jeudi 8 janvier 2009

Lyon

2 décembre 2008

Ma première journée à Lyon, la gourmande en moi ne rêvait que d’une chose; trouver une boulangerie! Je ne sais pas pourquoi, on m’a déjà dit que c’était peut-être la farine qui était en cause, mais le pain et les croissants ici goûtent le paradis! Sans blague, une baguette de pain achetée au dépanneur goûte cent fois meilleur ici que dans la meilleure des boulangeries à Montréal. Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas en train de comparer... en OUI, JE COMPARE!!!

Bon sang que c’est bon! En sortant de la petite boulangerie du coin, je croise 4 beaux mecs... qui m’invitent à faire un petit tour au centre-ville! Non mais, matin de rêve!

D’accord, d’accord... les 4 gars, je les connais, ce sont Pato, Renaud, Alexis et Simin. Que pensiez-vous? Bande d’esprits tordus! Je ne parle pas aux inconnus, moi!

Nous partons donc à la conquête du centre-ville de Lyon. Encore une fois, petit marché de Noël, avec vin chaud, mmmmmmm! Manu sera contente, elle boit son petit vin chaud tous les matins. Il y a une grande roue sur la place publique, et on aperçoit la Basilique Notre-Dame de Fourvières juchée sur la colline. C’est magnifique!

Bon, les gars, qui semblent toujours en pleine période croissance, ont tôt fait de dévorer tous les croissant que je m’étais procuré... Ils mangent tout le temps! C’est fou!

Ils n’ont pas tôt fait de passer à travers mon sac de bouffe, qu’il se demandent déjà où trouver un bon resto pour se ravitailler. On part donc dans les petites rue envahies par les étudiants à cette heure. Il est presque 2 heures. Il faut savoir qu’ici, les restos ouvrent sur l’heure du midi et le soir. La majorité ferme entre les deux. On entre donc dans la première gargotte qui nous semble bien, et la propriétaire des lieux nous décrit ce qui lui reste au menu. Un peu de viande, un peu de salade, de quoi concocter un bon petit repas pour les 4 ogres qui m’accompagnent. Mais moi qui ne mange pas tellement de viande...? La dame me répond gentiment qu’il reste bien quelques crevettes, et elle part explorer ses cuisines. Elle revient un peu plus tard avec des assiettes bien garnies, et place devant moi un plat... des monstres! Les crevettes sont immenses et elles ont toutes leurs petits yeux noirs fixés sur moi. Elles ont leurs pattes, leur carapace, leurs antennes, un tout inclus, quoi! Comprenez-moi bien, dans un autre contexte, j‘aurais trouvé ça fabuleux, mais là, c’est mon déjeuner... brrrrr.

Les gens de la compagnie commencent à peser à faire des emplettes de Noël. Moi, pour le peu de temps qu'on a, j'ai envie de me promener. Je ne me sens pas tellement encore dans l'esprit des fêtes, c'est peut-être l'absence de neige.

Avec ma coloc Manu, on s’est fait une gigantesque épicerie, bien trop grosse pour la capacité de notre frigo. On s’est fait une grosse soupe remplie de courges, de carottes, etc. Ma dose de légumes, enfin! Mais pas de place pour mettre le foutu chaudron nulle part dans le frigo! Il reste donc sur le poêle et je sens que je vais faire une overdose de soupe pour ne rien perdre!

Les gars nous ont raconté être allés dans une brasserie manger des trippes et des groins de porc... Appétissant! Ils ont dégusté des boyaux rempli de ___________________ (placer ici, les mots de votre choix; matière obscure, marde, déchets intestinaux...) et des tranches de groin (tsé, ce qui sert de nez au cochon) sautés à la poêle. J’ai plus faim soudainement... Tout ça évidemment avec une bonne grosse bière pour faire passer le tout!

Moi, j’ai été invité chez Enrica et Alexis (le copain de Enrica) pour manger des pâtes cuisinés par l’homme de la maison. Délicieux. Surtout que j‘étais un peu down ce soir là, ça arrive, mais il y a toujours une bonne amie sur qui je peux compter pour me remonter le moral; Enrica! Surtout le duo Enrica-Alexis, c’est la formule gagnante pour rire un bon coup! Un vrai duo de clown! Je suis repartie de là un peu pompette, mais toute regaillardie. Une chance, je n’avais qu’un étage à descendre...

Puisque dans chaque ville nous ne faisons que quelques spectacles (un ou deux), le fait d’être ici pour 5 jours nous permet de se poser un peu plus. Nous avons 4 spectacles d'Un peu de tendresse, bordel de merde à faire. C’est quand même beaucoup, parce que c’est un spectacle difficile physiquement. Le plus que nous avons fait était une série de 8 spectacles (avec une pause de 3 jours après une série de 4) à l'usine C l'an passé et ce n’est vraiment pas évident de conserver le même niveau d’énergie soir après soir. Et encore là, moi je ne fais pas toutes les chorégraphies. J’ai juste l’impression que cette tournée n’est qu’en enfilade de première et de dernière! On fait la première un soir... FRÉNÉSIE, NERVOSITÉ... puis oups, le lendemain, c’est déjà la dernière... RE-FRÉNÉSIE, RE-NERVOSITÉ. J’ai l’impression de passer mon temps à avoir envie de vomir parce que c’est toujours la première ou la dernière fois qu’on joue à tel endroit... C’est dur pour les nerfs! Mon cachet risque de passer en frais de thérapie en rentrant! Et je ne vous cacherai pas qu'à chaque fois il y a soit une réception de première ou une réception de dernière. Ouh là, matante a commence à être fatiguée!!! Avec les années d’expérience, on a appris à doser pis à aller se coucher un moment donné. On connait nos limites. (Pour la plupart d’entre nous :-))

Pendant la journée, on a réussi à horrifier un restaurateur dans le vieux-Lyon en voulant manger sa pizza sur la terrasse par 10 degrés. Il ne comprend pas le concept selon lequel pour nous, c’est presque la canicule! Il nous sert sa pizza avec des yeux qui nous disent; "Putain ils se foutent de ma gueule, ces quebs!" Non loin de là, un Africain, un Arabe et un Français construisent un échafaudage en rigolant et en se taquinant. C'est peut-être trop premier degré, mais j'ai trouvé ça beau de les entendre si ben s'entendre.

Au marché de Noël, on a rencontré 2 Québécois qui vendent des produits du terroir québécois. Sirop d’érable, beurre d’érable, casque de poil raton-laveurien, etc. C’est juste pas s’ils ne portent pas la ceinture fléchée. Toujours est-il que ces deux Quebs sont en voyage et ils travaillent par-ci par-là pour subvenir à leurs besoins. On les invite tout-de-go à notre spectacle, sans penser qu’ils prendront notre invitation pour du cash... Ben torieux, ils sont venus le lendemain. Je pense qu’ils ont été un peu ébranlés. Ils n’avaient jamais vu de danse contemporaine, et très peu de théâtre. On les a rassuré et assurément gagné en leur offrant de se bourrer la face dans le buffet après le spectacle. Au moins ils ont eu la curiosité et l’ouverture d’esprit de venir nous voir! Et ça fait vraiment du bien de voir d’autres Québécois durant notre périple. On se sent moins loin de la maison.

J’ai eu une autre belle visite aussi le jour de la dernière! Mon ancienne coloc, Anne, qui était venue au Québec l'a dernier dans le cadre d’un stage d’études, habite Annecye petite ville paradisiaque juchée dans les montagnes à 1h30 de Lyon. Elle est venue avec son père et la copine de ce dernier pour diner et ensuite voir le spectacle. Quel plaisir de la revoir cette Anne! Elle est tellement allumée, tellement curieuse et me fait découvrir plein d’artistes de la danse. On retourne donc à la Brasserie chez Georges et on se bourre la face dans l’omelette Norvégienne et les huîtres. OH LÀ!!! Si je ne veux pas avoir l’air d’une grosse patate sur la scène pour la dernière et rouler d’un bout à l’autre du spectacle, je suis mieux de me calmer, moi! Dans le spectacle, les personnages de « Blondes » incarnés par les gars vont dans la salle à un moment donné. On essaie toujours de se le dire quand on connait des gens dans la salle, comme ça on envoie les blondes le énerver un peu! Je ne sais pas s'ils en ont eu pour leur argent, mais je leur ai envoyé des blondes en feu! On prend un verre après le spectacle. C’est toujours un peu délicat quand je connais des gens dans la salle. Je sais que c’est un spectacle qui provoque, et j’ai toujours peur qu’ils n’aient pas aimé, parce qu’on a toutes sortes de réaction, ça joue dans les extrêmes habituellement. Ils semblent avoir apprécié, s’être amusé. Anne c’est la deuxième fois qu’elle voit le spectacle, et elle compte sûrement le revoir! Elle m’a dit qu’à chaque fois elle a l’impression de découvrir de nouveaux trucs, et ça la touche autant que la première fois. On se promet de se revoir bientôt, on a peut-être une tournée l’été prochain, alors on se donne rendez-vous à ce moment là!

Devinez quoi... Et oui, j’ai à nouveau perdu mon appareil photo! Et là je suis incapable de dire qui a pris les photo, c’est carrément psychédélique. Pendant que je discutait avec Alexandre un peu à l’écart de tout le monde, quelqu’un a pris des photos des gens qui dansaient durant la réception d‘avant-dernier show. (Oui, il y a aussi des réceptions de deuxième, et d’avant-dernier spectacle, il y en a aussi pour les post-premières et les pré-dernières) On m’a remis mon appareil le lendemain et franchement les gars, comme si je ne voyais pas assez de poitrines et de fesses durant le spectacle, vieillissez un peu, bâtard!

Je suis vraiment tête de linotte, parfois, ce soir-là, non seulement j'ai oublié mon appareil photo, mais aussi mon porte-feuille sur une table. Ce n'est rien, ça, 'ai déjà perdu mon passeport à l'aéroport Charles-de-Gaulle juste avant de rentre à la maison durant une autre tournée. Pato l'avait retrouvé au moment où j'allais péter une crise de nerfs magistrale.

La Cathédrale de Lyon est magnifique. C’est une version miniature (c’est relatif) de Notre-Dame-de-Paris. C’est aussi la ville de Guignol, la célèbre marionnette qui passe son temps à assommer monsieur l’agent de police. Bon, on repars déjà. En route pour Vanves, en banlieue de Paris!

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