Après l’aventure rocambolesque du taxi, tout le monde est un peu énervé. Nos chambres ne sont pas prêtes, de toute façon. On décide donc que le meilleur moyen de se calmer, c’est de se remplir la bédaine. On déniche un petit resto dans ce coin perdu qui ne ressemble pas tellement à l’image romantique qu’on se fait de Paris. Au lieu de danser sur les ponts en amoureux au son de l’accordéon, on se les gèle plutôt à l’ombre d’un viaduc au son des voitures sur l’autoroute. On en a vu des pires, non? On s’installe dans un petit boui-boui en face d’un marché qu’on se promet de visiter après. Il y a là Katia, Enrica, Simin, Daniel, Aude (qu'on surnomme affectueusement Rolande à cause de son nom de famille; Rioland), Émilie, Ève et moi. 1,2,3, on se détend!!! La bouffe est bonne, réconfortante (croque-monsieur), on se raconte encore et encore ce qui s’est passé dans le taxi. Tout le monde se raconte. On s’est inquiété, on s’est enflammé. C’est beau. Il y a quelque chose d’extrêmement touchant dans tout ça. De voir tous ces gens que j’aime s’être inquiété pour nous... La tension est palpable et nous, les héroïnes du jour, on se fait rassurantes. C’est enivrant. C’est inexplicable comme sensation. Et portant on n’a pas risqué la mort. On n’était pas en danger. Non. C’est là qu’on se rend compte qu’on est choyé par ce qu’on vit. Et que finalement, on n’a rien vécu.
Je suis en colocation avec Katia. J’avais hâte de la retrouver, celle-là. Nos longues conversations sur tout, sur sa vie, sur la mienne, sur nos expériences me manquaient. On fait un saut au marché, on ramasse de l’humus, un pain maison, quelques légumes et hop! Retour à la chambre. On est un vieux couple, ma foi! On se fait une petite soirée dans la chambre pendant que le reste de la gang est partie au centre. Moi, j’ai eu bien assez d’émotions pour la journée.
Le lendemain, on est en congé. Enrica et moi on se propose de faire un saut aux galeries Lafayette pour faire un brin de shopping de Noël. Avant, Daniel nous entraine dans un magasin de thé qui s’appelle la maison Mariages et frères. MMMMMMMM! L’amateure de thés en moi salive de convoitise! Les gens qui y travaillent sont en smoking, du genre assez impressionnant, mais pas du tout pincé. Il y a des casiers remplis de thés du plancher au plafond. J’ai la tête qui tourne. J’ai l’impression d’être une alcoolique finie dans une SAQ! Les autres doivent presque me tirer dehors de force. Je prends 2 variétés de thé, un thé vert aromatisé à la vanille sencha, et un thé vert à la fleur bleue. Et puis tiens; un gâteau gingembre thé vert. Ce qui contient du thé ne peut qu’être bon pour la santé!
Voici un petit article wikipédia très intéressant sur cette grande maison de thé que je ne connaissais pas :
Mariage Frères, la plus ancienne maison de thé de France, est la première marque mondiale de luxe dans le monde du thé.
Créée à Paris il y a plus de 150 ans, sa griffe est aujourd’hui présente dans plus de 60 pays, chez plus de 1 000 revendeurs sélectionnés à New York, Los Angeles, Saint-Pétersbourg ou Sydney, Singapour, Shanghai, mais aussi dans les grands palaces, tels le Ritz à Paris, le Claridge’s de Londres, le Mamounia de Marrakech, et désormais au légendaire Oriental Hotel de Bangkok - ou encore sur les menus de la 1re classe de la Japan Airlines. Ah oui, à Montréal on n'en trouve que chez Holt Renfrew... snob non?
Mariage Frères possède quatre maisons de thé à Paris et quatre au Japon : à Tokyo (Ginza et Shinjuku), Kyoto et Kobe. Réputés au Japon comme la haute couture du thé - précieux, inventifs, exclusifs -, ses produits y sont depuis plusieurs années considérés comme le must en matière de goût et de présentation. Ses établissements sont fréquentés par la jet set la plus internationale – Madonna et Claudia Schiffer, Andy McDowell, Kylie Minogue, Gwyneth Paltrow, Elton John, Hugh Grant, Olivier Martinez, Francis Ford Coppola, Colin Firth, Peter Gabriel, John Galliano ou les célèbres actrices françaises Isabelle Adjani, Arielle Dombasle et Sophie Marceau ou encore Zinedine Zidane.
La carte des thés de Mariage Frères est la plus vaste de la planète : elle regroupe 540 références de 34 pays producteurs et toutes les familles de thés (thé blanc, thé jaune, thé vert, thé bleu, thé noir, thé mûr, thé compressé, thé façonné, thé rouge, thé parfumé).
Composé comme les plus grandes caves de vins, elle comporte les crus les plus exceptionnels, des productions uniques et raffinées, que les amateurs choisissent pour les moments les plus rares. Mariage Frères est aussi un expert reconnu dans la composition des « blends ». Ses mélanges, exécutés comme dans la tradition des parfums savants et secrets, sont l’empreinte de son savoir-faire depuis de nombreuses générations.
La maison Mariage Frères ne se consacrait initialement qu'au négoce du thé, avant son rachat à la fin des années 1970. La compagnie lance alors une politique de diversification de ses activités qui débouche sur l'ouverture d'une première Maison de thé pour le grand public près du Centre Georges Pompidou, transférée dans les bureaux historiques du 30 rue du Bourg Tibourg, dans le quartier du Marais.
Vers 1660, la Compagnie des Indes et Louis XIV désignent Nicolas Mariage, voyageur et grand connaisseur de la Perse et des Indes Orientales pour la ratification d'un traité de commerce avec le Shah de Perse. À la même époque, son frère, Pierre Mariage, est envoyé particulier à Madagascar pour cette compagnie. Un de leurs descendants, Jean-François Mariage, dirige un siècle plus tard un négoce de thé, d'épices et autres denrées coloniales à Lille. Ses trois fils, Aimé, Charles, Auguste et Louis sont associés vers 1820 à l'affaire familiale.
Aimé et Auguste créent en 1845 "Auguste Mariage et Compagnie", rue du Bourg-Tibourg à Paris. En 1854, les fils d'Aimé, Henri et Édouard, recentrent l'activité sur le thé, devenant le premier importateur français de thé. Leur renommée grandit au cours des années, Mariage Frères devenant le plus important fournisseur en thé des salons, hôtels et épiceries de la haute société parisienne du Second Empire.
La compagnie entretient alors des liens étroits avec les comptoirs les plus reculés de Ceylan, Formose ou de Chine, ce qui lui garantit l'unicité et l'excellence de ses produits, sélectionnés dès la récolte par les nombreux voyageurs de commerce employés par la compagnie. Les thés sont acheminés par un clipper rapide, l'Alexandra Néel.
En 1983, la petite fille d'Henri Mariage, Marthe, prit sous ses ailes deux jeunes passionnés. Kitti Cha Sangmanee et Richard Bueno vont peu à peu découvrir tous les secrets du thé et ouvriront la maison au commerce de détail. La première des boutiques Mariage Frères destinée au grand public est ainsi ouverte dans l'entrepôt du 3 bis rue du Cloître Saint-Merry, à Paris. Elle sera, par la suite, transférée dans les bureaux historiques de la compagnie, au 30 rue du Bourg Tibourg.
Un nombre important de références de thés, de produits dérivés (biscuits, pâtisseries, chocolats, accessoires), de services (salon de thé, gastronomie créative) assure le succès, qui conduit à l'ouverture de trois nouvelles boutiques à Paris : Rive Gauche en 1990, située au 13, rue des grands Augustins, Faubourg Saint-Honoré en 1997 et, fin 2008, au 17, place de la Madeleine. Un magasin spécialisé dans les thés français est ouvert en 1999, rue du Bourg Tibourg, en face de la maison mère, complété par des comptoirs commerciaux dans les grands magasins (au Lafayette Maison, au Printemps, au Bon Marché et à la Samaritaine, notamment). Le succès auprès de la clientèle asiatique débouche sur l'ouverture de quinze maisons de thé au Japon, dont deux à Tokyo, puis Kobé, Kyoto et Yokohama.
Les comptoirs partagent un même décor d'inspiration coloniale, avec notamment l'usage de boiseries aux tons chauds et de balances à plateau pour peser le thé vendu en vrac. La thématique coloniale se retrouve dans les costumes en lin beige du personnel au comptoir et en coton blanc des serveurs au restaurant. Seules les références varient avec les magasins : certains thés ne sont commercialisés que dans les établissements parisiens, notamment les thés millésimés, certains Darjeeling, ou de très rares jardins de Chine ou du Népal.
Voilà pour la section "Je me cultive avec Beaudry"
Après notre visite dans la maison de thé, le groupe se sépare. Je pars avec Enrica et Émilie vers les galeries Lafayette. En y entrant on est étourdies par le luxe, les marques, les gros noms, le nombre de personnes qui courent en tous sens. Bon... On décide de se séparer et de partir à la conquête des galeries chacune de notre côté. On se donne rendez-vous une heure plus tard. Je traverse un hall bondé. Je passe dans des couloirs bondés. Les gens se lancent de tous les côtés. C’est une orgie de gros sous et de fourrures et des bébés habillés en Gucci!!!! AHHHHHH!!!!! Je monte cinq étages pour retrouver la section des jouets, question d’avoir la paix. C’EST PIRE BÂTARD!!! Qu’est-ce qui est pire qu’un riche? Un enfant de riche!!! Parce que c’est né avec la conviction profonde que tout leur est dû. Que c’est normal d’avoir les lettres D&G gravées sur son biberon pis une couche en vison. Ça chigne, ça geint, ça chie des petits cacas en or... STOOOOPPP!!! Je prends mes jambes à mon cou et je redescends les cinq étages pour aboutir dans la rue. Avec tout ça, il ne s’est passé que... 15 minutes. Il me reste 45 minutes à attendre les filles.
Pis là. Au moment où je m’y attendais le moins, il me prend un mal du pays. Intense. Ayoye, ça frappe! J'ai un vertige. Il y a trop de monde, trop de rues, trop de tout! Le calme de mon nid me manque. Mes neveux et mes frères me manquent. Mes parents aussi. J’ai même une petite pensée pour ma plante grimpante. Faut que je trouve un téléphone. Pour tout vous dire il était temps. Pas pour moi, mais pour mes parents, qui on tendance à s’inquiéter pour leur grande fille qui est fichtrement négligente. Je n’appelle pas souvent, je ne donne pas souvent de mes nouvelles, je suis une méchante fille! Je compose le numéro de la scierie de mes parents, avec la peur incontrôlable qu’ils aient tous pris la poudre d’escampette depuis tout ce temps. Tout d’un coup qu’ils ont tout vendu et déménagé aux îles caïmans sans moi? Ma tête de pinponnette s’envole, encore une fois. Mon frère répond. Ça fait du bien d’entendre sa voix!!! Je leur parle à tous, ma mère, mon père, un de mes frères. Chaque fois ça me fait tout drôle. J’ai l’impression qu’ils sont dans la pièce d’à côté. Ils bossent fort, ceux-là. Le temps sont durs dans le monde de l’industrie forestière. Ils vont bien, les petits sont en forme, on se voit bientôt, bizoux!!!
Après ça, il est temps de rejoindre les filles, que je retrouve devant la porte où on s’est laissées. Elles sont là depuis... 30 minutes! Même haut-le-coeur que moi devant les prix faramineux! Piteuses, on s’en va à l’hôtel avec nos manteaux sans marques et nos sacs à main en faux cuir...
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