vendredi 2 janvier 2009

Anvers (Antwerpen) Belgique

26 novembre 2008

La Belgique.

Ici, on est du côté noir de la force. On se trouve en Flandres.

La Belgique est divisé en deux; les Flandres et la Wallonie. Je ne comprends rien à ce qu’ils disent, je suis même surprise qu’ils comprennent si peu le français, et on est très suspects parce que nous parlons français entre nous. Comme si les gens avaient peur que nous soyons Wallon... Parce qu’entre les deux, c’est la guerre. Ça me fait penser à la situation entre le Canada anglais et le Québec. Les riches et le « petit peuple ».

Voyons donc, madame, on n’est pas « Wallons », on est « COLONS »!

Je ne me ferme pas à ce peuple, tout de même... Je trouve juste dommage que mes premières impressions soient les suivantes; ils sont chauvins, ils sont bourgeois et ils veulent nous engraisser avec leurs gaufres et leurs maudites bonnes frites et leur bière pour être les seuls minces de la place. Ne généralisons pas.

À mon arrivée, je n’ai qu’une envie; puisque nous sommes dans un Ramada, on peut s’attendre à quelques petits luxes, je vérifie sur la carte de services de l’hôtel... OUI! Il y a un spa! Je saute dans mon maillot et mes gougounes, et je me garroche dans le hall d’entrée dans cet accoutrement pour m’enquérir de l’étage dudit spa.

Bonbonbon, tututut ;

« Miss, there’s no spa in here, only a sauna »

« Oh... and what about the gym that you’re supposed to have? »

« Mmmmmh. You got to go at the first floor, there’s a room with 2 fitness machines. »
AAAAAAAAAAAAAAAhhhhhhh amère déception pour l’accro-sportive en moi.

Bon, je monte me rhabiller. Je décide de descendre noyer ma déception au bar et c’est là que j’ai l’agréable surprise de retrouver toute la gang. Partie de poker en cour, c’est du sérieux. Alexis, un autre, le chum d’Enrica, s’est joint à la tournée depuis Budapest. C’est chouette de le voir parmi nous!

On passe une belle soirée. Ils me racontent leur épopée en Hongrie. Le serveur se prends d’affection pour nous malgré son air pincé. BON! Sous cette couche de fard, il y a un être humain qui ne cherche qu’à lâcher son fou! Tant mieux, ça me rend les Flamands un peu plus sympathiques.

Le théâtre est juste en face de l’hôtel. Avant chaque spectacle, ici, on est invités à manger au resto du théâtre. Après les spectacles, il y a même un bar qui reste ouvert pour nous dans le théâtre. C’est vraiment un gros théâtre contenant plusieurs salles, et toutes ces salles sont annexées à un conservatoire de musique, de théâtre et de danse. On n’est pas dans la ville, mai plutôt en périférie. Par contre, le centre-ville et le centre touristique se trouvent à environ 30 minutes à pieds.

On dirait qu’ici ça me tentait moins de faire du tourisme. Il fait gris (encore) et c’est mignon comme tout mais j’ai envie, après mon escapade italienne, de rester au lit toute la journée et de ne sortir que pour aller boire des espressos bien tassés. Je me pousse quand même dehors à grands coups de pieds « là-où-ça-ne-fait-plus-mal-parce-que-rendu-insensible-dû-à-des-chorégraphies-Dave-St-Pierresques ». Et si je ne revenais plus jamais ici?
Je sors donc sous la pluie avec le parapluie de ma grand-maman que je traine partout comme un onzième doigt ces temps-ci.

Mmmmm cute. Une architecture qui me fait penser à la Suisse. Sans vouloir faire de « name dropping ». On dirait une enfilade de maisons de pain d’épices. Tant pis, je croque dedans pour voir... Tab...! Mon « lunatisme » va me couter cher en dentiste!

Le lendemain, jour de la répétition générale, Manu me propose de faire la tournée de certaines friperies qu’elle a vues aux abords du centre-ville. BON! Là tu parles. Pato décide de nous accompagner. Yiiiish, des gars et des filles qi magasinent ensemble? Pas sûre... On part dans les petites rues explorer le milieu « underground » de la ville. Des petites galeries d’art, des boutiques d’artisans, des friperies, un Alexis... Un Alexis? Il faut bien être à l’autre bout du monde pour croiser un « Quèb » dans une ville inconnue! On l’intègre à notre mini-groupe et on repart à la conquête de l’univers seconde-main d’Anvers.
Première boutique où j’entre, je ne trouve rien, et Manu n’ose pas entrer car la veille elle y a acheté pleins de trucs mais le caissier a oublié de lui en charger la moitié. Bon, on s’en va d’ici... il n’y avait pas un H&M dans le coin? Ça m’arrive de temps à autre, une petite compulsion mercantile... Heureusement pour mon compte de banque, ça me passe toujours très rapidement. Manu se risque dans la boutique et prend soin de bien regarder le sol pour ne pas être repérée... On est prêtes à sortir de là, ne reste qu’à rapatrier les gars. Où sont-ils d’ailleurs, ces deux-là?

Bon, bon... Péterick est où son instinct le mène. C’est à dire au comptoir en train de cruiser la caissière à grands gestes parce que la pauvre ne comprend rien de ce qu’il dit. Le charme opère tout de même, elle minaude, la jolie fille. Comment fait-il??? Je dois absolument prendre des cours avec lui! Alexis lui demande des infos touristiques et la réponse a l’air complexe. Tant pis, on décide de disparaître et de poursuivre notre expédition dans les friperies. AAAAAHHHH les gars et le magasinage...

On rentre tôt, ce soir c’est notre espacement et notre répétition générale.

Le lendemain même visite éclair au centre-ville. Bof... Juste pour pas culpabiliser de n’avoir rien vu de la ville. Tiens, je me mets à regarder les gens. Les expressions des gens. Un couple regarde très haut le sommet d’un clocher en riant. Deux hommes parlent très fort sur la place, l’air consterné. Comme je ne comprends pas ce qu’ils disent, j’imagine les situations. Cette fille-là va rejoindre son amoureux, elle a l’air timide, elle regarde la lentille de mon appareil photo en rougissant. Celui-là se dépêche de rentrer au boulot après avoir quitter sa fiancé. Il n’a pas osé lui demander sa main, comme il se l’était promis. Ce vieil homme a l’air désemparé. Il a perdu son emploi et se trouve trop vieux pour tout recommencer. Ces deux femmes critiquent vertement la jeune fille à la jupe trop courte qui vient de passer devant elles.

Ouh là! Déjà l’heure de rentrer! Ce soir c’est la première et la salle est déjà complète pour ce soir et demain!

Je prends le tram. Juste avant d’entrer dans la station, je croise, dans la foule, un gros gorille faisant de la promotion pour whatever-boutique... Vision absurde. Les gens autour ne semblent pas s’en faire outre mesure. Il semble tout à fait normal de voir à Anvers des gorilles en pleine foule! Je tente de l’attirer avec des cacahuètes, dans l’espoir de l’intégrer au spectacle, mais bon, il ne veut rien savoir. Tant pis, on se contentera de nos poilus maison.

Je me précipite au théâtre au plus vite. J’aime ça prendre mon temps avant les spectacles.
Il faut dire que j’ai mon rituel. Je cours une demi-heure question de bien me réveiller, ensuite Manu nous donne une classe de yoga d’une heure. Puis, on a les notes du spectacle précédent par Daniel, notre répétiteur. Après ça il nous donne une classe d’une demi-heure, on fait des exercices d’assouplissement, de tonus, de ballet. Puis on fait des diagonales, c’est à dire qu’on fait des exercices comme des grands jetés, des « baril-turns », des pointes, etc. C’est extraordinaire l’esprit qui se dégage de tout ça parce que chacun essaie de se dépasser mais tout le monde sait bien que nous ne sommes pas tous danseurs...
Ensuite vient le moment de faire mes « pre-set », alors tout dépend si on présente La Pornographie des âmes ou Un Peu de tendresse bordel de merde, les « pre-set » varient. Je place toutes mes choses, et je me rends ensuite à la loge pour faire un brin de maquillage et mettre mon costume. Je fais habituellement un peu de jasette à ma chum Enrica à ce moment-là, question de se détendre avant le spectacle. Parce que grâce à Georges, l’agent, on sait toujours quel personnage important se trouve dans la salle. Ce qui n’est pas nécessairement une bonne chose puisque ça m’énerve un peu. Et là, Alexandre se met à passer à toutes les 10 minutes pour nous dire combien de temps il reste avant « l ‘anus » de groupe, notre rituel de gang.
Parlant d’anus, voici le concept; on se met en rond avec un pied à l’intérieur. Tous les pieds doivent être collés, aucune gerçure n’est tolérée. Puis on fait des « crottes »... Ça l’air cave de même, mais c’est rassembleur, le caca, je vous le garanti!

Voici les crottes qu’on a inventées jusqu’à maintenant;
La crotte mexicaine (en l’honneur de Aladino, un danseur mexicain qui a dansé avec nous quelques fois)
La petite vite (pour Dave), toujours par trois
Le gros billot qui curve
La québécoise (sur l’air de l’Arbre est dans ses feuilles)
La crotte tendre
La crotte qui rentre et qi nous fait dégueuler
La crotte fantôme (tsé, celle qu’on sent pas passer?)
La crotte pop-corn
La crotte neutron
La crotte schtourm (genre, celle lendemain de brosse)
La crotte Dairy Queen
J’en oublie probablement, mais l’essentiel est là.

Quand on est passé à travers nos « crottes », on détruit « l’anus ancestrale » et on se souhaite merde. On a même des petits rituels pour ces fameux « merdes » mais je les garde pour moi. Ce sont mes petits bonbons d’avant-show. Puis on se met en place et on devient fébriles. Il y en a qui continuent de s’étirer pendant l’entrée du public, ou qui finissent leur pre-sets. Moi, je fais habituellement de niaiseries. Soit je joue à « roche-papier-ciseaux » avec Enrica, ou je chante. Ou je fais des faces è Éric, qui me le rend bien. La seule chose que je trouve énervante dans ce rituel, c’est qu’on est en terrain découvert, on voit le public entrer. Pas évident de savoir qui et dans la salle. J’aime mieux jouer devant 500 inconnus que devant une seule personne que je connais parce que j’accorde beaucoup d’importance à l’opinion de mes proches.

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