vendredi 2 janvier 2009

Chronique historique #5 - Anvers (Antwerpen)

D'un petit village, Anvers est devenue la plus grande ville dans les dix-sept Provinces lors de la guerre de Quatre-Vingts Ans.

À l'époque de la guerre de Quatre-vingts Ans la ville avait une population de 150 000 habitants et était donc une des plus grande villes d'Europe.[1]

Toute l’histoire d’Anvers a été déterminée par sa situation le long de l’Escaut. Sa véritable création ne remonte qu’aux alentours de l’an 900, lorsque les villageois s’établirent sur l’Aanwerp, terrain surélevé qui donna son nom à Anvers. En 970, Anvers devient poste frontière de l’Empire germanique, on y construit des fortifications en bois, remplacées plus tard par un château fort en pierre (le Steen). L’extension de la ville se poursuit par le sud, saint Norbert fait construire au XIIe siècle l’abbaye Saint-Michel. Par la suite, les chanoines de la petite église se déplacent vers le nord et fondent une nouvelle paroisse, avec au centre l’église Notre-Dame, ancêtre de la cathédrale actuelle. Dans les années qui suivirent la ville continua à se développer en vagues concentriques créant une succession de remparts que l’on devine encore dans la topographie de la ville.

On considère que la première bourse des valeurs (au sens moderne) a été celle d’Anvers, fondée en 1531[2] ; la première bourse de commerce d'Europe y fut aussi fondée en 1460.

Au milieu du XVIe siècle, la région profita du rôle dominant de la ville, qui était alors la plus grande du monde et qui resta pendant longtemps un très grand centre culturel et artistique. Dans la deuxième partie du siècle Anvers fût le théâtre d’une lutte politico-religieuse entre le Nord protestant et la très catholique Espagne.

En 1585, la ville tombe aux mains de Philippe II et les Provinces-Unies ferment l’accès à l’Escaut, provoquant naturellement des conséquences catastrophiques sur l’économie de la ville. Fuie par les protestants qui constituaient une très large part de l’élite commerciale et intellectuelle, Anvers voit sa population se réduire de moitié en moins de 20 ans. [3]

Puis jusqu’à la moitié du XVIIe siècle, elle profite de la présence d’artistes tels que Rubens, Van Dyck, Jordaens et Teniers ou encore les familles de sculpteurs Quellin et Verbrugghen ainsi que plusieurs imprimeurs et les célèbres facteurs de clavecins anversois.

Anvers est occupée une première fois par les armées de la Révolution le 30 septembre 1792[4]. L’Escaut est rouvert (1795) et l’ébauche d’un port moderne voit le jour, toutefois l’embargo anglais ainsi que les guerres napoléoniennes empêchent toute évolution et la ville subit de nombreux pillages et destructions.

Après la défaite de Napoléon à Waterloo (1815) a lieu une brève réunification avec les Pays-Bas septentrionaux et une période de développement, qui s’achèvera avec la Révolution belge (1830) et une nouvelle fermeture de l’Escaut. Il faudra attendre 1863 pour que la navigation soit définitivement libre.

La croissance d’Anvers a repris à partir du XIXe siècle. Son port est aujourd’hui le deuxième port d'Europe après Rotterdam. La réputation des diamantaires anversois a également contribué au développement de la ville.

Puis, si vous êtes curieux de connaître les différences entre les Flandres et la Wallonie:

La nouveauté en 1830 n'était pas tellement la naissance d'une communauté politique, mais plutôt la conception d'un État unitaire: les principautés qui pendant des siècles avaient eu leurs propres gouvernement, langue et lois, furent gouvernés alors par un seul Parlement et un seul gouvernement, avec une seule langue officielle (le français) et les mêmes lois.

Un siècle et demi plus tard, la vie politique commune des Flamands et des Wallons s'est révélée extrêmement difficile, sinon impossible. À partir de 1970, le monde politique a investi beaucoup de temps et d'énergie dans une réforme profonde des structures de l'État. Par le biais de trois révisions de la Constitution (1970, 1980 et 1988), la Belgique, État unitaire, est devenue un État fédéral, dans lequel deux grandes communautés (la flamande et la française) et trois régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles) acquièrent une large autonomie, avec des compérences, des institutions politiques et des moyens financiers propres et dont on espère qu'il formera un nouveau modèle de coexistence pacifique.

Bien que les deux principales communautés qui composent la Belgique aient vécu pendant des siècles à l'intérieur d'un même État, elles sont restées distinctes. La frontière linguistique qui traverse le territoire actuel de la Belgique prit forme au Ve siècle et s'est maintenue depuis.

Du point de vue culturel, aucun lien de dépendance mutuelle ne s'est jamais créé, pas plus qu'une fusion entre les deux principales communautés nationales. Il n'est pas possible de parler d'une culture belge, mais de trois sphères culturelles différentes : une culture flamande, avec une riche tradition qui remonte au Moyen-Âge ; une culture wallonne, qui se limite principalement à une littérature dialectale ; une culture franco-belge qui est nourrie et favorisée par des Wallons , des Bruxellois francophones et par des Flamands francisés.


Voici quelques adresses intéressantes;
http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Belgique
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/01/CARROZZO/10920

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire