On reprend le train pour Paris. On arrive en Gare du Nord qui n’est pas tout à fait au nord. On aurait bien pu arriver à la Gare de l ‘Est qui n’est pas à l’est ou à la Gare de Lyon qui n’est pas du tout à Lyon. Bref, allez comprendre quelque chose à tout ça. On part tôt. On arrive en gare avant midi et on part à la recherche de la station de taxi. On la trouve enfin, on a pas beaucoup dormi, hier soir c’était la dernière. Pouet pouet on a la face dans le cul.
La station de taxi est là, devant nous, telle une salvatrice. On ne rêve que d’un lit confortable pour y poser nos mollets endoloris. Mais... (mon Dieu, une aventure n’attend pas l’autre, roulements de tambour, mes amis) aucun taxi à l’horizon! Zéro, niet. Nous sommes un peu démunis, abasourdi. Il y a pas un bouton "simple" quelque part? Pis vla ti pas que Alexandre part d’un bord pour aller à la chasse au taxi sauvage en pleine rue, mais Mike part aussi de son bord pour en rapatrier quelques uns. Les paris sont ouverts, qui ramènera un taxi le premier, la recrue ou le vétéran?
Tiens tiens... le lion et le lionceau reviennent en même temps avec des taxis pour tous. On monte vite vite, on s’entasse, on est contents comme des enfants. Notez bien qu’il est 10h00 du matin. Fait de la plus haute importance.
Je suis dans le même taxi que Manu et Katia. Celle-ci montre le plan et l’adresse qu’on a dans notre cahier de tournée au chauffeur du taxi. On ne s’en rend pas tout de suite compte, mais le chauffeur prend son temps. Ça me traverse l’esprit qu’il pourrait le faire exprès, mais je me trouve un peu trop suspicieuse et rien pour l’instant ne justifie vraiment mes soupçons. Et j'ai l'esprit un peu embrouillé, de sorte que je vois les choses autour comme à travers un gros bol de jello.
Notre hôtel est situé à Vanves (banlieue de Paris) juste à côté d’un autre arrondissement nommé Malakoff. La rue que nous cherchons s’appelle Édouard-Quinet. Avec toutes ces infos, vous êtes maintenant équipés pour suivre la série de malentendus qui suivra.
Sachez d’abord qu’il existe une rue Édouard-Quinet dans un autre quartier de Paris, soit le quartier Montparnasse. Devinez la suite? Eeeeeeh oui. Notre chauffeur nous y emmène. Nous arrivons sur un grand boulevard, Manu trippe parce qu’il y a un gigantesque marché aux puces dans le terre-plein du boulevard. Il y a des jeunes partout. C’est un quartier trippant, a du tout celui qu’on nous avait décris. Et avec raison, on n’EST PAS dans le bon quartier. On cherche le no 35. Premier signe que nous sommes perdues, les numéros de la rue s’arrêtent à 33. On commence à se questionner. On revoit le cahier de tourne. Notre chauffeur est stationné tout croche en plein milieu de la rue. Alors évidemment, on se fait klaxonner. Tiens, une goutte de sueur sur mon front.
Le chauffeur allume à ce moment là, du moins le croyait-on. On n’est pas dans le bon quartier! La rue que nous cherchons se trouve à Vanves et nous sommes à Montparnasse!
AAAAAAAHHH! Soulagement, embrayage, on est reparties.
Pis on tourne, pis on retourne. On arrive à Malakoff, contrée voisine de Vanves. Selon le plan que je tiens dans mes mains, on est juste à côté. Le pire, c’est que le monsieur qui a pris son permis de conduire dans une boite de cracker-jack ne suis pas les indications de son GPS! Il tient un dialogue insensé avec son fameux GPS parce que celui-ci ne fait pas son travail, paraitrait-il. Je commence à sentir la « steam » monter, là là... Manu tente de convaincre le chauffeur qu’on n’est pas sur le bon chemin, Katia essaie de le persuader de réinitialiser son GPS et d’y inscrire à nouveau l’adresse de l’hôtel. Il ne veut pas, prétendant que son GPS ne marche pas bien. CALTOR DE CALTOR!!! Je pompe dans mon coin. On ne réalise pas que ça fait déjà un petit bout qu’on est dans l’auto. Il me semble apercevoir des noms de rue que j’ai vues sur mon plan. Je dis au chauffeur de tourner ici, NON PAS LÀ! ICI! Bazouelle, on l’a raté! Katia se fait de plus en plus calme. J’admire ça. Elle ordonne calmement au chauffeur de se ranger sur le bord de la route. Il réécris enfin l’adresse de l’hôtel dans son #@!!!**&? de GPS à la con. On continue de tournailler dans la banlieue, trois faces d’enterrement et un chauffeur qui se perd en explications. Il passe son temps à ne pas regarder la route et préfère tenter de justifier pourquoi il s’est perdu. On rit quand même un peu parce que Katia réussi lui faire admettre qu’on est perdus. HA!!!
Tout d’un coup, vision de rêve, on aperçoit Luche sur le coin d’une rue! OUI!!! Il est soulagé de nous voir, le Luche. Il fait signe à la gang, un peu plus loin, que nous arrivons. Quatre gars s’étaient postés aux quatre coins de rues de l’hôtel au cas où on passerait sans les voir. Ils se précipitent tous vers nous. Le chauffeur stationne son taxi vraiment n’importe comment, il est dépassé par la vision du groupe qui court vers nous. Il a la chienne et tant pis pour lui! Alexandre frappe dans le pare-brise pour qu’il arrête son auto. Je sors, je garroche mes affaires sur le trottoir. Je cris! Un gros mélange de stress relâché, de rire et de soulagement. Simin accroche ma valise et la monte au troisième étage d’une traite. Enrica nous serre dans ses bras. Tout le monde est soulagé. Ça fait 2 HEURES qu’on est dans ce putain de taxi!!! 2 heures! Tous les autres étaient sur place en moins de 15 minutes! Sans blague, Georges était sur le point d’appeler dans les postes de police et les hôpitaux. Ben on y est. Enfin. On en vis-tu des affaires...
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