samedi 31 janvier 2009

Vanves part 2

Est-ce normal que ma peau se raffermisse instantanément quand j’entre dans un théâtre? Ce n’est pas une mauvaise chose en soit, cela dit. Qu ‘il vente beaucoup à Vanves, soit, mais que le facteur éolien soit cause d’engelures À L’INTÉRIEUR, c’est « uncool », comme dirait Jennifer Aniston. N’empêche que ce froid de canard dans le théâtre de Vanves a créé tout un polémique parmi nous. Les uns ne voulaient pas jouer par cette température, les autres ferait le spectacle coute que coute. On est 20 = 20 opinions différentes, hé hé... De plus, on jouait La Pornographie des âmes, mais nous revenions dans une semaine (après Bruges) pour jouer Un peu de tendresse, bordel de merde! Je ne sais pas si vous le savez, mais dans notre dernière scène, nous sommes nus et dans l’eau... Brrrrrr. On allait carrément se retrouver avec une bande de gars sans testicules! Le directeur faisait tout ce qu’il pouvait pour se faire rassurant, nous disant que le problème persistait depuis des années. Ouuuuuuh que ça me rassure. Je ne suis pas chochotte, loin de là. Ça me prendrait normalement une bombe nucléaire pour ne pas faire un spectacle. J’en ai fait enrhumée, blessée, vomissante, lendemain-de-veille (mais faut pas le dire) et j’ai toujours réussi à aller au bout du spectacle. Mais il y a carrément un gigantesque courant d’air dans ce théâtre. Dave nous dit, de son lointain Canada, que ça ne eut pas être si pire que ça. Mais OUI, OUI c’est si pire, et même pire encore!!! Imaginez-vous tout nu planté dans un banc de neige sur le sommet du Mont-Royal. Bon, on laisse la chance à monsieur le directeur de réparer son théâtre, on verra ce soir.

Le soir de la générale, on a eu droit au premier petit froid de la tournée, et là je ne parle pas de la température du théâtre. Tout d’abord, nos répétitions générales sont surtout prétextes à faire une mise en place précise, mais on lâche notre fou, ça fait tomber la pression et ça soude le groupe. Habituellement personne n’assiste à la répétition. Ce soir, il y avait environ une dizaine de personnes dans la salle. Surprise! On n’en fait pas trop de cas, on agit comme à notre habitude, concentrés mais un peu cabotins. Après la répétition, quand Daniel nous donne ses commentaires, on sent comme un malaise. Daniel est un peu sec, Georges nous sert un de ses grands discours enflammés, et tout le monde semble être sur les dents. Est-ce que j’en ai raté une moi là? On était en représentation ce soir et je ne le savais pas?

L’affaire c’est que des fois il y a des gens impoooooortant qui viennent nous voir et qu’il faut être vraiiiiiiiiiiment bons. C’est presque insultant, comme si on n’était pas bons la majorité du temps! Dieu sait qu’on donne toujours notre maximum, monsieur! Alors c’était ça, le grand vent glacial qui flottait dans les yeux de tout le monde. Le big boss a mis de la pression sur ses subalternes, qui nous l‘on transmis. On ne comprenait rien de ce qui se passait.

Soit dit en passant, la pression est une chose avec laquelle il faut composer. Il fat la transformer en énergie positive et ne pas se laisser influencer par ça. Les gens du théâtre sont super accueillants avec nous, il y avait un buffet et des soirées après chaque spectacle et le directeur était super content de nous avoir. Comme quoi, ça n’a pas servi à grand chose de paniquer, puisque nous avons donné de super bons spectacles, malgré la salle minuscule et la température frôlant celle de l’ère glaciaire.

Mais bon, je me console en me disant que ma jolie chambre remplie de moisissures m’attend.

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