait.

On entre là, et une fois la gène passé, on se met à danser sur des musiques typiquement Slovènes. Les mariés sont beaux, la mariée attend un bébé, ils nous accueillent comme des amis. La musique est trop bonne! Les gens qui dansent on un façon toute particulière de se mouvoir, ils sont sans pudeur, ils sont biens dans leur corps, ils ont une prestance qui ressemble à celle du tango. Nous les tatas québécois, on a l’air un peu fades à côté de ça. Mais on se laisse aller, ça fait du bien, on s’éclate. Pis là, Simin veut danser une salsa.

« Wouèyons donc, le grand, c’est une toune Slovène! » que je lui crie par-dessus la musique, toute imbue de ma grande sagesse.

« Pas grave, qu’il me dit, j’ai le goût de danser à deux. »

Alors me voilà en train de danser une salsa sur une musique aux accents slaves parmi une foule d’inconnus dans un mariage avec un excellent danseur qui tente de guider une tite comédienne trop fatiguée qui danse tout croche dans ses petits souliers.

Katia se fait aller comme une petite folle sur la piste. Elle aussi est heureuse. Ça se voit. Les autres sont au bar. Ils jasent avec les mariés. Tout le monde a un grand « cheese » dans le visage.

C’est franchement le « high-light » de ma tournée. Mon petit moment à moi que je garde comme une perle dans un boîtier.

On s’attend à rien pis tout se met en place pour que la soirée soit magique.
On est sortis de là encore plus finis mais heureux. On a cherché la sortie longtemps et ça nous a fait rire.

On a vue la ville de nuit. Les lumières de Noël, la grande place, le canal.

Te Koop. Te Huur. Ils disent ça, oui...

J’ai vu la Ceinture d’Orion. J’ai vu la Grande Ourse.

Chaque fois que je vais à Lljubjana, les légendes qui peuplent ce coin de pays entrent un peu dans ma vie. Elle injecte dans notre périple un peu de sa majesté. Je pars tout à l’heure. Je cours faire ma valise. Ah, c’est vrai, elle n’est même pas défaite...

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